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You had your best-laid plans and then COVID-19 came along and hammered the entire economy. But you’ve got this – if you have the right information. Join Rob Carrick and Roma Luciw on Stress Test, a podcast guiding you through one of the biggest challenges your finances will ever face.

Rob : Vos parents ou votre famille vous aident financièrement? Vous vous sentez coupable, gêné? Vous répondez... oui? Rassurez-vous, vous êtes loin d’être seul. Dans l’épisode d’aujourd’hui, nous allons parler des parents qui aident financièrement leurs enfants adultes, et de la manière dont cette aide est devenue plus courante avec la pandémie. En gros, nous parlons de l’économie parentale souterraine.

Roma : Bienvenue à Test de résistance, une série de baladodiffusions du Globe and Mail qui se penche sur la façon dont la pandémie a transformé les règles des finances personnelles pour les membres de la génération Z et les milléniaux.

Rob : Je m’appelle Rob Carrick, je suis chroniqueur financier au Globe and Mail.

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Roma : Et je suis Roma Luciw, rédactrice en chef de la rubrique des finances personnelles du Globe and Mail. Ce sujet sur l’aide financière des parents à leurs enfants adultes me tient particulièrement à cœur. Je pense qu’il est grand temps que les Canadiens commencent à parler ouvertement de ce sujet. Cette aide des parents existe depuis des années, mais elle a pris de l’ampleur à cause de la pandémie, qui l’a rendue plus indispensable que jamais. Ce qui serait bien, ce serait que la honte et la gêne disparaissent de cette équation. Mais commençons, Rob, par revenir sur ce qui nous a amenés à ce sujet. Avant, la vie et la trajectoire financière des jeunes adultes étaient prévisibles : diplôme, emploi, départ du domicile des parents et début de l’autonomie financière. C’était le cas pour les générations précédentes, les baby-boomers par exemple. Mais les choses ont chanté. Vous avez beaucoup écrit sur le tournant que la crise financière a signifié dans ce domaine. Vous pouvez nous en dire quelques mots?

Rob : Je pense que les problèmes des jeunes ont commencé en 2008 ou 2009, au moment de la crise financière. Les emplois sont devenus rares. Les emplois sont devenus de plus en plus précaires, de plus en plus temporaires et à temps partiel. La situation n’a pas été facile pour les jeunes. Vous vous souvenez de la génération boomerang? Nous disions aux jeunes qu’ils étaient incapables de lancer leur propre carrière, qu’ils retournaient vivre chez leurs parents, dans leur sous-sol, pour jouer à des jeux vidéo à longueur de journée. C’était une sorte de tendance à ce moment, au lendemain de la crise financière. Nous avons mis eu temps à comprendre que, finalement, les jeunes n’y étaient pour rien. C’était l’économie. Il était difficile de s’établir, et les parents devaient intervenir et compléter le revenu de leurs enfants lorsque cela était nécessaire. Il y a toujours eu un niveau de base de soutien parental pour les jeunes adultes. En leur donnant de l’argent pour avoir une mise de fonds pour acheter une maison ou en payant leurs études universitaires ou collégiales. Actuellement, je pense que les parents doivent intervenir à un niveau supérieur et que la situation ne fait qu’empirer avec la pandémie.

Roma : Donc, lorsque nous avons réfléchi à l’enregistrement de cet épisode, nous avons constaté que nous n’avions pas assez d’information. Nous manquions de données, nous ne savions pas tout ce que nous voulions savoir. Nous ne savions pas, par exemple, si les enfants adultes recevaient de l’aide dans la vingtaine, dans la trentaine, ou même dans la quarantaine. J’ai aussi l’impression que l’aide à la mise de fonds pour l’accession à la propriété existe depuis longtemps. Mais les parents donnent-ils un coup de main pour payer les dépenses courantes? Voilà le genre de choses que nous ne savons pas.

Rob : Nous sommes journalistes. Nous voulons creuser les choses et mieux comprendre. Dans la lettre d’information Carrick on Money, que je publie deux fois par semaine, nous avons sondé des parents et des milléniaux pour connaître l’ampleur de l’aide apportée par les parents aux jeunes adultes. Nous avons obtenu des réponses vraiment surprenantes. Quelque 2 100 parents ont participé au sondage. Quatre-vingt-quinze pour cent ont déclaré qu’ils apportaient une sorte de soutien à leurs enfants adultes. Sous quelle forme? Un tiers d’entre eux ont versé de l’argent à leur enfant pour qu’il ait une mise de fonds pour acheter une maison. Soixante-treize pour cent aident à payer les études collégiales ou universitaires. Ça, c’était prévisible. Rien d’étonnant à cela. Mais 38 % des parents sondés aident leurs enfants adultes à payer leur loyer. Et 39 % des parents disent aider à payer l’épicerie. Près de la moitié des parents paient les factures de téléphone portable et l’assurance auto de leurs enfants. Ce soutien des parents est donc important.

Roma : C’est vraiment intéressant. Les factures de téléphone portable, l’assurance auto, ce sont des choses que je n’aurais pas cru aussi répandues. Cela nous amène à un autre aspect vraiment intéressant de cette conversation : l’ampleur du secret qui entoure ce genre d’aide. Beaucoup de gens savent que cette aide existe. Elle existe un peu partout, mais on n’en parle pas. Je veux dire par là qu’on ne parle pas de la nécessité de cette aide, ni des raisons pour lesquelles les jeunes ont besoin de ce type d’aide prolongée.

Rob : Oui, je suis étonné de voir à quel point on en parle peu. En fait, notre société a fini par absorber l’idée que beaucoup de jeunes adultes doivent revenir chez leurs parents après l’université pour débuter leur carrière du bon pied. C’est normal. Mais le fait que les parents aient à subventionner leurs enfants, pourquoi les politiciens n’en parlent-ils pas? Pourquoi les responsables politiques n’en parlent-ils pas? Pourquoi les économistes ne creusent-ils pas davantage le sujet? Il me semble que c’est un sujet assez intéressant. Revenons dans le passé. Comment vos parents vous ont-ils aidé quand vous étiez jeune?

Roma : Mes parents nous ont vraiment aidés quand j’étais jeune. Ils étaient déterminés à ce que mes frères et moi terminions tous nos études, collégiales ou universitaires, sans nous endetter. Notre engagement était que nous devions payer le maximum avec nos emplois d’été, et ils nous aidaient à payer le reste. Souvenez-vous qu’à l’époque, il n’y a pas si longtemps quand-même, les frais de scolarité étaient beaucoup moins élevés. Je pense donc que mon emploi d’été me permettait de gagner assez pour couvrir mes frais de scolarité. Comme je ne suis pas allée à l’université dans la ville où mes parents vivaient, ils ont payé mes frais de subsistance et mes livres, entre autres. Cela m’a permis de terminer mes études sans m’endetter. Et quand j’ai commencé à travailler, j’ai pu mettre de l’argent de côté, et ces économies sont devenues ma mise de fonds. À ce moment, je ne réalisais pas vraiment l’importance de ce coup de pouce. Je n’avais pas à rembourser de dettes d’études et j’étais en mesure de faire des économies pour des objectifs à plus long terme. Et vous, Rob, vos deux fils sont dans la vingtaine. De quelle manière les avez-vous aidés?

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Rob : Nos deux fils ont terminé leurs études universitaires sans s’endetter. Ils ont travaillé dur l’été, et ils ont travaillé à temps partiel pour gagner de l’argent. Et nous avons complété afin qu’ils puissent terminer leurs études sans dettes. C’était important pour moi de les lancer dans la vie. J’ai vu tant de gens se débattre avec leurs dettes d’études… Nous avions les moyens de les aider à ne pas se retrouver dans une telle situation. Je pense qu’il est assez courant de payer une partie des études universitaires de ses enfants. Dans mon groupe de collègues, les gens ont aidé leurs enfants. Nous leur avons permis de rester sur le forfait familial de téléphone portable, jusqu’à ce qu’ils soient financièrement autonomes. Nos deux fils sont partis, puis ils sont revenus. Cela a un peu été les portes tournantes dans notre maison. Ils sont bienvenus à la maison chaque fois qu’ils ont besoin de revenir. Vous savez quoi? C’est une joie de les aider. Je vois ce qui se passe dans l’économie. Je vois probablement plus clair que la plupart des gens. Je comprends le rôle des parents au XXIe siècle. Les jeunes ne sont pas forcément financièrement autonomes aussi tôt qu’ils pouvaient l’être il y a quelques décennies.

Roma : En effet. Je pense que nous avons réalisé que la pandémie a aggravé la situation des jeunes, en les empêchant de subvenir à leurs besoins. Il ne s’agit pas de jouer le rôle de parents indulgents. Il ne s’agit pas pour les enfants de faire de mauvais choix ou de ne pas travailler assez. Il s’agit d’une aide parentale d’urgence. Il s’agit d’enfants adultes qui ont plus que jamais besoin de cette aide. Nous le constatons à de nombreux niveaux différents, et c’est l’une des raisons pour lesquelles nous avons voulu approfondir ce sujet. Après la pause, nous parlerons à une Torontoise de 26 ans à qui l’argent de ses parents permet de joindre les deux bouts.

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Rob : Nous allons donc utiliser un pseudonyme pour protéger l’identité de notre prochaine invitée. Nous savons que le sujet peut être sensible. Janet a 26 ans et a décroché en 2017 son baccalauréat en beaux-arts. Elle se dit reconnaissante que ses parents et ses grands-parents aient payé la plus grande partie de ses études. Mais depuis, elle a fait ses débuts dans le monde réel, et ça n’a pas été facile parce que le marché du travail est compliqué.

Janet : Avant la pandémie, j’avais un peu de mal à trouver ce que l’on peut appeler, je suppose, une carrière. J’ai travaillé dans une clinique de bien-être, où je faisais du travail auprès de la communauté et sur le site web. J’ai aussi été représentante dans une petite boutique, et j’ai fait un stage auprès d’une équipe de remise en forme. J’ai donc fait un tas de choses différentes pour payer mes factures et essayer d’acquérir de l’expérience.

Rob : Il y a un an et demi, elle a quitté la maison de ses parents pour la première fois et s’est installée seule dans un appartement. Elle payait 1 300 dollars par mois, mais elle avait encore besoin d’aide pour certains besoins essentiels.

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Janet : Quand je suis partie, mes parents ont payé mon épicerie chaque semaine pendant environ huit mois. J’allais à l’épicerie avec eux tous les dimanches. Nous repartions chacun avec nos sacs, mais il n’y avait qu’une seule facture. Je suis vraiment très reconnaissante que mes parents aient fait cela. Ils m’ont aussi aidée à payer une partie de mon voyage de fin d’études et ont contribué à un voyage que j’ai fait dans l’Ouest. Ils m’ont donc vraiment aidée.

Rob : Lorsque la pandémie a frappé, elle a perdu ses deux emplois à temps partiel et ne s’est tirée d’affaire que grâce à la PCU. Mais elle a pu profiter de ses relations dans le milieu de la mise en forme pour apprendre ce qu’elle qualifie d’emploi de lancement de carrière l’été dernier.

Janet : Et puis, à l’automne, lorsque le deuxième confinement a frappé, le gym où je travaillais m’a renvoyée chez moi. J’ai de nouveau perdu mon emploi. Et pendant quelques semaines, j’ai été vraiment triste. J’ai eu un peu de mal à me faire verser la PCU par le gouvernement. J’ai donc dû puiser dans mes économies et mes parents ont dû recommencer à m’aider pour l’épicerie. Nous avons eu des conversations sérieuses et honnêtes pour savoir si, oui ou non, il était logique que je continue à vivre seule pendant cette période.

Rob : En ce moment, elle travaille quelques heures à distance, mais selon elle on peut à peine appeler ça du temps partiel. Elle complètement son revenu avec la PCU et a pu renégocier son bail pendant la COVID, ce qui lui a permis de conserver son appartement. Mais ses parents continuent à l’aider, notamment pour l’épicerie, les soins de santé et les rendez-vous chez le dentiste.

Janet : Je me sens gênée, je suis vraiment très contrariée parce que j’ai une impression d’échec par rapport à ce que je serais censée faire en ce moment. J’ai 26 ans. Je suis censée pouvoir me permettre des luxes comme le câble ou le Wi-Fi, mais ce n’est pas le cas en ce moment. Je trouve gênant d’en parler, je n’aime pas en parler avec les autres parce que j’ai l’impression d’être une ratée sur le plan financier.

Rob : Janet dit que, quand elle habitait chez ses parents, elle n’a jamais vraiment parlé de finances avec eux. Elle considère qu’ils appartiennent à la classe moyenne. Mais en fait, une telle situation ne se limite pas à une tranche de revenus en particulier. Les parents de tous horizons font de gros efforts pour aider leurs enfants.

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Roma : Cela dit, il y a des parents qui ne peuvent tout simplement pas se permettre d’offrir ce genre d’aide à leurs enfants, même s’ils le veulent. Il ne faut pas l’oublier. Mais il ne fait aucun doute que ce phénomène est très répandu et qu’il se produit plus souvent qu’on ne l’admet. Après la pause, nous parlerons à une planificatrice financière qui travaille à la fois avec les jeunes adultes et avec les parents qui les aident, pour voir combien de personnes se trouvent dans une situation similaire.

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Roma : Natasha Knox est planificatrice financière agréée. Elle travaille dans la région de Vancouver. J’ai entamé notre entretien en lui demandant combien de fois elle entend des histoires comme celle de Janet, où des parents interviennent pour aider leurs enfants adultes.

Natasha : Je dirais que chez mes clients, c’est tout à fait courant. C’est courant chez mes amis, chez mes amis plus âgés. Ils aident leurs enfants qui vont à l’université. Vous savez, mes amis de mon âge, ou même plus jeunes, ont tous reçu de l’aide. Moi y compris. C’est une chose tout à fait courante.

Roma : Quel genre d’aide financière constatez-vous?

Natasha : L’une des aides les plus courantes concerne la mise de fonds pour l’accession à la propriété. Mais il y a d’autres formes d’aide. Je connais des personnes qui ont fourni de l’aide pour leurs enfants qui ont des besoins d’apprentissage particuliers, car ils n’ont pas l’impression que le système scolaire général répond à leurs besoins. Alors, les parents ou les grands-parents font leur part pour permettre aux enfants ou aux petits-enfants d’aller à l’école privée. Certains parents permettent à leurs enfants de vivre dans leur maison, gratuitement ou moyennant un loyer modique. Il existe de multiples possibilités, par exemple une aide pour l’hypothèque plutôt que pour la mise de fonds. Il peut s’agir d’un prêt, sans intérêt ou à des conditions de remboursement souples ou, comme je l’ai vu, d’une hypothèque qui semble vraiment très avantageuse. On m’explique parfois que certains parents accordent une hypothèque à leurs enfants, qui ont pourtant une belle carrière, gagnent très bien leur vie, vivent en ville, et reçoivent malgré tout l’aide de leurs parents, sous une forme ou une autre.

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Roma : Avez-vous une idée de la façon dont les parents sont mentalement prêts à faire leur part pour ce genre de besoins financiers? D’après votre expérience ou vos observations, est-ce que ce sont les enfants adultes qui s’adressent à leurs parents? Ou est-ce que les parents sont conscients du fait qu’il est beaucoup plus difficile pour les jeunes maintenant que ça ne l’était pour eux à leur époque?

Natasha : D’après ce que j’ai vu, ce sont les parents qui s’inquiètent. Ils se demandent : « Comment mes enfants vont-ils faire pour accéder à la propriété? » Ils ont peut-être terminé leurs études très endettés, et ils ne veulent pas que leurs enfants vivent la même chose. Ils ont peur, et ils se disent : « C’est vrai, ma maison vaut beaucoup. Mais, comment mes enfants seront-ils en mesure de faire la même chose? »

Roma : Rob et moi avons lancé un appel à l’automne, dans le cadre de son bulletin Carrick on Money, pour interroger des parents et de jeunes adultes sur le type d’aide financière que les premiers offraient aux deuxièmes. Nous avons constaté que de nombreux enfants adultes se retrouvaient dans une situation difficile à cause de la pandémie, après avoir perdu leur revenu ou parce qu’ils ne trouvaient pas d’emploi. Et ils reçoivent de l’aide pour toutes sortes de choses, des factures de téléphone portable à l’épicerie, en passant par le loyer ou l’hypothèque. Entre autres. Dans quelle mesure est-ce courant?

Natasha : Je pense que c’est assez courant. On n’en parle pas beaucoup, mais je crois que l’aide la plus fréquente porte sur la mise de fonds pour l’accession à la propriété ou sur les frais de scolarité. Pour ce qui est des autres types d’aide, les gens sont assez gênés d’en parler.

Roma : Quand vous parlez de gêne, vous voulez parler des parents ou des jeunes?

Natasha : Je dirais plutôt les jeunes. Mes clients sont généralement très à l’aise de parler de l’aide qu’ils ont reçue pour leur hypothèque, par exemple. Mais quand je vois qu’ils reçoivent ce qui ressemble à un revenu de la part des parents, je sens que cela crée un malaise chez eux. Ils sont reconnaissants car ils n’y arriveraient pas seuls, mais ils voudraient tant pouvoir se débrouiller seuls. Ils ne veulent pas dépendre de leurs parents.

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Roma : Et les parents, que pensent-ils de cette aide qu’ils fournissent? Résignés à aider, mais désireux de le faire? Bien sûr, on a l’impression que tout le monde le fait. Alors, que devons-nous en penser?

Natasha : Il y a un certain sentiment de résignation. Vous savez, je pense que les parents qui sont en mesure d’aider aiment ça, mais ce n’est pas le cas de tout le monde. Et dans ce cas, ils doivent parfois utiliser leur propre capacité d’emprunter pour pouvoir aider leurs enfants. Le sentiment de résignation se manifeste davantage dans le cas de l’aide d’urgence, mais ils aident de leur plein gré. Cela est tout à fait volontaire. Ils sont vraiment disposés à le faire. Je l’observe très souvent quand il y a de jeunes enfants. Et dans les familles où il y a de jeunes enfants, tout le monde est vraiment très occupé.

Roma : Oui, et il est difficile de s’en sortir. Oui.

Natasha : Le divorce peut être un revers marquant. Je l’ai constaté plusieurs fois. Le divorce cause un tel marasme que les parents interviennent pour apporter leur aide. Parce que l’alternative serait un revers financier dont les enfants mettraient beaucoup plus de temps à se remettre.

Roma : C’est intéressant parce que j’ai l’impression que vous décrivez un véritable bouleversement qui s’est produit sur une génération, environ. Je pense qu’avant, les parents aidaient quand les jeunes adultes allaient à l’université, peut-être même quand ils décrochaient leur premier emploi. C’était un peu la norme. Mais ce que vous décrivez, c’est que l’aide des parents peut se prolonger jusqu’à un âge beaucoup plus avancé.

Natasha : Oh, oui, vraiment beaucoup plus longtemps, jusqu’à la mi-trentaine. Ou même au début de la quarantaine, selon la situation de chacun. On peut alors parler de transfert de richesse ou de patrimoine anticipé. Vous savez, si les enfants ont une énorme hypothèque et que les parents prennent leur retraite et déménagent dans une maison plus petite. Ils font à ce moment un don en argent important, qui permettra de réduire sensiblement le montant de l’hypothèque. Il y a beaucoup de possibilités. Regardez autour de vous. Si vous pensez que les gens qui vous entourent ont réussi tout seuls, sachez que ce n’est qu’un mythe.

Roma : Tout à fait. C’est une illusion, et je pense que dans le domaine des finances personnelles, on ne parle pas assez, on n’a pas assez conscience de l’ampleur de l’aide qui passe d’une génération à la suivante. Y a-t-il un moment où, selon vous, il peut y avoir un certain risque? Le moment où vous voyez l’argent aller et venir, ou n’aller que dans un sens, et où vous vous demandez si ce n’est pas inquiétant. Et si oui, quel est ce point?

Natasha : Je dirais que c’est le point auquel les parents doivent emprunter des sommes importantes. Si les parents ont encore une hypothèque, par exemple, et s’il leur faut emprunter pour financer quelque chose pour leurs enfants, s’il s’agit de quelque chose de permanent, des dépenses liées aux événements de la vie, ce ne sera pas temporaire. Et plus les parents sont près de la retraite, plus cela devient préoccupant du seul point de vue de leur propre sécurité financière. Parce que quand quelqu’un qui est au début ou au milieu de la cinquantaine, on ne sait pas exactement combien de temps il lui reste jusqu’à la retraite, mais s’il emprunte pour aider ses enfants, il mise sur le fait qu’il sera en mesure de continuer à travailler jusqu’à un âge donné. Pourtant, j’ai déjà vu des gens obligés de prendre leur retraite parce qu’ils n’étaient physiquement plus capables de travailler. Ils frappent un mur, parfois. Ils avaient l’intention de continuer à travailler. Ils voulaient faire ce qu’il fallait pour passer à travers. Et puis, ils frappent un mur. Ils comprennent qu’ils n’en peuvent plus. Ils doivent s’arrêter. Des décisions vraiment difficiles. En tant que planificatrice financière, je n’aime pas voir ça. Je n’aime pas voir ça, parce que la période de récupération qui reste est parfois extrêmement courte.

Roma : Oui, c’est inquiétant de voir des parents plus âgés s’endetter, ou faire des sacrifices financiers dont ils auront du mal à se remettre.

Natasha : Parfois, les enfants ne sont même pas au courant.

Roma : Est-il fréquent que les parents et les enfants ne discutent pas de leurs finances?

Natasha : Tellement! Dans les familles, il est rare que l’on parle d’argent. Surtout entre les générations. Parfois, les frères et sœurs parlent d’argent, entre eux. Mais entre parents et enfants, ce n’est pas du tout fréquent. C’est pourquoi j’encourage mes clients à parler d’argent avec leurs enfants. En revanche, je n’encourage pas forcément les enfants à aller interroger leurs parents sur leur situation financière. Je parle plutôt aux parents pour leur dire qu’il est important de planifier leur retraite et leur succession. De telles conversations sont indispensables. Il ne s’agit pas d’une divulgation financière complète, comme vous le feriez si vous vous engagiez à partager votre vie avec quelqu’un. Un tel niveau de transparence n’est pas nécessaire. Mais les grandes lignes sont vraiment importantes.

Roma : Il me semble que beaucoup de jeunes adultes ont du mal à cause de la pandémie. Et après la pandémie, des petites entreprises auront fait faillite. Il y aura des pertes d’emploi. J’aimerais que nous parlions de la gêne ou de la honte qu’il pourrait y avoir à accepter l’aide financière de ses parents, s’ils ont les moyens d’en fournir une. Qu’en pensez-vous?

Natasha : Eh bien, tout d’abord, je pense que les gens doivent prendre conscience du fait qu’ils ont de telles pensées. Parfois, ces pensées sont vraiment inconscientes, presque automatiques. La personne ne pense pas vraiment à cela. C’est peut-être plus une sensation dans le corps quand elle pense, comme si elle avait une lourdeur ou une boule dans l’estomac. Selon moi, la première étape est la reconnaissance. Vous ne pouvez pas vous attaquer à la honte si vous ne reconnaissez pas que vous la ressentez. C’est la première étape. Deuxièmement, il y a l’idée d’avoir de l’aide. Il faut que chacun comprenne que personne ne peut y arriver seul. Tout le monde a eu de l’aide. Tout le monde a eu un coup de chance, un moment où les choses auraient pu se passer complètement différemment pour eux. Vous comprenez? Il est possible que quelqu’un se retrouve dans une situation où il doit se faire aider par ses parents, à cause d’éléments qui échappent à son contrôle. C’est vrai. Personne n’y peut rien. Il peut y avoir des erreurs. C’est inévitable. Il faut admettre ses erreurs. On apprend de ses erreurs, et on passe à autre chose. Voilà. C’est la vie. Cela permet de se remettre en douceur des problèmes, de ne pas être complètement ruiné. L’aide, il faut l’accepter.

Roma : C’est une aide constructive.

Natasha : Oui, c’est une aide qui permet aux gens de se reprendre, de progresser. C’est le genre d’aide dont nous avons parlé aujourd’hui : pour payer les études, pour la mise de fonds ou même, dans le cas de certains parents, pour permettre aux enfants de bénéficier d’un loyer inférieur à celui du marché, ou leur rendre le loyer en guise de cadeau. Il peut aussi s’agir d’aider pour les dépenses lorsqu’un jeune décroche son premier emploi au bas de l’échelle qui lui permettra d’aller plus loin, ou encore pour qu’il puisse se permettre le luxe de faire un stage. En effet, dire oui à de telles possibilités peut être difficile sans aide.

Roma : Il peut-être trop tôt pour le savoir, mais quel impact la pandémie va-t-elle avoir sur tout cela, sur la capacité des parents à aider leurs enfants et sur la capacité des enfants à aller de l’avant?

Natasha : D’après ce que j’ai vu, mes clients plus âgés n’ont pas été trop affectés, mais c’est un échantillon très petit, donc je n’en tirerais pas trop de conclusions pour l’ensemble des personnes qui sont plus proches de la retraite au Canada. Quoiqu’il en soit, ils s’en tirent en général plutôt bien. Dans le cas des jeunes, c’est vraiment très différent. Je pense que, quels que soient les projets des gens, il faut compter au moins deux ans pour que la situation se rétablisse. Ainsi, si un jeune a été affecté par la pandémie, ce qui n’est pas le cas de tout le monde, si son plan était d’être auto-suffisant, de quitter la maison familiale l’année prochaine, il devra peut-être s’accrocher deux années de plus. Si vous avez perdu votre emploi. Dans les cas où l’aide doit porter sur les dépenses courantes, il faudra peut-être la prolonger un peu plus longtemps, au-delà du moment du retour sur le marché du travail, afin de permettre au jeune de retrouver la stabilité. Et de se constituer un petit fonds d’urgence.

Pour que la prochaine pandémie ne... Oh non, pardon! Je veux dire, pour que le prochain événement inattendu que nous ne verrons pas venir, quel qu’il soit, ne soit pas aussi dommageable.

Je ne pourrais pas supporter une autre pandémie. Je n’ai jamais été aussi longtemps dans ma maison avec ma famille. Ouf...

Alors oui, je dirais qu’il s’agit d’attendre un peu pour que l’enfant puisse retrouver sa trajectoire financière d’avant la pandémie.

Merci à Natasha pour toute l’information qu’elle nous a fournie. Je pense que nous pouvons tous respirer plus à l’aise en sachant que ce type d’aide est très répandu et que la plupart des parents qui interviennent pour aider leurs enfants le font parce qu’ils le veulent et parce qu’ils le peuvent. Pour conclure, voici ce que je retiens de cet épisode.

Premièrement, que l’on en parle ouvertement ou non, de nombreux parents aident leurs enfants adultes à avoir une mise de fonds pour accéder à la propriété, à payer leurs factures ou à s’acquitter de leurs autres obligations courantes. Sachez que vous n’êtes pas seul. Deuxièmement, si vous avez du mal à prendre pied dans la vie économique actuelle et que vos parents peuvent se permettre de vous aider, acceptez leur aide. Troisièmement, n’oubliez pas qu’il est possible que vos parents soient encore en train de mettre de l’argent de côté pour leur retraite ou de rembourser leur hypothèque. S’ils vous proposent leur aide, assurez-vous qu’ils en ont les moyens.

Et voilà, nous terminons ici une nouvelle saison de Test de résistance.

Roma : Je n’arrive pas à croire que nous ayons enregistré deux saisons en confinement, Rob. J’étais évidemment loin d’imaginer que nous ne pourrions jamais être l’un en face de l’autre, et évidemment que cela se passerait comme ça. Et pourtant, dix mois plus tard, je suis toujours dans la chambre de mon fils et nous n’avons toujours pas pu nous asseoir et nous voir en personne. Je n’avais jamais imaginé que cela se passerait comme ça.

Rob : Moi non plus, évidemment. Malgré tout, nous avons réussi à surmonter de multiples défis techniques, et je suis vraiment fier de tout le travail que nous avons accompli. Par contre, j’espère bien que s’il y a une autre saison, nous pourrons travailler comme avant, en nous regardant dans les yeux et en ayant une vraie conversation.

Roma : Vous voulez dire, en personne? Je ne sais pas. C’est peut-être trop! Je ne sais même pas si je serais capable de supporter la pression! Quoi qu’il en soit, merci beaucoup à nos auditeurs d’avoir fait ce voyage avec nous. Nous espérons que vous avez appris quelque chose et que vous vous sentez plus apte à prendre des décisions financières avisées.

Le plus important, c’est d’amener les gens à parler d’argent. Merci à tous les jeunes Canadiens qui nous ont parlé de leur situation cette saison.

Rob : Je m’appelle Rob Carrick.

Roma: Et je suis Roma Luciw. Cette émission est produite et montée par Amanda Cupido. Le mixage et le montage sont assurés par TK Matunda. Et Kiran Rana est la productrice exécutive.

Comme toujours, si vous avez aimé ce que vous avez entendu, laissez-nous un commentaire sur Apple Podcasts et partagez l’émission avec vos amis.

J’espère vous voir bientôt. Et j’espère surtout que la COVID sera bientôt chose du passé.

Publicité : Cette baladodiffusion vous a été présentée par Investissements RPC, spécialiste de la gestion de placements. Nous avons pris l’engagement de contribuer à l’éducation financière des jeunes Canadiens, notamment en diffusant de l’information sur notre rôle pour assurer la pérennité du RPC. Pour en savoir plus, consultez le site investissementsrpc.com.

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