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You had your best-laid plans and then COVID-19 came along and hammered the entire economy. But you’ve got this – if you have the right information. Join Rob Carrick and Roma Luciw on Stress Test, a podcast guiding you through one of the biggest challenges your finances will ever face.

Rob : Les chiots de la pandémie ont aidé les Canadiens à vivre cette période difficile. Les gens qui étaient confinés se sentaient seuls et des centaines de milliers d’entre eux s’en sont sortis en se procurant un animal de compagnie. Vous avez bien entendu. Depuis le début de la pandémie, des centaines de milliers de personnes sont devenues propriétaires d’un animal de compagnie pour la première fois.

Roma : Mais posséder un animal de compagnie, surtout un chien, est un engagement financier important. Les estimations varient, mais le coût moyen est d’environ 4 000 dollars par an. Et comme les prix des aliments et des fournitures pour animaux de compagnie augmentent plus vite que l’inflation, de plus en plus de propriétaires ont du mal à s’occuper de leurs compagnons de COVID.

Rob : Bienvenue à Test de résistance, une baladodiffusion sur les finances personnelles pour les milléniaux et les membres de la génération Z. Je m’appelle Rob Carrick, je suis chroniqueur financier au Globe and Mail.

Roma : Et je suis Roma Luciw, rédactrice en chef de la rubrique des finances personnelles du Globe and Mail. Les gens ont toujours eu des animaux de compagnie. Ce n’est pas nouveau. Des chiens, des chats, des oiseaux, des lézards, des cochons d’Inde. Mais ce qui est nouveau, c’est que les milléniaux sont devenus une génération qui aime les animaux de compagnie. Nous savons, grâce à notre propre couverture et aux données disponibles, qu’ils constituent le groupe démographique qui compte le plus de propriétaires d’animaux de compagnie. Rob, auriez-vous eu un chien quand vous aviez 20 ans?

Rob : Non. Pour plusieurs raisons. D’une part, il y avait des chiens dans la maison où j’ai grandi et je connaissais donc les responsabilités que cela entraînait. Deuxièmement, j’étais un jeune homme actif qui avait une vie sociale bien remplie et bâtissait sa carrière. Je n’étais pas beaucoup chez moi. Et quand on a un chien, il faut être beaucoup chez soi. Roma, que remarquez-vous à propos des animaux de compagnie dans votre groupe d’amis, parmi vos contacts et au sein de votre famille? Constatez-vous une augmentation du nombre de propriétaires, ainsi que des coûts?

Roma : Je vis dans un secteur où les animaux de compagnie sont nombreux et où les chiens pullulent. J’aime les chiens. Mon fils nous supplie depuis des années et des années pour que nous en achetions un. Je constate qu’il y en a de plus en plus et que les coûts, d’après ce que j’entends, n’ont jamais été aussi élevés.

Rob : Nous avons eu un chien pendant 16 ans, il est mort il y a quelques années et il nous manque beaucoup. Il a dû subir une opération de la hanche quand il était jeune. Cela remonte probablement à il y a une vingtaine d’années. Je me souviens que le coût était tellement exceptionnel que notre société de cartes de crédit nous a appelés pour nous dire qu’elle avait remarqué que la somme dépensée à la clinique vétérinaire lui semblait hors de l’ordinaire. Et nous avons dû dire que oui, c’était bien le prix que nous avions payé.

Roma : Après la pause, nous entendrons le témoignage du représentant d’une société protectrice des animaux d’une petite ville de l’Ontario, où de plus en plus de gens veulent abandonner leur chien. Sean Murray est directeur principal de la Peterborough Humane Society. Sean, merci beaucoup de vous joindre à nous aujourd’hui. Nous sommes ravis de vous accueillir aujourd’hui.

Sean : J’en suis ravi. Je suis vraiment content que vous m’ayez invité.

Roma : Pouvez-vous me parler un peu de la situation actuelle à Peterborough? Que se passe-t-il là-bas?

Sean : Bien sûr. Oui. Notre situation est similaire à celle de beaucoup d’autres refuges, en Ontario, mais aussi dans tout le pays. Nous vivons actuellement ce que nous pourrions qualifier de tempête parfaite. Oui. Nous assistons à un ralentissement du nombre d’adoptions, parmi les animaux dont nous nous occupons. La durée de séjour dans le système d’hébergement a donc beaucoup augmenté. Et je pense que cela s’explique par de multiples raisons. Mais cela est surtout lié à la capacité des gens de s’occuper des animaux, à notre époque.

Roma : Y a-t-il plus de gens qui abandonnent leurs animaux et vous les confient?

Sean : Oui, ce nombre a augmenté de manière exponentielle, en particulier au cours des derniers mois. Je dirais qu’au cours des six ou huit derniers mois, nous avons vu un nombre stupéfiant de personnes nous appeler pour demander de nous laisser un animal ou signaler leur incapacité à s’en occuper. Vous savez, les chiffres sont beaucoup plus élevés que dans les années précédentes. Aucun doute. Par exemple, plus de 800 animaux nous ont été remis ou confiés cette année seulement pour des raisons d’incapacité à s’en occuper. C’est une augmentation énorme par rapport aux années précédentes. Nous recevons probablement au moins sept à dix appels par jour de personnes qui souhaitent nous confier des animaux.

Roma : Quand avez-vous commencé à observer ce changement?

Sean : Eh bien, nous avions prévu un certain changement au début de la COVID. On se doutait bien qu’avec l’explosion de la demande d’animaux, il y aurait un jour ou l’autre un point de bascule. Plus tard, la situation a commencé à évoluer. Je dirais probablement vers septembre ou octobre de l’année dernière. Nous avons emménagé dans notre nouveau centre en janvier de cette année; à ce moment, nous nous occupions de 94 animaux. Il y a cinq ans, à la mi-janvier, nous avions peut-être 20 ou 30 animaux à notre charge, au maximum. Cela montre bien les problèmes de capacité que nous vivons. En fait, nous affichons complet depuis près de 11 mois maintenant.

Roma : Expliquez-moi à quelle fréquence, en moyenne, les finances sont l’une des principales raisons pour lesquelles les gens envisagent d’abandonner leur animal.

Sean : Bon. Je dirais sans hésiter que cela représente de 80 à 90 % du problème. Dans 80 à 90 % des appels que nous recevons, il y a un aspect financier, car la personne doit quitter son logement parce qu’elle ne peut plus payer le loyer ou l’hypothèque, ou qu’elle a dû prendre un deuxième emploi. Ainsi, le fait de ne pas être suffisamment à la maison pour cet animal est une autre cause qui est citée fréquemment. Mais il y a aussi le temps, et la capacité. Il peut aussi y avoir un changement d’emploi, le passage d’une situation de travail principalement à distance à un retour au bureau, ou d’une situation de travail à distance à un mode de travail hybride et où le maître ne plus passer autant de temps avec son animal. Vous savez, le travail change et la personne doit recommencer à se rendre sur son lieu de travail, alors qu’elle avait pu faire une grande partie de son travail de chez elle pendant ces deux années.

Roma : Avoir un chien, combien cela coûte-t-il par an? En moyenne, disons un chien de taille moyenne.

Sean : Bon. Oui. Vous devriez probablement prévoir un budget d’environ 5 000 à 6 000 dollars par an pour les soins de base.

Roma : Pouvez-vous me donner une idée de l’augmentation des coûts au cours des dernières années? Par exemple, parlons de la nourriture. Quelle est l’ampleur de l’augmentation?

Sean : Cela a augmenté, bien sûr. De manière exponentielle. Il s’agit là encore d’une question d’offre et de demande et c’est un problème dont je ne pense pas que nous nous soyons jamais complètement remis, dont certains de nos partenaires du secteur alimentaire ne se sont jamais vraiment remis, de la COVID et des problèmes de production associés à ce coût également, par exemple le coût du transport. Je vais prendre l’exemple des aliments humides. Dans le cas des aliments humides pour chiens et chats, certains ingrédients, et plus encore le processus de mise en boîte, et les matériaux requis pour ce processus, proviennent de l’étranger. Ainsi, le coût du transport de ces matériaux et le coût de mise en conserve ont fait grimper les coûts de manière exponentielle. Ensuite, il y a eu la demande de nourriture pendant la COVID, la forte augmentation du nombre d’animaux. Cette demande a augmenté de manière substantielle. Il a donc fallu augmenter le rythme de production ainsi que la main-d’œuvre. Tous ces coûts se sont donc répercutés sur le produit final. C’est la raison pour laquelle nous observons cette augmentation des coûts. Vous savez, il y a un an ou deux, vous achetiez un sac de nourriture pour chien. Prenons cet exemple. Vous pouviez probablement payer 60 ou 70 dollars pour un gros sac de nourriture pour chien. Aujourd’hui, ce même sac coûte entre 90 et 120 dollars.

Roma : Bon. Quels sont les autres coûts importants en dehors de l’alimentation? Je pense aux frais de vétérinaire. Les personnes avec lesquelles j’ai parlé ont toutes noté une très forte augmentation. S’agit-il d’une dépense importante pour les gens qui possèdent un chien?

Sean : Bien sûr. Oui. Il s’agit d’un enjeu très important auquel les personnes qui cherchent à adopter ou à avoir un animal de compagnie sont confrontées aujourd’hui. C’est certain. Le coût de ces soins a augmenté, de manière substantielle, mais je ne pourrais même pas chiffrer cette hausse. Mais elle a été exponentielle, ce qui est en grande partie lié à la production et, bien entendu, à l’augmentation du coût des médicaments et des vaccins. Il est donc évident que la demande pour nos vétérinaires a augmenté de façon exponentielle. Cela dépend du nombre d’animaux et du nombre de vétérinaires en exercice, et la demande pour leurs services continue à monter en flèche. Ces prix se répercutent donc sur l’utilisateur final, autrement dit le propriétaire de l’animal. Bon. Il s’agit donc sans aucun doute d’une situation difficile. Les soins vétérinaires et l’accès aux soins sont d’importants facteurs de dissuasion et de blocage, et constituent un véritable facteur de stress pour les propriétaires de maisons et d’animaux, surtout de nos jours.

Roma : Pensez-vous que les gens sous-estiment le coût d’un chien?

Sean : Bien sûr. Vous savez, je ne dirais pas que cela est vrai pour tout le monde. Mais il ne fait pas de doute que c’est quelque chose que les gens ne savent pas. Si on n’a pas fait de recherches, on ne se rend pas compte des coûts concrets associés à la possession d’un animal de compagnie, surtout un chien, avant d’y être directement confronté. Ce que nous essayons de faire à nos clients, c’est de les aider à comprendre les besoins sociaux de la race de l’animal qui est adopté. Quel genre d’attention allez-vous devoir lui accorder? Dans quelle mesure l’animal sera-t-il actif? Va-t-il passer sa journée sur le canapé? Y a-t-il des problèmes éventuels de maladie à long terme pour cette race? Quel est le risque de grosses factures de vétérinaire, dont les gens ne sont pas forcément conscients? L’éducation sur ce sujet est un aspect important de notre activité, parce que l’achat ou l’adoption d’un animal doit se faire en toute connaissance de cause. Il y a encore des cas où des gens achètent des animaux sur des sites Internet, par exemple. Sans avoir aucune idée, parce que c’est un chiot tout mignon et tout doux, sans vraiment comprendre quels seront les besoins de cet animal lorsqu’il aura six mois, un an ou cinq ans. Bon.

Roma : Sean? Si quelqu’un a un chien et a dû mal à en assumer le coût, quel conseil lui donneriez-vous?

Sean : Ce qu’il faut faire, évidemment, c’est contacter votre société locale de protection des animaux ou de sauvetage pour vous informer sur les solutions offertes. Est-il possible de faire quelque chose? Vous savez, en ce moment, il y a beaucoup de possibilités liées aux banques alimentaires pour animaux. Il y a des possibilités et des ressources pour obtenir de la nourriture subventionnée ou gratuite, des soins médicaux, des soins de bien-être, entre autres. Ainsi, selon votre région, vous avez la possibilité de faire des recherches, de voir s’il y a des possibilités d’aide peu coûteuses, abordables ou accessibles dans ce domaine. Ils peuvent aussi discuter avec des gens. Et s’ils traversent une période difficile et ont besoin d’un peu de soutien et d’aide, il y a des gens qui sont là pour les aider.

Roma : Après la pause, nous allons écouter une invitée qui a obtenu plus que ce à quoi elle s’attendait lorsqu’elle a acheté un chiot pendant la pandémie.

Aron : Je m’appelle Aron. Je vis actuellement à Winnipeg, au Manitoba, et j’ai 26 ans.

Rob : Aron était étudiante à plein temps en art dramatique à Toronto au moment des confinements au printemps 2020.

Aron : Je vivais à Toronto. J’avais des colocataires, c’était sympa. Je me suis dit : pourquoi ne pas trouver un chien? J’avais déjà eu un chien, j’en voulais un autre. C’était le moment idéal parce que l’école était fermée et que tout le monde était en congé. J’étais donc tout le temps à la maison. Je me suis donc dit que j’avais le temps de m’occuper d’un chiot et de l’élever.

Rob : Acheter un chien a été une décision spontanée. Elle l’a trouvé sur Kijiji.

Aron : J’étais sur une page d’accueil et j’ai posté un message disant que je cherchais un petit chien, je ne me souciais pas vraiment de sa race à l’époque. Tout ce que je voulais, c’était un chien, c’était tout. Je n’ai pas vraiment fait de recherches, ou quoi que ce soit d’autre, j’ai juste posté ma demande, et quelqu’un a répondu : « J’ai un chien que je cherche à replacer. » J’ai dit, d’accord, je viens voir le chien, je veux le voir. Et je l’ai pris pour le ramener à la maison. Dès que je l’ai vu. C’est un peu un mélange de Poméranien et de Corgi. Il est agréable à regarder. En fait, il est vraiment mignon. Il s’est approché de moi et il m’a embrassée. Je me suis dit que je m’engageais dans quelque chose parce qu’il était un peu fou.

Rob : Aron a appelé son nouveau chiot de six mois Mawzi.

Aron : Les premiers jours ont été... ils ont été très difficiles, en fait, parce que je n’avais pas réalisé à quel point il y avait des problèmes. Je crois que cela fait partie de sa génétique, de sa race. C’est sa race, mais c’est aussi l’endroit d’où il vient. Il venait d’un mauvais éleveur, et son comportement n’était pas optimal. Il vivait de l’anxiété de séparation. C’était vraiment terrible. Chaque fois que je partais, il recommençait. Il était complètement angoissé, et il n’était pas très à l’aise avec de la compagnie. Il était agressif avec les autres chiens, et parfois aussi avec les humains. Si quelqu’un essayait de le caresser, il pouvait devenir agressif. Pas dès que je l’ai eu. Mais un mois ou deux plus tard, cela a commencé à être évident de plus en plus souvent. Il avait beaucoup de mauvais comportements.

Rob : Et beaucoup de dépenses initiales imprévues.

Aron : Il n’avait pas été opéré, alors j’ai dû le faire faire, et ça a été vraiment ridicule. Et vaccination m’a coûté environ 900 dollars. Il n’avait jamais été vacciné. Son propriétaire précédent ne s’était jamais vraiment occupé de lui. Par exemple, il ne l’avait pas fait vacciner, alors qu’il était censé recevoir son troisième vaccin. Et le chien avait déjà six mois. Il aurait dû être vacciné. J’ai donc dû lui faire faire tous ses vaccins, les rappels et tout le reste, et cela m’a coûté quelques centaines de dollars. Ensuite, je l’ai inscrit à des cours de dressage. Deux fois. Cela m’a coûté près de 2 000 dollars. Le chien lui-même avait coûté environ 400 dollars. Cela fait beaucoup d’argent. Il y a eu beaucoup de choses à payer. Je pense que c’est tout. Et bien sûr, les visites chez le vétérinaire chaque année pour ses vaccins.

Rob : Le dressage a été une dépense importante. Il est devenu évident que Mawzi avait besoin d’aide quand sa maîtresse a commencé à s’absenter de chez elle pendant de plus longues périodes.

Aron : J’ai commencé une formation pour une entreprise, j’ai été partie environ 8 heures. Et le chien était en train de devenir fou. Il n’a vraiment pas aimé ça. J’ai trouvé une note sur ma porte, c’était pratiquement une plainte pour le bruit. Cela m’a motivée à le faire dresser. J’ai attendu un an et demi, et après cela, ça a été le coup de grâce. Donc, après le dressage, j’ai été en mesure de partir. Et les choses se sont améliorées petit à petit.

Rob : Pourtant, elle a parfois remis en question sa décision d’acheter un chien.

Aron : Parfois, je me disais : Mon Dieu, je pense qu’il serait vraiment plus facile de lui trouver un autre foyer, c’est tellement dur. Mais je ne pouvais pas faire ça. Je vais y arriver. J’aimerais plutôt faire tout mon possible pour le garder, même maintenant. Parfois, c’est beaucoup de travail. Quand je reçois du monde, il est agressif. Et je suis enceinte, alors ce n’est pas évident. Il est agressif. Ce n’est pas un chien très bien élevé, même avec tout ce dressage. Mais je ne pouvais pas tout simplement m’en débarrasser. Il y a toujours des moyens de gérer la situation.

Rob : Depuis qu’elle a eu Mawzi, Aron a vécu plusieurs changements importants dans sa vie. Elle a rencontré son mari, s’est installée à Winnipeg, a acheté une maison et a commencé à travailler dans le domaine de la garde d’enfants. Mais les changements et les difficultés financières inattendues n’ont pas émoussé son désir d’avoir un chien.

Aron : Nous avons eu un autre chien il y a quelques mois, et encore une fois, je me suis dit : Oh, il est petit. Il ne me coûtera pas aussi cher. Et puis, avec le dressage, avec la nourriture pour deux chiens, c’est évidemment deux fois plus d’argent. Je n’y avais pas pensé la première fois. Maintenant, nous devons acheter un très grand sac. Alors oui, c’est beaucoup d’argent, surtout au début.

Rob : Son nouveau chien s’appelle Wishbone. Cette fois, elle est mieux préparée financièrement.

Aron : J’ai un compte d’épargne d’urgence pour le chien. Une fois que j’ai été payée sur mon compte courant, une petite somme est versée dans mon compte d’urgence. Au bout d’un certain temps, j’y aurai mis 1 000 ou 1 500 dollars. Si nous avons une dépense élevée pour les chiens, c’est là que nous prendrons l’argent.

Rob : Wishbone vient des services vétérinaires. Il a lui aussi des problèmes de comportement. Aron a donc du mal à trouver des promeneurs de chiens ou des gens pour s’occuper de ses chiens quand elle veut s’absenter. Les voyages sont particulièrement difficiles. Mais y a-t-il quelque chose de positif? Les années passées avec ses chiens l’emportent sur les difficultés.

Aron : De l’amour, de l’affection, il y a toujours quelqu’un qui est là pour moi. Avoir de la compagnie. Je ne peux pas me passer d’eux. Je ne peux pas vivre sans mes chiens. Une fois qu’on a eu un chien, il est difficile de s’en passer. Les chiens sont vraiment... Ils apportent tellement de joie dans la maison, la plupart du temps.

Rob : Cela dit, elle a quelques conseils à donner aux éventuels propriétaires de chien.

Aron : Je dirais qu’il faut faire plus de recherches sur les races, pour savoir quel type de chien correspond à votre mode de vie. Mais aussi, si vous êtes prêt à vous occuper d’un cas plus difficile, faites-le parce qu’il y a beaucoup de chiens qui ont besoin d’un foyer et qui sont euthanasiés. Je ne sais pas. C’est difficile à dire. J’aurais dû faire plus de recherches sur les différents types de races, leurs caractéristiques, leur génétique et l’origine des chiens. Faites un peu plus de recherches à ce sujet et préparez-vous à dépenser beaucoup plus d’argent que vous ne le pensez.

Rob : Notre prochaine invitée a fait beaucoup de recherches avant d’acheter son chien. Mais cela ne veut pas dire que tout a été facile par la suite.

Preston : Je m’appelle Preston. J’aurai 21 ans dans un mois, et je vis à Ottawa. Je suis étudiante à l’université Carleton.

Rob : Preston a eu son chien, Phineas, au printemps dernier.

Preston : Cela ne fait donc que six mois qu’il est avec nous. C’est un teckel à poil dur. Un petit chien saucisse, mais avec une barbe. Il est atteint du syndrome de Benjamin Button. Tout le monde pense qu’il est vieux, mais en réalité il a neuf ou dix mois. Ça n’a vraiment pas été une décision irréfléchie. J’avais fait des recherches sur l’éleveur pendant la première année du COVID, et je m’étais inscrite pour être informée de leurs portées pour que, lorsque j’aurais la capacité financière d’avoir un chien, j’aurais déjà de l’information sur les portées disponibles et je pourrais contacter l’éleveur. Cela a donc été spontané dans une certaine mesure. J’ai vu qu’il y avait une portée, et je me suis dit que je pouvais le faire maintenant. J’ai immédiatement envoyé un courriel pour pouvoir verser un dépôt et j’en ai parlé à tous mes proches en leur disant que j’allais avoir un chiot. Tout le monde a été choqué, mais pas choqué en même temps.

Rob : Les chiens jouent un rôle important dans la vie de Preston.

Preston : Tout le monde autour de moi m’a soutenue, mais ne m’a pas forcément encouragée. Beaucoup de gens m’ont expliqué pourquoi c’était une mauvaise idée. Mais en fin de compte, personne ne m’a jugée ni ne m’a fait honte. Tout le monde a compris pourquoi je voulais un chien, et tout le monde savait que je ne laisserais pas tomber mon chien. Je pense que tout le monde s’est dit : Tu es jeune, tu vas manquer rater des occasions de t’amuser. Tout le monde a parlé des voyages. J’ai répondu que je ne voyageais pas. Vous m’avez déjà vu voyager? On ne peut pas dire que ce chien va changer mes habitudes de voyage. Cela fait quatre ans que je n’ai pas quitté le pays. Il y avait donc beaucoup de remarques concernant mon jeune âge, mais pas le fait que je n’étais pas prête.

Rob : Elle a choisi un petit chien parce qu’elle vit dans un petit appartement avec trois autres personnes.

Preston : J’ai acheté Phineas. Cela m’a coûté en tout 2 200 $. Je savais que cela coûtait plus cher que l’adoption, mais les organismes qui recueillent les animaux refusent souvent de laisser les étudiants adopter. Si vous vivez dans un appartement, si vous n’avez pas de jardin clôturé. Et c’est normal. Je suis d’accord avec cela. Il faut certaines ressources pour que les agences d’adoption se sentent à l’aise pour confier leurs chiens à un foyer. Je savais donc que je devais m’adresser à un éleveur parce que j’étais étudiante et que j’avais un petit espace de vie.

Rob : Elle a décidé d’adopter un chiot plutôt qu’un chien adulte, même si elle savait que cela lui coûterait plus cher.

Preston : Oui, un chiot, c’est vraiment beaucoup plus cher qu’un chien adulte. Je le savais avant de me lancer. Il faut dire que j’ai une certaine expérience en qui concerne les chiens. Mais c’est la première fois que j’ai un chiot. J’ai donc dépensé beaucoup d’argent. J’ai dépensé beaucoup d’argent depuis que j’ai mon chien, soit six mois. Jusqu’à présent, j’ai dépensé 6 600 dollars. Toutes les dépenses ou presque sont des frais de vétérinaire. Ce sont les vaccins, qui ne coûtent pas vraiment cher à la base. Mais il y a aussi des vaccins facultatifs. Je voulais pouvoir emmener mon chien dans les buissons, dans le nord de l’Ontario, où vit ma famille, sans avoir à me soucier des tiques et autres. J’ai donc dû me résigner à accepter. Cela s’ajoute à la stérilisation qui, elle aussi, est facultative. On n’est pas obligé de faire stériliser son chien. Je voulais le faire, et c’est de loin le coût le plus important jusqu’à présent. Mais sinon, oui, il y a l’histoire de la caisse. Et même d’un sac de transport pour lui, car il est trop petit pour être dans la voiture. Tout cela s’accumule, avec en plus la nourriture. J’ai pris un petit chien parce que je savais que cela coûtait moins cher à long terme, avec moins de nourriture, moins de temps passé à faire de l’exercice, donc moins d’argent et moins de temps. Plus j’ai du temps pour travailler pour gagner l’argent nécessaire pour payer sa nourriture, mieux ce sera. Donc, ma situation de logement convient à un petit chien. C’est surtout parce que j’ai un budget d’étudiant que j’ai opté pour un petit chien. Je n’ai donc rien dépensé pour sa nourriture au cours des six derniers mois. En tout, j’ai très peu dépensé pour la nourriture. Ce sont vraiment les factures de vétérinaire qui s’accumulent.

Rob : Le coût le plus important, cependant, a été son temps. Preston était étudiante à temps plein et avait un emploi à distance à temps partiel quand elle a eu Phineas, mais elle a quitté cet emploi deux mois et demi après l’avoir ramené à la maison.

Preston : Lorsque vous adoptez un chiot, beaucoup de mamans vont m’en vouloir, cela ressemble beaucoup au manque de sommeil que l’on vit lorsqu’on devient parent d’un enfant humain. Vous ne dormez pas beaucoup la nuit et vous êtes constamment sur les nerfs parce que vous êtes frustrée à cause du chien, mais vous ne vous défoulez pas sur lui parce qu’il ne peut évidemment rien savoir. Mais vous aimeriez qu’il comprenne ce que vous dites quand il fait pipi partout ou qu’il essaie de manger vos chaussures. Ainsi, vous avez beaucoup moins d’énergie pour votre travail de neuf à cinq. Avec le recul, je ne suis pas étonnée d’avoir quitté mon emploi deux mois et demi après avoir eu un chiot. Je n’avais plus la force d’aller à l’école, de travailler et d’être la maman d’un enfant. Ça a l’air dramatique. Je sais. Je connais beaucoup de gens qui se moquent d’elle, ses parents par exemple. Mais un chiot, c’est vraiment beaucoup de travail. Donc, si vous n’avez pas l’énergie ou la force mentale, ce qui est mon cas, car je n’avais vraiment pas la force mentale d’aller au travail et à l’école et d’avoir un chiot. J’ai la chance d’avoir suffisamment d’économies grâce à mon emploi précédent pour pouvoir me permettre de démissionner. Mais si vous n’avez pas assez d’argent, c’est autre chose. Si jamais vous étiez confronté à un problème de santé mentale ou autre, en tant qu’être humain, si vous ne pouviez pas quitter votre travail parce que vous avez une personne à charge. Cela fait beaucoup. Je ne sais pas comment les gens font pour travailler et élever un chiot.

Rob : Maintenant que Phineas a presque un an, elle se sent prête à reprendre le travail. Elle donne également des conseils à ceux qui envisagent d’adopter un chien.

Preston : Pour les jeunes qui envisagent d’adopter un chien, la race a son importance. Je conseille vivement aux gens de ne pas opter pour une race qu’ils trouvent mignonne sans se poser de questions. Supposons que vous ayez grandi avec un chien d’une certaine race, sauf si ce chien était un mauvais chien et si vous n’arriviez à rien faire avec lui. Je vous conseille d’opter pour un animal d’une race similaire parce que vous avez de l’expérience avec cette race. Mais supposons que vous vous sentiez à l’aise avec n’importe quelle race. Je vous suggère d’acheter un chien plus petit. J’ai toujours eu des chiens assez grands. J’aime les grands chiens. Je n’aurais jamais cru pouvoir aimer un petit chien, mais ils ont vraiment une personnalité. Comme le mien d’ailleurs. Il pense qu’il a la taille d’un berger allemand. Ce n’est évidemment pas le cas, mais il le croit parce que je le traite comme s’il était grand. Je vous suggère de ménager votre portefeuille. Vous allez adorer votre chien. Dans tous les cas, préférez un petit chien moins cher qu’un bouvier bernois, par exemple. Choisissez un chien moins énergique. Ne prenez pas un berger belge. En tout cas, pas un berger belge mâle. Vous n’avez pas assez de temps pour vous occuper d’un chien de ce genre. Vous ne voulez pas avoir à dresser un berger australien. Vous n’avez pas le temps. Vous n’avez sans doute pas non plus un jardin assez grand pour ce type de chien.

Rob : Plus important encore, elle encourage les gens à tenir compte de leur mode de vie.

Preston : J’aime l’aventure, mais je ne suis pas du genre à me dresser une liste de choses à faire. Je me contente tout à fait de passer mes journées à la maison. J’aime ma routine. J’aime me détendre. Je ne voyage pas souvent, probablement parce que je sais que financièrement, cela finit par coûter cher à long terme. Je connais beaucoup de gens de mon âge qui aiment partir en voyage chaque année. Ils économisent l’argent qu’ils gagnent avec leur emploi à temps partiel, puis ils font une folie. Je dirais qu’au cours des cinq prochaines années, en continuant à ce rythme, cela coûte aussi cher qu’avoir un chien. Cela dépend vraiment de votre mode de vie, de ce que vous voulez faire. Tout cela permet de déterminer si vous avez les moyens d’avoir un chien à 24 ans. Pour quelqu’un qui aime sortir de la ville toutes les fins de semaine, ce n’est sans doute pas une très bonne idée. Une activité se fera au détriment de l’autre, et le coût du chien augmentera. Si vous ne consacrez pas à votre chiot le temps et l’attention dont il a besoin pour acquérir de bonnes habitudes, le chien aura probablement des problèmes, par exemple de destruction. Maintenant que vous remplacez vos chaussures ou que vous emmenez votre chien chez le vétérinaire parce que les gens ont très vite une idée de ce à quoi la jeunesse est censée ressembler, de ce à quoi un ou une jeune adulte devrait ressembler. Mais si les gens veulent que je dépense mon argent pour un voyage à Hawaï ou pour sortir dans les bars toutes les fins de semaine, je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas dépenser mon argent pour un chien et rester à la maison. Je pars du principe que je ne vais pas me réveiller un jour et décider que j’ai soudain de nouvelles habitudes de consommation. Donc, cela coûte en effet très cher. Je n’essaie pas de minimiser ce que coûte un chien, et je n’essaie évidemment pas d’imiter Kim Kardashian en disant : « Lève-toi et va travailler. » N’importe qui peut le faire. Mais si vous voulez avoir un chien, j’espère seulement que vous avez vraiment les habitudes qui vont avec ce choix et que vous ne négligerez votre chien d’aucune manière. Vous ne devez pas non plus vous négliger dans ce processus. Vous devez être en mesure de vous occuper de vous et de votre chien, en même temps.

Rob : Nous savons qu’avoir un chien, c’est comme ajouter un nouveau membre à la famille. Le coût peut en valoir la peine, mais il faut bien réfléchir avant d’adopter ou d’acheter. Vous devez établir un plan détaillé, tant pour les coûts initiaux et continus que pour votre temps.

Roma : Pour les éléments à retenir d’aujourd’hui, nous nous adressons à Don Hutton, propriétaire de Running Dogs, Training and Behavior, et nous lui posons quelques questions auxquelles les nouveaux propriétaires de chiens devraient réfléchir. Un : Devrais-je prendre un chiot ou un chien plus âgé?

Don : Je pense que les deux options sont tout à fait valables. J’ai adopté beaucoup de chiens âgés et j’ai trouvé que c’était vraiment merveilleux et amusant, mais aussi vraiment facile. Bien souvent, les chiens âgés ont envie de paresser. Plus le chien est jeune, plus il est actif et plus il faut être à l’écoute de ses besoins. Le faire sortir pour qu’il prenne l’air et fasse de l’exercice. Les chiens plus jeunes ont aussi tendance à être d’humeur changeante. Vous savez, en général, la période la plus difficile de votre vie avec un chien, si vous optez pour un chiot, c’est la période d’un à trois ans où votre chiot sera semblable à un adolescent humain. C’est la période où il peut être vraiment très remuant.

Roma : Deux : Gros chien ou petit chien?

Don : En général, les petits chiens coûtent beaucoup moins cher à nourrir. Il peut être six fois plus coûteux de nourrir un gros chien qu’un petit. L’éventail des possibilités est assez large. Il y a des gens qui pensent que je suis une personne qui aime les gros chiens, et d’ailleurs, j’aurais dit ça il y a des années, mais il y a beaucoup d’avantages à avoir un chien qui pèse moins de 30 livres. J’ai un petit shiatsu. Et j’ai aussi un husky qui pèse 80 livres. J’avais un autre husky et, quand je quittais la ville, je me disais parfois que je ne pouvais pas le laisser à la maison. J’avais deux huskies à l’arrière de la voiture. C’était vraiment très peu commode.

Roma : Et enfin, il y a l’assurance pour animaux de compagnie. Vous savez?

Don : J’ai une assurance, et j’ai opté pour un produit haut de gamme. En bref, je pense que je recommanderais un forfait de base, qui peut vous sauver la mise en dernier recours, car c’est terrible de devoir se dire qu’on n’a pas assez d’argent pour prolonger la vie de son animal malade. C’est un affreux dilemme. Et c’est ce que l’assurance peut vous éviter.

Rob : Merci d’avoir écouté cet épisode de Test de résistance. Cette émission a été produite par Kyle Fulton, Anna Stafford et Emily Jackson. Notre productrice exécutive est Alisha Sanni. Merci à Sean, Aron et Preston de nous avoir raconté leurs histoires.

Roma : Vous pouvez trouver Test de résistance (Stress Test en anglais) partout où vous écoutez des balados. Si vous avez aimé cet épisode, donnez-nous cinq étoiles et faites-le connaître à vos amis.

Don : Dans la prochaine édition de Test de résistance, nous nous pencherons sur les articles sur les finances personnelles qui ont marqué l’année 2023 et nous nous entretiendrons avec les journalistes du Globe qui les ont écrits. Nous parlerons des salaires de 100 000 dollars, des espoirs déçus de baisse des taux hypothécaires et des véhicules électriques. Et nous verrons pourquoi ces articles continueront à être importants l’année prochaine.

Roma : En attendant, retrouvez-nous sur le site du Globe and Mail. Merci à tous de nous avoir écoutés.

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