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You had your best-laid plans and then COVID-19 came along and hammered the entire economy. But you’ve got this – if you have the right information. Join Rob Carrick and Roma Luciw on Stress Test, a podcast guiding you through one of the biggest challenges your finances will ever face.

ROB : Vous avez passé votre enfance et votre adolescence sous leur toit. Devriez-vous retourner vivre chez vos parents si cela est financièrement avantageux? C’est la grande question que nous nous posons aujourd’hui.

Bienvenue à Test de résistance, une série de baladodiffusions du Globe and Mail dans laquelle nous nous penchons sur la façon dont la pandémie a transformé les règles des finances personnelles pour les membres de la génération Z et pour les milléniaux. Je m’appelle Rob Carrick, je suis chroniqueur financier au Globe and Mail.

ROMA : Et je suis Roma Luciw, rédactrice en chef de la section des finances personnelles du Globe and Mail. Rob, c’est le dernier épisode de Test de résistance que nous enregistrons cet été. Et je me sens un peu nostalgique.

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ROB : Moi aussi. Vous savez, quand nous avons commencé, il y avait encore de la neige. Et aujourd’hui, c’est l'été et il fait vraiment très chaud. Il s’est passé tellement de choses. La pandémie est toujours là. Mais à Ottawa où j’habite, il y a des gens sur les terrasses et je vous avoue que j’ai bu une bière et mangé un hot dog sur une terrasse très agréable, près des chutes Rideau. Les choses s’améliorent.

ROMA : De notre côté, nous avons bu un peu de vin avec des amis vendredi soir sur leur terrasse, derrière leur maison, à distance mais ensemble, et je me suis sentie comme au bon vieux temps. Nous étions tous si heureux de passer en toute simplicité un peu de temps ensemble dehors, sans les enfants, pendant quelques minutes. Cela a été vraiment merveilleux.

Pour ce qui est de la baladodiffusion, cela a été pour moi une véritable aventure, car j'étais plutôt habituée à être responsable de l’affectation et du montage. Je n’ai pas l’habitude d'être au micro pour m’exprimer sur différents sujets. Je dois dire qu’au fil des enregistrements, je me suis sentie de plus en plus à l’aise. Cela m’a beaucoup plu.

ROB : Parler de tout cela dans une baladodiffusion, c’est un peu comme répéter de futures chroniques, et revenir sur les grands succès du passé. C’est comme si je réfléchissais tout haut à ce que j’ai appris et prenais intérieurement des notes sur les sujets que je veux approfondir dans les prochains mois.

ROMA : Nous savions donc que nous voulions que notre dernier épisode porte sur le retour chez les parents. Pourquoi en parlons-nous aujourd’hui?

ROB : Nous parlons du retour chez les parents parce que ce sujet est rattaché avec plusieurs des thèmes que nous avons abordés dans notre série de baladodiffusions, comme la précarité de l’emploi, les dettes d'études et le coût élevé du logement. Beaucoup de ces tendances empêchent les jeunes diplômés d’atteindre rapidement et facilement l’indépendance financière, et c’est pourquoi certains d’entre eux retournent chez leurs parents, afin de réduire leurs dépenses et de faire des économies pour pouvoir repartir plus tard.

ROMA : Une fois de plus, nous constatons que la pandémie accentue ou exacerbe certaines tendances déjà existantes. Il est donc logique de profiter de l’occasion pour examiner ce qui pourrait se passer dans les mois et les années à venir.

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ROB : Tout comme après la dernière récession, je crois que le ralentissement économique provoqué par la pandémie, aussi grave soit-il, va inciter beaucoup de gens à rentrer chez leurs parents. Et c’est une bonne chose. J’espère que nous pourrons faire ressortir de cet épisode qu’il s’agit là d’une façon intelligente de faire face à la situation.

ROMA : Exactement. Aujourd’hui, nous devons clamer haut et fort que ce n’est pas une décision honteuse. Nous y reviendrons.

ROB : Aujourd’hui, nous nous demandons si vous devriez ou non retourner chez vos parents pour économiser de l’argent. Je pense que c’est un le bon moment pour en parler.

ROMA : À chaque épisode de Test de résistance, nous parlons à de vraies personnes et à des experts pour voir de quelle façon les règles de base des finances personnelles ont été mises à rude épreuve par la COVID-19. Devriez-vous rentrer chez vos parents? Nous y venons tout de suite après.

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ROMA : Pour savoir comment les choses se passent lorsque la COVID-19 vous contraint à rentrer chez vos parents, nous vous emmenons à Brockville, en Ontario, à mi-chemin entre Toronto et Montréal.

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RILEY : Bonjour, je m’appelle Riley Morrison.

ROMA : Riley a 23 ans.

RILEY : Normalement, je vis à Toronto. Mais en ce moment, j’habite à Brockville. Je vivais à Toronto avec ma sœur. Je travaille dans l’industrie cinématographique et tout est fermé. Je ne peux pas travailler tant que la pandémie de COVID-19 n’est pas terminée. C’est pourquoi nous avons pensé qu’il serait préférable que Paige et moi revenions vivre avec nos parents, jusqu'à ce que la situation redevienne plus normale ou que les choses s’ouvrent un peu plus. Et nous avons décidé de rentrer.

ROMA : Nous avons parlé à Riley en avril, un mois à peine après le début de la pandémie. Il régnait à ce moment, au Canada, une très grande incertitude. Comment le quotidien se passait-il pour Riley et sa famille?

RILEY : Étonnamment bien. Je dois dire que je n’avais pas côtoyé mes parents plus de deux semaines d’affilée depuis l'âge de 17 ans.

ROMA : Riley avait alors quitté la maison pour entreprendre ses études. Par la suite, elle a entamé une belle carrière à Toronto.

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RILEY : Je suis assistante réalisatrice en cinéma et télévision. Je suis quatrième assistante réalisatrice, ce qui signifie que je suis l’une des premières personnes à arriver le matin. Je m’assure que les acteurs passent par la coiffure, le maquillage et le costume, et que nous soyons prêts à tourner au début de la journée. J’assure la coordination avec le service des costumes. Quand je décris mon travail à des gens qui ne connaissent pas vraiment mon secteur, ils disent qu’ils ont l’impression que je suis gardienne d’enfants. Et il y a un peu de ça.

ROMA : Le tournage de l'émission de télévision sur laquelle elle travaille a été interrompu, comme tout le reste. Au printemps, Riley est rentrée à Brockville. Et la vie s’est mise au ralenti. Au début, c'était bien de passer du temps en famille.

RILEY : Mon père a déclaré que le dimanche soir, c'était la soirée cinéma. Alors, le dimanche, on fait du maïs soufflé, on choisit un film et on s’installe tous ensemble pour le regarder.

ROMA : La famille de Riley a instauré des routines distrayantes pour la nouvelle vie commune, en temps de COVID-19, mais les débuts ont tout de même été assez stressants.

RILEY : Ma grand-mère s'était arrêtée au passage et était restée devant sa voiture. Nous nous tenions tous devant la porte. Lors de la discussion, elle m’a posé des questions, et comme j'étais vraiment stressée au début, je me suis littéralement effondrée devant la maison. Parce que j'étais stressée par mon loyer et parce que je risquais, en août, de perdre mon appartement.

ROMA : Riley paie encore son loyer à Toronto. C’est sa plus grosse dépense, pendant qu’elle vit chez ses parents, sans payer de loyer.

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RILEY : Alors ce soir-là, ma mère et moi avons passé mes finances en revue et nous avons parlé. Et maintenant, j’ai un petit plan. Donc, je vais bien.

ROMA : Avec tout le stress de la COVID-19, pouvoir rentrer chez ses parents a dû être un vrai soulagement.

RILEY : Sur le plan financier, c’est vraiment bien parce que ma seule dépense, en ce moment, c’est mon loyer à Toronto. Mais je suis inquiète au sujet de mon loyer, car je trouve, comme sans doute beaucoup de gens dans des villes comme Toronto, que se loger coûte vraiment cher.

ROMA : Parce que Riley et sa sœur paient encore leur loyer à Toronto, leurs parents ne leur demandent pas de contribuer financièrement à la vie dans leur maison de Brockville.

RILEY : Vous savez, nous nous sentons vraiment privilégiées. C’est bien d'être à la maison, parce que je n’ai aucune autre dépense que mon loyer, dont je ne m’occupe qu’une fois par mois. J’en ai conclu que, même si je n’ai pas travaillé dans le commerce de détail depuis quatre ans, peut-être qu'à partir de cette année, en hiver par exemple, lorsqu’il n’y a pas de tournage, je devrais retrouver un emploi dans ce domaine. Cela me ferait une solution de rechange. Je n’aurais pas à demander l’assurance-emploi et je pourrais travailler un peu plus longtemps. Quel dommage de ne pas pouvoir travailler, faire mon travail que j’aime… Et personne ne sait vraiment quand les choses vont reprendre ou revenir à la normale. C’est ce qui me frustre le plus.

ROMA : De manière générale, comment Riley se sent-elle de vivre chez ses parents pendant la pandémie?

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RILEY : Je ne me sens pas mal de vivre chez mes parents. Ce n’est pas comme si j’avais commis une grosse erreur dans ma carrière ou dans une relation, et que j’avais besoin de rentrer chez mes parents, même si c'était bien sûr, dans ce cas, la meilleure solution financière. Quoiqu’il en soit, je me sens rassurée de savoir que ce n’est pas ma faute. C’est cette horrible pandémie qui m’a obligée à retourner chez mes parents. Ce n’est pas parce que j’ai raté quelque chose. Je suis heureuse d'être avec ma famille, sachant que cette situation n’est pas due à mon échec.

ROB : Je suis heureux que Riley ait choisi le mot « échec », parce que je refuse que ce mot soit associé à l’idée de retour chez les parents. La décision de retourner chez ses parents est rationnelle, intelligente et avisée. Si vous n’avez pas les moyens de payer votre loyer, si vous ne pouvez pas vous permettre de vivre là où vous êtes actuellement, acceptez l’aide de votre famille. C’est un geste intelligent. En fait, je constate que les parents sont souvent très heureux d’offrir cette aide à leurs enfants adultes.

ROMA : Dans le cas de Riley et de sa sœur, leurs parents semblaient prêts, capables et heureux de les aider. J’aimerais souligner qu’entre-temps, Riley est revenue à Toronto, dans son appartement. Elle n’a pas été obligée de s’endetter. Sa situation financière est meilleure que si elle était restée à Toronto, où elle aurait dû payer sa nourriture, en plus de toutes ses autres factures. Elle a pu rentrer chez ses parents et reprendre son souffle. Aujourd’hui, sa situation est meilleure. Alors pourquoi ne l’aurait-elle pas fait?

ROB : Nous remercions Riley de nous avoir raconté ce que cela a été de rentrer chez ses parents pendant une pandémie. Cependant, la COVID-19 n’est que l’une des raisons pour lesquelles vous pourriez décider de rentrer chez vos parents.

ROMA : Maintenant, nous devons nous demander pourquoi, lorsque quelqu’un retourne vivre chez ses parents après avoir obtenu son diplôme au lieu d’opter pour l’indépendance, on en fait tout un plat? Comment en sommes-nous arrivés là?

ROB : La tendance sociale du retour des étudiants chez leurs parents a fait son chemin à partir du moment où, au moment de la dernière récession de 2008-2009, l'économie s’est effondrée. À ce moment, beaucoup de milléniaux ont pris le chemin de la maison de leurs parents. Je me souviens qu’il régnait une certaine amertume à ce sujet, comme si tous ces milléniaux qui rentraient chez leurs parents étaient des perdants. Souvenez-vous, les qualificatifs étaient peu flatteurs, échec du lancement et génération boomerang, entre autres. C’est comme si les jeunes de cette époque étaient incapables de faire face aux difficultés de la vie et préféraient rentrer chez leurs parents pour se faire gâter. Ceci dénote, selon moi, une ignorance stupéfiante, alors que les emplois disparaissaient et qu’il n’y avait plus pour les milléniaux que des emplois à temps partiel ou intérimaires. Ils étaient dans l’impossibilité d’exploiter toutes les compétences acquises au cours de leurs études. Mais peu à peu, nous nous sommes habitués à cette situation, et les gens ont commencé à réaliser, surtout les parents de milléniaux, que la situation économique était extrêmement difficile. Les possibilités n'étaient plus les mêmes que pour les générations précédentes. Maintenant que nous nous y sommes habitués, je pense que nous allons assister à une forte reprise de cette tendance. Encore une fois, de nombreux milléniaux et membres de la génération Z ne pourront suivre la trajectoire classique du diplôme, du bon emploi, de la première maison, ils ne vivront pas cette phase stimulante qui commence au premier vrai emploi, avec un revenu substantiel, grâce auquel le monde semble s’ouvrir à vous.

ROMA : N’oublions pas qu’il y a des cultures et des pays dans lesquels il est tout à fait normal, voire préférable, que les jeunes adultes vivent chez leurs parents jusqu'à ce qu’ils se marient et puissent s’acheter une maison. Dans certaines cultures, enfants et parents vivent ensemble et les grands-parents aident leurs enfants adultes à élever leurs enfants. Mais ailleurs, la progression de l’université ou du collège vers la carrière et l’indépendance financière implique qu’il faut se trouver son propre logement et ne pas revenir vivre chez ses parents. Pour ma part, je me souviens évidemment que je suis retourné chez mes parents après l’université. Pensant une période, je n’avais pas de travail et ma vie était en pleine mutation. Il aurait été ridicule que je loue un appartement alors que mes parents pouvaient m’aider. Je ne sais pas d’où vient cette notion de honte, mais je pense que si vos parents peuvent vous aider, c’est la solution la plus logique.

Dans mon entourage, je vois des parents d’enfants encore assez jeunes qui se préparent à une situation de ce genre. Nous avons des amis, dans notre rue, qui font des rénovations, qui aménagent dans leur sous-sol un appartement presque autonome en espérant que l’un de leurs enfants, à un moment de sa vie, reviendra à la maison et qu’ils seront en mesure de l’aider. Je connais d’autres personnes qui, à la fin de la vingtaine ou le début de la trentaine, ont eu besoin d'économiser de l’argent afin d’avoir une mise de fonds pour acheter une maison. Qu’ont-ils fait? Ils sont rentrés chez leurs parents. Rob, vous l’avez vécu. Nous allons d’ailleurs entendre certains membres de votre famille. Nous y venons tout de suite après.

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ROMA : Et maintenant, Rob, nous allons écouter ce que votre famille a à nous dire. Et j’ai consulté ma boule de cristal pour savoir ce que sera ma vie dans dix ans [rires].

En fait, Rob a écrit un livre sur le sujet dont nous parlons aujourd’hui. Il s’intitule How Not To Move Back In With Your Parents, The Young Person’s Complete Guide to Financial Empowerment (Comment ne pas retourner vivre chez ses parents. Guide complet de l’autonomie financière). Et nous allons écouter des membres de sa famille. Rob, vous voulez nous les présenter?

ROB : Nous allons écouter mon épouse, Theresa, et notre fils aîné, Will, qui a 26 ans. Il a passé quatre ans à Toronto, où il a fait ses études universitaires, puis il est revenu s’installer chez nous, en attendant de décrocher son premier emploi. Actuellement, il a un emploi précaire dans le domaine du design graphique. Notre famille vit à Ottawa. Nous avons enregistré notre conversation familiale début juin. Pour commencer, nous avons demandé à Will de nous parler de la vie avec Theresa, sa mère.

WILL : Je sais que ma mère aime que sa maison soit vraiment impeccable. Alors que pour ma part, j’aime que mon espace de vie ait l’air un peu plus habité. Je sais que ma mère veut faire bonne impression sur ses invités. Tout doit être bien propre et bien rangé. Je ne suis pas vraiment aussi méticuleux. Mais je fais quand même la vaisselle. Et ça me suffit.

THERESA : Sa chambre était un peu plus en désordre que la nôtre. J’essayais de ne pas m’en occuper. Mais à l’occasion, c'était plus fort que moi. J’y allais avec un sac poubelle et je nettoyais tout. En revanche, Will est un excellent cuisinier.

WILL : Cela a un peu compensé [rires]. Honnêtement, je pense que tout le monde a fait des concessions. Je n’ai pas l’impression que les choses me sont dues, mais plutôt qu’il faut que je contribue aux tâches ménagères.

ROB : Je crois que c’est une observation très pertinente. Je confirme que j’ai eu exactement la même impression. Tu as préparé de nombreux soupers, nous avions l’impression d’avoir un chef à domicile. Selon moi, ça a été une immense contribution. Et les soirs où tu ne cuisinais pas, Theresa et moi nous regardions, et nous nous disions qu’il valait mieux sortir [rires].

THERESA : C’est vrai! Will a acquis des compétences de vie, et nous en avons perdu : entre autres, la capacité de cuisiner des soupers.

ROB : En fait, personne ne réfléchit à la question des enfants qui rentrent chez leurs parents après l’université, à moins d'être un parent d’enfants qui sont dans la vingtaine. Theresa, peux-tu nous parler de ton club de lecture, et des nombreuses allées et venues des enfants de ses membres?

THERESA : D’accord. Je fais partie d’un club de lecture, et tous les membres ont vu leurs enfants s’en aller et revenir, et beaucoup d’entre eux ont encore des enfants à la maison, même s’ils sont adultes. Financièrement, il est vraiment difficile d’avoir son propre logement. Cela coûte très cher. Le marché du travail est vraiment précaire. Il est extrêmement difficile de trouver un emploi permanent, sans compter les complications de la vie et le fait que les enfants peuvent avoir des problèmes de santé physique et mentale, ou vivre des changements dans leurs relations, ce qui les amènera parfois à revenir chez leurs parents. J’ai observé tout cela chez mes amis, et je l’ai même en partie vu chez nos propres enfants.

ROB : Nous permettons aux enfants adultes de revenir à la maison afin de les aider à prendre le contrôle de leurs finances. Quand Will a réussi à faire cela, il a repris un appartement. La clé a été de dénicher un emploi stable.

WILL : Je savais que je voulais vivre seul. Cela m’a donc motivé à établir un budget pour le type d’appartement que je cherchais. Un appartement modeste. Et une fois que j’ai eu le premier et le dernier mois de loyer, et je pense de l’argent pour deux ou trois mois de plus, quelque chose comme 6 000 $ en tout, je me suis senti assez à l’aise pour pouvoir déménager, avec la certitude que je n’allais pas me retrouver à la rue, d’autant plus que je savais bien que mes parents ne me laisseraient pas tomber.

ROB : J’ai bien élevé ce garçon [rires].

ROMA : Revenir vivre chez ses parents comporte-t-il des inconvénients?

WILL : Bien sûr, il y a une perte de liberté. Quand vous vivez chez vos parents, vous ressentez une certaine obligation envers eux. Vous vous sentez obligé, par exemple, de leur dire où vous allez ou ce que vous faites. Et puis, on peut dire que vivre avec quelqu’un qui n’est pas étudiant signifie que deux modes de vie très différents doivent cohabiter, notamment au chapitre de la propreté et de la tenue de la maison.

ROB : Et puis, certaines activités de loisir doivent être modérées ou adaptées à la vie en communauté [rires].

WILL : Ah oui... C’est bien vrai!

THERESA : Will a quitté la maison quand il avait 18 ans, et il est revenu une fois son diplôme en poche. Il était très jeune quand il est parti, et c’est un adulte qui est revenu. Pour moi, cela a été une adaptation psychologique importante. Étais-je encore sa mère? Ou sa colocataire? Et s’ils devaient revenir une fois de plus, ce seraient un Will et un Jamie totalement différents de ceux que nous avions connus et avec qui nous avions développé une relation.

WILL : C'était évidemment génial d’avoir dans mon propre appartement, de me dire que je pouvais aller où je voulais, faire ce que je voulais et dépenser mon argent comme je l’entendais. Vous comprenez? Il y a évidemment eu une période pendant laquelle j’ai appris tout cela un peu à la dure. Par exemple, à modérer mes dépenses! En fait, j’essaie toujours de devenir plus adulte. J’aimerais me comporter davantage comme un adulte.

THERESA : Pour cela, c’est formidable d’avoir un père spécialiste des finances personnelles. En effet, j’ai découvert que Rob et les garçons discutaient très souvent de la façon dont ils gèrent leurs finances. Et Rob avait une façon bien à lui, tout en douceur, de les aider à s’occuper de leurs finances. Et je suis vraiment impressionnée du sens de la responsabilité financière dont mes deux fils font preuve.

ROB : Ma seule règle est qu’il ne faut pas avoir de dettes de carte de crédit. Et si jamais vous en avez, vous venez m’en parler et nous réglerons immédiatement le problème, parce que ce n’est rien d’autre qu’un piège sans fin. En fait, je suis vraiment impressionné par le fait que les deux fils savent vraiment comment économiser. Ils savent que leur emploi est précaire parce qu’ils travaillent à contrat, et ils ont tous les deux mis une bonne somme de côté. C’est très impressionnant. Will, de tout ce que tu as appris sur l’argent, à la maison, qu’est-ce qui est le plus important, d’après toi?

WILL : Je pense qu’il s’agit en fait d’un ensemble de mesures qui visent à modérer nos dépenses. L’une des choses les plus importantes que j’ai apprises, c’est d’organiser mes finances, dès le début, pour pouvoir faire durer mon argent. Je dois faire un peu plus attention à la façon dont je dépense exactement et à ce pour quoi je dépense.

ROB : Vous savez, je pense que chaque parent veut voir ses enfants réussir financièrement, devenir indépendants et être capables de vivre la vie qu’ils choisissent. Et le retour chez les parents peut être un moyen stratégique d’y parvenir.

THERESA : Certainement. J’ajouterai qu’il y a des choses que nos enfants ne peuvent apprendre qu’après avoir déménagé. Il y a des leçons financières qu’ils ne peuvent apprendre qu’en vivant seuls et en ressentant peut-être un peu de nervosité et de peur en se demandant comment ils vont payer leur loyer et en pensant à l’argent qu’ils vont dépenser, semaine après semaine. C’est une question d'équilibre entre les héberger et passer des moments agréables avec eux, et les aider à grandir et à progresser.

ROB : Vous savez, j’ai vraiment adoré le retour à la maison de nos fils adultes. Nous n’avons jamais eu de conversations aussi intéressantes. Bien sûr, il y a eu des tensions, mais dans l’ensemble, j’ai trouvé vraiment agréable d'être le parent de jeunes dans la vingtaine vivant chez nous. Je leur faisais totalement confiance, ils ont pu revenir et repartir quand ils en avaient besoin. Et je n’avais aucune inquiétude quant à l’endroit où ils allaient ou à ce qu’ils faisaient. Bien sûr, il y a eu des moments où j’ai pensé que ce serait bien d’avoir à nouveau un endroit pour nous, tranquille. Mais alors, nous nous mettions à redouter le moment où notre nid serait de nouveau vide. Cela a donc été, dans l’ensemble, une expérience positive.

THERESA : C’est agréable de pouvoir passer du temps avec ses enfants. C’est un peu un cadeau, au milieu de leur vie d’adulte.

ROB : Un conseil pour quelqu’un qui va faire le grand saut et revenir chez ses parents, Will?

WILL : Je crois que l’important est de moduler ses attentes. Il est très facile de rentrer chez ses parents en pensant que les choses seront comme avant, en dehors du fait que vous êtes un adulte et que vous croyez pouvoir faire ce que vous voulez. Je crois qu’il est essentiel de savoir que vos parents ne seront pas à votre service, à votre disposition en permanence. Vous devez être un peu plus autonome. Veillez à ce que, dans la maison où vous vivez, chacun fasse sa part.

ROB : Un autre conseil? Nous allons donner le dernier mot à Will.

WILL : Gérez vos dépenses de manière à savoir que vous progressez en permanence vers votre objectif, par exemple le premier et le dernier mois de votre prochain loyer, afin de pouvoir repartir le plus tôt possible.

ROMA : Rob, ça a été vraiment instructif d'écouter les membres de votre famille raconter leur expérience. Will a l’air d’avoir tout compris. Il a dû recevoir certaines de ces compétences financières de vous, par osmose, ou peut-être grâce aux conversations avec vous.

ROB : Plutôt par osmose, je pense. En fait, on ne sait jamais vraiment ce que les enfants écoutent et ce qu’ils retiennent. Quoi qu’il en soit, j’ai été très heureux d’entendre qu’il avait retenu beaucoup de choses fondamentales, et j’en conclus qu’il est sur la bonne voie pour savoir gérer son argent.

ROMA : Rob, vous avez écrit un livre sur ce sujet, mais c'était il y a plus de dix ans, au lendemain de la crise économique mondiale, qui a causé cette première vague de retour de jeunes adultes chez leurs parents. Qu’est-ce qui a changé aujourd’hui, selon vous?

ROB : L’une des grandes différences, pour moi, c’est qu’en 2008-2009, les emplois précaires étaient quelque chose d’assez nouveau. Les gens ne comprenaient pas. Les entreprises n’embauchaient des milléniaux que pour de courtes périodes. Et la situation n’est jamais revenue à la normale. Cette tendance est même, aujourd’hui, plus marquée que jamais. Et je m’attends à ce qu’elle s’aggrave encore. Je pense donc qu’il est important d’aider nos enfants de la génération du millénaire à prospérer malgré la précarité de l’emploi. Il est sans doute plus important que jamais de consacrer du temps à aider les jeunes à choisir une carrière qui leur permettra de gagner décemment leur vie. Et il faut sans doute leur parler davantage d’emploi, de compétences, du développement de la carrière, de la façon de mettre le pied dans la porte pour obtenir des contrats de qualité supérieure et avoir de meilleures possibilités de décrocher un emploi à plein temps.

ROMA : Quel a été l’impact du marché immobilier à cet égard?

ROB : Je me souviens qu’en 2008-2009, les milléniaux ressentaient un désir puissant d’entrer sur le marché immobilier. Ce désir n’a pas faibli. C’est devenu un peu plus difficile sur le plan financier, parce que la dernière décennie a été marquée par une hausse colossale du prix des propriétés. Selon moi, il faut faire plus d’efforts pour que les milléniaux et les membres de la génération Z comprennent que le fait de rester locataires plus longtemps n’est pas un problème. J’ai étudié des alternatives à l’accession à la propriété, pour éviter de précipiter les gens dans ce carcan financier et les inciter à attendre d’avoir un emploi plus stable avant d’acheter.

ROMA : Il y a une chose qui ressort de votre histoire, et aussi de la mienne : la honte ou la stigmatisation à l'égard des jeunes qui vivaient encore chez leurs parents dans la vingtaine, et même la trentaine, semble s’estomper. Le constatez-vous vous aussi?

ROB : Vous savez, je suis revenu chez mes parents après avoir décroché mon diplôme en journalisme dans les années 80. J’avais un peu honte, mais on m’avait promis un emploi, et tout est tombé à l’eau pour diverses raisons. J’ai fini par travailler pour cet employeur, plus tard, mais entre-temps, je suis revenu chez mes parents en avril et j’ai dû attendre le mois de décembre pour recommencer à travailler. Je suis reparti en février, mais cela m’a fait quelque chose, je n'étais pas fier, même si tout s’est très bien passé. C'était à moi de décider. Cela a été en quelque sorte le prototype d’un retour intelligent et efficace chez ses parents, dans le but d’accumuler des ressources avant un nouveau départ. Aujourd’hui, j’entends des parents parler de cela de façon tellement naturelle, ils parlent des portes tournantes de leur maison et de leurs enfants qui partent, qui reviennent, et qui repartent, plusieurs fois. Cela a été le cas chez nous. Je pense que c’est devenu totalement naturel au sein de la population. On critique beaucoup moins les jeunes qu’avant. C’est un progrès vraiment très sain.

ROMA : Il y a un sujet que nous n’avons pas vraiment abordé : les parents qui aident leurs enfants alors qu’ils n’en ont pas les moyens. Cela ne m’inquiète pas vraiment s’il s’agit de permettre aux enfants de revenir à la maison dont ils sont propriétaires. Mais quand cela peut-il devenir dangereux?

ROB : Je pense que le soutien des parents aux enfants adultes devient financièrement risqué s’ils doivent puiser dans leurs économies pour pouvoir le faire. Selon moi, retirer de l’argent de son REER pour aider un enfant à acheter une maison n’est pas une utilisation intelligente de cet argent. En effet, cela revient souvent à l’aider à acheter une maison qu’il n’a pas vraiment les moyens d’acheter. Quelle est alors la valeur réelle du sacrifice de ces parents? Les parents doivent rester sur la trajectoire qu’ils se sont fixée jusqu'à leur retraite. Je les encourage à aider leurs enfants autant qu’ils le souhaitent, et autant qu’ils se sentent capables de le faire, mais pas à se sacrifier. L’aide peut être quotidienne, mensuelle ou annuelle pour diverses dépenses, mais s’il s’agit de prendre une partie importante de leurs économies pour la donner à un enfant adulte afin qu’il puisse acheter une maison, par exemple, les parents ne doivent le faire que s’ils en ont clairement les moyens.

ROMA : Dans cet épisode, nous parlons principalement d’enfants adultes qui reviennent dans la maison de leur enfance, et de parents qui les aident en ne leur faisant pas payer de loyer. Mais les enfants peuvent bien sûr eux aussi avoir une contribution. Ils peuvent aider en payant certaines dépenses ou en s’acquittant de certaines tâches, par exemple en préparant des repas.

ROB : Exactement. L’aide de ce genre est vraiment précieuse. Quand nos garçons sont revenus à la maison, ils tondaient le gazon, ils déneigeaient l’allée de garage, ils préparaient des repas. Ils faisaient d’autres tâches, ils allaient chercher des trucs pour moi, ils amenaient les voitures au garage. En fait, ils nous ont permis de gagner beaucoup de temps et d'économiser beaucoup d’argent. Ils ont été vraiment utiles. Selon moi, la valeur économique de cette contribution a été considérable.

ROMA : Il y a aussi des parents qui aident leurs enfants adultes en payant des factures de téléphone portable, d’assurance, de prêt auto... Quels sont les avantages et les inconvénients?

ROB : Cela ne me pose aucun problème. Tout le monde sait que beaucoup de milléniaux et de membres de la génération Z ont un salaire très modeste, mais un loyer très élevé. Il ne leur reste pas beaucoup d’argent une fois leurs besoins de base satisfaits. Donc si vous pouvez libérer vos enfants d’une partie de cette pression, et si ce n’est pas un problème pour vos finances de parents... Par exemple, conservez le même forfait familial pour le téléphone cellulaire une fois que vos enfants ont terminé leurs études. Vous avez l’habitude de faire les paiements. Si ce n’est pas un problème, pourquoi ne pas continuer? Dès qu’ils le pourront, à mesure que leurs revenus augmenteront, ils prendront le relais. Même chose pour l’assurance auto. Cette petite aide parentale de plus, si vous en avez les moyens, ne me pose pas de problème. Pourvu qu’il soit entendu qu’ils vous libéreront de ce coût dès que leur salaire atteindra un niveau décent.

ROMA : Ce qui est important, donc, c’est d’y aller progressivement. La situation n’est pas la même pour un enfant qui débute à un poste assez précaire, au début de la vingtaine, que lorsqu’il est au milieu de la vingtaine ou au début de la trentaine et qu’il a commencé à progresser dans sa carrière.

ROB : Bien sûr, et si les parents constatent que leurs enfants oublient de prendre en charge leur facture de téléphone cellulaire par la suite, ils ne doivent pas hésiter à leur signaler que, maintenant qu’ils gagnent mieux leur vie, ils devraient peut-être commencer à payer…

ROMA : Comment faire, Rob, pour que vos enfants n’aient pas l’impression qu’ils sont en droit d’exiger que vous continuiez à payer leur facture de téléphone portable à leur place? Ce n’est pas une grosse somme... Pourquoi papa et maman ne continueraient-ils pas à payer à ma place? Comment faire pour qu’ils deviennent des adultes à part entière, et qui réussissent financièrement?

ROB : Il faut commencer par leur faire prendre conscience, dès leur plus jeune âge, de la pression des coûts de la vie quotidienne. Si vos enfants vont à l’université et si vous avez mis de l’argent de côté pour eux dans un REEE, vous devez les faire contribuer à ce projet, afin qu’ils comprennent que les études coûtent cher. « Alors, voici ce que coûtera ton logement dans une résidence universitaire. Combien vas-tu pouvoir payer? » Ils doivent comprendre que la vie d’adulte a un coût. Vous pouvez les aider, au moment où ils font leurs tout premiers pas dans cette vie d’adulte et partent pour aller à l’université. Compte tenu du coût élevé des études universitaires, ils devraient y mettre un peu du leur.

ROMA : C’est intéressant. Mon fils vient d’avoir son premier téléphone cellulaire et nous lui faisons payer le prix de son abonnement chaque mois. Il voulait un téléphone, mais nous pensions qu’il n’en avait pas encore besoin. Nous avons conclu un accord. « Si tu veux un téléphone portable, tu paies la facture mensuelle. » Il s’agit ici, et je pense que c’est ce que nous constatons tous les deux, de permettre à nos enfants d’atteindre un niveau plus élevé de compétence financière. Cela signifie tout simplement qu’il faut parler d’argent à ses enfants, et de la façon de le gérer.

ROB : C’est ça. Il ne faut pas donner d’argent à ses enfants. Vous devez avoir une discussion avec eux à ce sujet. Ils doivent comprendre le contexte et les ramifications de votre aide, comprendre la valeur de l’argent et de ce que vous faites pour les aider, et savoir que vous vous attendez à ce qu’ils prennent un jour ces frais à leur charge.

ROMA : Alors, Rob, quels sont les trois principaux éléments que vous retenez pour cet épisode?

ROB : Voici les trois éléments à retenir, à mon avis :

Un : Retourner chez ses parents permet de régler d’importants problèmes. Vous n’avez plus de loyer à payer et vous remettez de l’ordre dans vos finances. Deux : Prenez l’initiative de discuter du loyer ou d’autres considérations financières avec vos parents et expliquez ce qui est envisageable. La participation aux tâches peut être une contribution précieuse : tondez le gazon, préparez le dîner, faites la lessive. Et bien plus encore! Trois : Les parents aussi subissent des pressions financières. Emplois et carrières ont été durement touchés par la pandémie, et cela pourrait limiter l’aide financière qu’ils sont en mesure de prodiguer.

Voilà, c'était le dernier épisode de cette saison de Test de résistance. Si vous avez écouté chacun des épisodes, j’espère que vous avez appris beaucoup... et que vous avez aimé notre travail.

Merci à vous, Roma, d’avoir animé l'émission avec moi, et merci à vous de nous avoir écoutés. Cette émission a été produite par Hannah Sung.

Montage et mixage par TK Matunda.

Notre productrice exécutive est Kiran Rana.

Merci à Riley, à Brockville, en Ontario, et merci à mon épouse, Theresa Humphreys et à mon fils, Will Carrick.

La saison est terminée, mais je suis sûr que vous avez des amis ou des proches qui auront besoin d'écouter des épisodes. Vous pouvez les leur envoyer. Dites-leur de s’abonner à Test de résistance (mais en anglais, Stress Test) sur Apple Podcasts, Google Play, Spotify ou leur application de baladodiffusion préférée. Si vous aimez ce que vous avez écouté, aidez-nous à nous faire connaître en laissant une évaluation et un commentaire sur Apple Podcasts.

ROMA : Merci pour tous vos commentaires, tous vos courriels et toutes vos réactions. Nous vous en sommes très reconnaissants. Vous pouvez nous retrouver sur le site globeandmail.com, où nous abordons toutes les facettes des finances personnelles. Merci d’avoir écouté Test de résistance. Cela a été une expérience formidable.

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