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You had your best-laid plans and then COVID-19 came along and hammered the entire economy. But you’ve got this – if you have the right information. Join Rob Carrick and Roma Luciw on Stress Test, a podcast guiding you through one of the biggest challenges your finances will ever face.

ROB : Voici le dilemme : le marché immobilier est en surchauffe là où vous vivez, mais vous voulez quand même acheter une maison. Il y a beaucoup de gens dans cette situation.

ROMA : Nous avons assisté à une explosion du nombre de Canadiens qui quittent la grande ville à la recherche d’un logement. Et je peux vous le dire, ils quittent vraiment la ville.

ROB : Aujourd’hui, nous allons découvrir ce qui peut se passer quand on sort des sentiers battus à la recherche d’une maison abordable.

[MUSIQUE]

ROMA : Bienvenue à Test de résistance, une série de balados du Globe and Mail qui étudie la façon dont la pandémie a transformé les règles des finances personnelles pour les membres de la génération Z et les milléniaux. Je suis Roma Luciw, rédactrice en chef de la rubrique des finances personnelles du Globe and Mail.

ROB : Et je m’appelle Rob Carrick, je suis chroniqueur en finances personnelles au Globe and Mail.

ROMA : Bon. Rob! Nous parlons donc à nouveau de logement, et ce n’est pas une surprise. En ce moment, tout le monde ne parle que vaccins, pandémie et immobilier.

ROB : Et pour cause : c’est le sujet financier de la décennie… même si nous sommes vraiment tôt dans la décennie, je fais cette prédiction très audacieuse. Le prix de l’immobilier a explosé. Que font les gens qui ne peuvent pas se permettre de vivre dans la ville de leur choix? Ils cherchent ailleurs. Cela fait des années que j’écris que le marché est abordable à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, et personne ne s’en est soucié jusqu’à ce que la pandémie fasse grimper les prix des maisons en ville. Et maintenant, tout d’un coup, des villes comme Saint-Jean ou Yarmouth, en Nouvelle-Écosse, et beaucoup de petites villes à l’extérieur de Toronto, sont en pleine effervescence. Les gens découvrent que l’on peut y trouver une maison abordable. C’est l’un des événements les plus surprenants de la pandémie : l’augmentation considérable de l’immobilier dans les petites villes. Cela vous a-t-il surprise, Roma?

ROMA : Surprise? Estomaquée, oui! Voilà! Je suis ravie d’avoir pu utiliser ce mot. Mais je suis totalement d’accord avec vous. Le grand sujet de cette pandémie, ça a été le débordement du marché du logement jusque dans les petites villes, les villages, les campagnes qui voient une sorte de folie frénétique d’enchères, d’offres multiples, de prix qui montent en flèche, une frénésie d’acheteurs, tout cela, bien sûr, parce que tout le monde veut être propriétaire. Nous observons donc un nombre record de jeunes qui quittent les grandes villes. Pouvez-vous nous indiquer où ils vont, Rob?

ROB : Eh bien, autrefois, si vous ne pouviez pas vous permettre d’acheter à Toronto, vous déménagiez à Hamilton, ville qui, pour ceux qui ne connaissent pas, est située à une heure de route environ de Toronto, ou plutôt à quatre heures dans la circulation habituelle de l’heure de pointe. Mais maintenant, il faut aller beaucoup plus loin. Toronto est l’un des marchés les plus actifs. Si vous prenez l’autoroute 401 vers l’est, si vous regardez les prix des maisons dans les villes que vous traversez, vous constaterez qu’ils augmentent comme jamais : 20, 30, 40 % même sur une base annuelle. Des endroits comme Gananoque, Kingston, Alexandria, partout! C’est du jamais vu! Il y a aussi beaucoup de gens qui partent vers les Maritimes. Ils y découvrent une belle qualité de vie et des logements très abordables. L’argent de l’Ontario a découvert les Maritimes et, depuis, il s’y précipite.

ROMA : Nous avons voulu en savoir plus sur les endroits où les gens déménagent et sur les raisons de leur départ. Nous avons lancé un appel dans votre bulletin, Carrick On Money. La réaction a été incroyable : plus de 800 personnes ont répondu pour nous expliquer ce qui se passe, de leur point de vue, sur le marché du logement. Parmi eux, 75 % avaient déjà quitté la grande ville pour acheter une maison ou un appartement moins cher pendant la pandémie. Beaucoup d’entre eux vivaient dans des endroits comme Toronto et Vancouver, et avaient déménagé dans des villes plus petites comme Scugog, Kanata, Cobourg, West Kelowna, Gatineau. Des réponses très variées. Qu’est-ce qui vous a frappé dans cette enquête, Rob?

ROB : Cette situation est étonnante. Vous savez, j’ai découvert une chose, et j’ai grandi à Toronto, beaucoup de mes amis et de membres de ma famille vivent à Toronto : les gens de Toronto n’aiment pas déménager en dehors de Toronto. Les gens de Toronto aiment Toronto, mais ils n’aiment pas le marché immobilier de Toronto. Mais soudain, la lumière s’est allumée et ils sont devenus ouverts. Et d’où venaient les gens qui ont participé à notre enquête? De Toronto et de Vancouver. Les gens se demandent ce qu’ils peuvent faire contre le logement cher. La première chose, c’est qu’ils peuvent déménager dans un endroit moins cher. Et la pandémie a permis cela car tout le monde ou presque a pu travailler à domicile. Dans notre sondage, 84 % des répondants ont déclaré avoir conservé leur emploi après leur déménagement et travailler à distance. En fait, la pandémie a ouvert la voie. La question que je me pose est la suivante : après la pandémie, serons-nous tous en mesure de continuer à faire du télétravail? J’espère que les gens y ont réfléchi avant de prendre leur décision.

ROMA : En effet! Nous allons surveiller l’évolution de la situation. Une autre chose m’a vraiment frappée : nous avons demandé aux répondants qui avaient déménagé ce qu’ils n’appréciaient pas de leur nouveau lieu de résidence. Certains ont parlé de la distance par rapport à la famille et aux amis, du manque de choses à faire, de l’attitude négative envers les nouveaux arrivants et de l’obligation de prendre la voiture pour tout faire. Mais ils ont aussi énuméré un grand nombre de choses qu’ils apprécient vraiment : plus d’espace, meilleure qualité de vie, plus de calme. Le fait d’être plus proche de la nature revient souvent, comme l’amélioration du style de vie, la réduction du trafic et le calme. Je pense que tous ces aspects sont très pertinents pour ceux d’entre nous qui sont encore coincés dans leur maison.

ROB : Je crois qu’il faudra attendre 12 mois pour savoir si tout a bien fonctionné, quand les gens auront eu pu vivre leur nouvelle ville pendant une année complète. Mais pour l’instant, je pense que c’est l’une des choses les plus intéressantes en immobilier. C’est une solution créative, dynamique et rationnelle au problème du logement inabordable. Et c’est formidable de voir que les gens font preuve d’ouverture d’esprit et profitent du fait que nous avons un pays immense, avec plein d’endroits où vivre qui sont moins chers que les grandes villes.

ROMA : Oui, faites votre propre vie et bâtissez votre nouvelle maison de rêve ailleurs.

ROB : Nous avons décidé de nous informer directement auprès de quelqu’un qui a déménagé de Toronto à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick. Jordan Owens est dans la trentaine. Il a une jeune famille et une carrière et aime la nouveauté. Lorsque Jordan, sa conjointe et leur fille ont déménagé de Toronto à Saint-Jean, ils ont tout documenté pour leur chaîne YouTube.

ROMA : Ils ont l’habitude de présenter tous les détails, et c’est ce que Jordan fait aujourd’hui avec nous. Nous y venons tout de suite après la pause.

PRÉ-LANCEMENT : Cette baladodiffusion vous est présentée par Investissements RPC. Vous pouvez être rassuré, le Régime de pensions du Canada est là pour vous. Nous investissons pour garantir que le RPC demeurera solide, durable et sûr, à long terme, pour des millions de Canadiens. Pour en savoir plus, consultez le site investissementsrpc.com.

[JORDAN OWENS SUR YOUTUBE]

Salut les amis, et bienvenue à une nouvelle vidéo.

JORDAN : Mon nom est Jordan Owens, j’ai 34 ans.

[JORDAN OWENS SUR YOUTUBE]

Dans cette vidéo, nous allons explorer Saint-Jean et montrer tout ce que cette ville a à offrir...

ROB : Vous êtes à Saint-Jean, j’ai hâte de savoir comment et pourquoi. Parce que Saint-Jean est depuis environ deux ans, selon moi, l’exemple même de ville à laquelle les gens de Toronto devraient s’intéresser. Parlez-nous un peu plus de ce que vous faites et expliquez-nous si le fait de vivre à Saint-Jean ne vous pose pas problème?

JORDAN : Oui, je travaille principalement en ligne. Je suis une personne très sociale. J’aime donc établir des relations en personne avec les gens. La COVID-19 a bouleversé tout cela. Heureusement, j’ai pu trouver une voie qui me permet de travailler en ligne. C’est une nouvelle carrière pour moi. Cela fait environ deux ans. Avant, j’ai été joueur de hockey professionnel pendant 12 ans. C’est donc un peu une phase de transition, comme j’aime le dire. En quittant le hockey, je savais que je voulais trouver quelque chose qui me permettrait de maintenir le même style de vie qu’avant. Je suis un accro des voyages, j’aime l’aventure, c’est dans mes gênes. Je n’aime pas faire la même chose tout le temps.

ROB : Jordan, avant que nous entamions notre conversation, je vous ai cherché sur le site Web Hockey DB, qui pour ceux qui ne le savent pas, contient toutes les statistiques de hockey existantes. Si vous êtes un vrai fan de hockey, vous avez certainement déjà passé du temps sur ce site. J’ai vu que vous avez eu une carrière vraiment intéressante et que vous avez joué dans beaucoup de villes européennes. Pouvez-vous récapituler dans quelles villes vous avez joué?

JORDAN : Bien sûr. J’ai commencé ma carrière en Amérique du Nord. J’ai signé avec les Rangers de New York en 2009. J’avais le rêve de jouer dans la LNH. Malheureusement pour moi, je n’ai pas réussi à aller jusqu’au bout, à part une poignée de matchs de présaison dans cette ligue. Mais après cela, j’ai poursuivi ma carrière en Europe. J’ai commencé au Danemark. C’était la première fois que je mettais les pieds en Europe. Ça, a changé ma vie. J’ai tout de suite été séduit par l’attrait de la vie à l’étranger et par l’expérience de ces différents endroits que le hockey m’a offerte. J’ai vraiment eu beaucoup de chance. J’ai pu jouer en Italie pendant une saison. Ensuite, j’ai passé trois ans en Allemagne, et c’est là que ma fille est née. Nous garderons donc toujours de pays dans notre cœur.

ROB : Je vois que vous avez vécu et joué dans différentes villes. Est-ce un signe de votre ouverture d’esprit face à la possibilité de travailler et de vivre dans différents endroits et de vivre des expériences différentes? Je pose cette question parce que beaucoup de gens qui vivent à Toronto, aiment Toronto, et ne veulent pas vraiment en partir.

JORDAN : Honnêtement, je ne les blâme pas. J’aime Toronto, moi aussi. J’aime vraiment cette ville. Si je gagnais des millions de dollars en jouant au hockey professionnel, ce qui n’est pas le cas, nous y habiterions, je pense. Nous serions à Toronto si l’argent n’était pas un facteur. Mais nous devons gagner de l’argent. Et la vie à Toronto coûte très, très cher. C’est donc ce qui nous a amenés ici.

ROB : Parlez-moi de l’endroit où vous viviez au début de la pandémie.

JORDAN : Nous étions à Toronto. C’était ma première année après le hockey. Je travaillais comme développeur pour une entreprise en démarrage de Toronto. Les choses allaient plutôt bien. Nous vivions dans ce que nous pensions être un endroit génial. C’était l’appartement le moins cher que nous avions trouvé. Il me fallait tout de même 50 minutes pour aller au centre-ville. C’est vraiment fou. C’était un appartement situé au bas de l’immeuble, mais le loyer était de 1 600 $. Puis, en mars, la COVID-19 est arrivée et j’ai commencé à travailler à la maison. Évidemment, il n’y avait qu’une chambre. Et oui, c’est devenu un peu difficile d’avoir un enfant qui courait partout en arrière-plan pendant que je travaillais dans le salon. Les parcs étaient fermés, tout était fermé. Ma femme et moi nous sommes regardés, et nous nous sommes dit qu’avec la belle saison qui approchait, nous ne voulions pas être coincés dans ce petit appartement. Nous devions faire un changement.

ROB : Parlez-moi de votre état d’esprit à ce moment. Vous réalisez qu’un changement est nécessaire. Et ensuite, vous vous demandez où vous allez vivre. Quel a été votre processus de réflexion, pour votre épouse et vous?

JORDAN : Mmhmm… Ça a été un moment difficile. Comme je ne gagnais pas beaucoup d’argent, je ne pouvais pas demander de prêt hypothécaire, même si j’avais de bonnes économies. Tout mon argent était investi, mais je pouvais y accéder à tout moment. C’était dur de ne pas pouvoir obtenir de prêt hypothécaire. Nous ne voulions pas louer à Toronto, nous ne voulions pas louer n’importe quoi. En réalité, nous voulions acheter une maison et il n’y avait pas beaucoup de possibilités pour nous.

ROB : Comment avez-vous fini par jeter votre dévolu sur Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick?

JORDAN : Oui, on nous pose souvent cette question. Il y a plusieurs raisons. Premièrement, nos meilleurs amis, qui habitaient juste à côté de chez nous à Toronto, ont déménagé ici, environ deux ou trois mois avant nous. La graine avait donc été semée. Nous voulions évidemment être proches d’eux. Et cela fait des années que ma mère a un œil sur le Canada atlantique, et sur Saint-Jean plus précisément. Donc, nous avions cette idée dans un coin de notre tête. Mais quand je cherchais sur realtor.ca, et cela a duré des mois, je cherchais partout au Canada. Je regardais les endroits les moins chers où nous pourrions vivre et qui répondaient à tous nos besoins, mais nous avons fini par trouver à Saint-Jean. J’ai fait une offre d’achat, avec paiement comptant, et nous avons obtenu la maison. Et nous y voilà!

ROB : Pouvez-vous nous donner une idée de l’aspect financier? Combien coûterait une maison qui vous conviendrait à Toronto? Et quel était le coût comparatif à Saint-Jean?

JORDAN : En fait, nous sommes très adaptables. Je pense que nous nous serions tous deux satisfaits d’un condo de deux chambres à Toronto. Mais bon, je pense qu’actuellement, ils coûtent entre 700 000 et 800 000 dollars? C’est évidemment tout à fait hors de notre gamme de prix. Alors qu’à Saint-Jean, nous avons acheté notre maison pour 99 000 dollars. Nous avons deux chambres à coucher. Nous l’avons agrandie par le haut, en quelque sorte. Nous avons rénové le grenier, et cela a ajouté une autre pièce. La différence de prix est donc énorme. Et cela correspondait vraiment à notre budget.

ROB : Mais revenons un peu en arrière. Vous avez dit que vous avez payé votre maison 99 000 dollars? Expliquez-nous.

JORDAN : Dans notre cas, nous ne pouvions pas obtenir de prêt hypothécaire, mais j’ai pu sortir un peu d’argent. Et nous avons acheté notre maison en payant comptant. Pas d’hypothèque à rembourser. Seulement les impôts fonciers. Et oui, c’était un peu effrayant de sortir une telle somme, mais en même temps, vous savez, vous ne la dépensez pas vraiment, vous vous contentez de transférer l’argent. Et vous savez, c’est vraiment une libération de ne pas avoir un énorme paiement hypothécaire à faire, mois après mois. Aucun doute.

ROB : Vous avez acheté une maison pour 100 000 dollars. Évidemment, la plupart des Canadiens n’ont pas pu imaginer faire une chose pareille, sans doute depuis les années 50. Pouvez-vous nous faire une petite visite virtuelle de votre maison? Décrivez votre quartier, la maison, le nombre de chambres à coucher, tout ça. Faites-nous la version parlée de l’annonce de realtor.ca.

JORDAN : D’accord! Alors, nous sommes situés à l’est de Saint-Jean. Nous sommes à environ cinq minutes du centre de la ville. C’est un quartier vraiment bien. Nous avons grandi à Niagara Falls et, pour ceux qui ne le savent pas, le haut de la ville, c’est le centre.

ROB : [RIRES]

JORDAN : Oui, c’est le centre-ville. Nous sommes tout près. Mais par rapport à là où nous avons grandi à Niagara Falls, le quartier du haut de la ville est nettement mieux. Notre quartier est super calme, il n’y a jamais de bruit. Il y a des enfants qui courent partout, ce qui est toujours agréable. Notre maison par contre, est sur une colline. Il y a des pentes partout et ce n’est pas facile de tondre le gazon. Je n’adore pas cela! À l’entrée de la maison, il y a un grand solarium que nous sommes en train de rénover. Puis, notre salon, avec un beau plancher de bois franc d’origine encore en très bon état, une chambre de taille correct à côté, et un petit couloir menant à ce qui est sans doute la plus grande cuisine que nous ayons jamais eue. Nous avons besoin d’une nouvelle salle de bains, et cette dépense ne pourra pas beaucoup attendre. Ce qui est super, c’est que nous avons accès au grenier à partir de l’une des chambres. Le grenier est donc facilement accessible, et c’est la première pièce que nous avons rénovée. Nous l’avons transformée en bureau. J’y suis assis en ce moment, et c’est mon endroit préféré. Vous savez, je suis un créateur, alors avoir à portée de main tout ce dont j’ai besoin, mon matériel photo, mon ordinateur, mon bureau, et toute l’inspiration dont j’ai besoin pour être à l’aise et créer, c’est un rêve devenu réalité, pour moi mais aussi pour ma femme.

PUBLICITÉ : Cette baladodiffusion vous est présentée par Investissements RPC. Chez Investissements RPC, nous ne perdons jamais le long terme de vue. Nous investissons pour assurer la sécurité financière de toutes les générations de Canadiens. Nous diversifions nos investissements entre les régions et les catégories d’actifs, de façon à tirer parti des meilleures occasions et à générer des rendements durables à long terme. Le fonds dépasse aujourd’hui les 400 milliards de dollars. Pour en savoir plus sur ce que nos investissements rapportent aux Canadiens, consultez le site Investissementsrpc.com. Com.

ROB :  Saint-Jean, c’est comment, pour la vie de tous les jours? En pensant à votre maison, comparativement à votre vie quotidienne à Toronto.

JORDAN : Oui, les choses bougent beaucoup plus lentement ici, et c’est loin d’être une mauvaise chose. Comme je l’ai dit, j’adore Toronto. J’aime l’énergie de la ville. J’étais toujours dehors, jamais à la maison. Donc, c’est difficile de se passer de cette action. Le revers de la médaille? J’aime la nature, j’aime être dans la nature, ça me recentre, ça me connecte, ça m’aide à me souvenir de toutes les choses dont je devrais m’occuper. Dans un monde idéal, je pense que je vivrais à la campagne au Nouveau-Brunswick, vous savez, avec des hectares de terre et de tranquillité. Tant qu’à ne pas être en ville. C’est l’une des autres choses que j’aimerais : complètement isolé du monde, dans la nature, ou en plein cœur de Toronto. Donc, pour l’instant, je pense que nous sommes sur un tremplin pour arriver là où nous voulons aller. Mais évidemment, c’est dur. Il y a des ajustements à faire. Si vous êtes un drogué de la ville, c’est différent. Mais si vous pouvez trouver des façons d’accepter cela et de voir les choses positives, et les choses auxquelles vous n’avez pas vraiment accès à Toronto, contrairement à ici, si vous pouvez les accepter, et les apprécier, je pense que vous allez être plutôt heureux.

ROB : Trouvez-vous que Saint-Jean commence à avoir accueilli assez de gens de Toronto et d’Ontario pour que l’on puisse ressentir cette ambiance?

JORDAN : Les vannes sont vraiment ouvertes. Je viens de lire un article ce matin sur le marché de l’immobilier. Au Nouveau-Brunswick, il y a eu 58 % de ventes en plus que l’année dernière à la même époque. 58 %! C’est fou. Ma femme et moi avons créé une chaîne YouTube pour documenter notre arrivée ici. Elle s’appelle A Tribe Called Owens et a pris un nouvel élan depuis un mois environ. Les gens sont vraiment intéressés par notre aventure et par notre style de vie différent. Je sais que l’une des principales raisons pour lesquelles nous sommes venus ici était la vie trop chère dans le sud de l’Ontario. C’est à Toronto que nous voulons être. Mais même à Niagara Falls où nous avons grandi, le prix moyen des maisons dépasse les 500 000 $. Oui, faites les comptes. Les parents travaillent à temps plein. Les enfants vont à la garderie. Dans une telle situation, vous n’avez pas la liberté de faire ce que vous voulez faire. Donc, le fait de couper nos liens avec Toronto, pour le moment, nous permet de nous concentrer sur les choses que nous voulons vraiment faire, et de poursuivre les projets qui nous passionnent. Je pense que ce n’est pas un gros sacrifice.

ROB : Comment est le choix de restaurants et de bars dans le centre de Saint-Jean?

JORDAN : Formidable. Mais nous n’avons pas encore eu la chance d’en faire l’expérience à cause de la COVID-19. Donc, ça va être un été excitant. J’ai hâte de voir à quoi ressemblera le quartier dans quelques mois.

ROB : Lorsque vous cherchiez un peu partout au Canada, quels étaient les critères qui auraient pu vous amener à refuser tel ou tel lieu de vie?

JORDAN : Bonne question. Les critères décisifs concernaient tous notre fille. Nous voulions un endroit où nous aurions accès à des choses intéressantes pour elle, d’autres enfants par exemple car elle est enfant unique pour le moment. Je ne pense pas qu’il y avait beaucoup d’autres critères. Nous étions ouverts à tout. C’était surtout une question de prix. Nous voulions une maison aux alentours de 100 000 dollars.

ROB : Quelle a été la plus grande surprise, agréable ou non, de votre déménagement?

JORDAN : Moins agréable? Posséder sa maison, c’est génial, je pense que c’est la quintessence du rêve canadien à de nombreux égards. Mais ce n’est pas si facile. Être propriétaire d’une maison, c’est du travail constant, permanent. Il y a toujours quelque chose à réparer.

Personne n’aime en parler. Cela prend beaucoup de votre temps libre, quand vous travaillez déjà huit heures par jour. Et puis, il faut ajouter toutes les tâches ménagères, et tout ce qui peut casser, la plomberie, n’importe quoi. Mais du côté positif, c’est génial d’avoir quelque chose dont on peut être fier, qui vous appartient. Faire en sorte que votre maison soit votre sanctuaire.

ROB : Quel aspect de votre vie vous frappe vraiment, au point de ne pas pouvoir croire à quel point il est appréciable?

JORDAN : Les gens, bien sûr. Les gens d’ici sont vraiment chaleureux. Vous savez, quand vous déménagez, il y a des obstacles qui font parfois vraiment peur. Alors, si on vous accueille à bras ouverts, il y a beaucoup moins de pression.

ROB : Êtes-vous en mesure de mettre de l’argent de côté pour la retraite, pour les études de votre fille, avez-vous un fonds d’urgence en cas de problème avec la maison?

JORDAN : Tout cela est en cours. C’est difficile d’être pigiste. Cela vous oblige à prendre la responsabilité de mettre de côté 10 à 20 % de votre revenu, de les investir dans le marché boursier, ou d’essayer de gagner un revenu immobilier. Quand on n’a pas ce sentiment de sécurité qu’apporte une retraite fournie par l’employeur. Mais nous avons trouvé un moyen d’avoir des dépenses aussi minimales que possible. Pour l’instant, Jess et moi nous concentrons sur la recherche de notre voie, sur nos hobbies, sur notre emploi. Ainsi, une fois que nous aurons réglé cela et que nous aurons un revenu régulier, nous pourrons nous concentrer sur nos objectifs financiers à long terme. En tout cas, nous en sommes tout à fait conscients.

ROB : Est-il plus facile de faire tout ce que vous évoquez ici en faisant cette transition du hockey à la construction de votre carrière en tant que travailleur autonome? Avez-vous plus de marge de manœuvre pour le faire à Saint-Jean qu’à Toronto?

JORDAN : Oui, lorsque vous lancez votre entreprise à partir de zéro, vous ne devenez pas millionnaire instantanément. Le premier jour, cela prend du temps. Être ici et avoir des dépenses minimales. Cela nous permet d’avoir un peu plus de temps à investir dans nos propres entreprises, nos propres projets. Je crois que j’ai calculé que nos dépenses mensuelles sont d’un peu moins que 1 400 $. En tout. Sans compter la nourriture, évidemment. Je trouve ça plutôt pas mal. Si nous étions à Toronto, avec un prêt hypothécaire de 3 000 $, combien d’heures de plus faudrait-il travailler pour trouver cet argent, en plus du remboursement du prêt-auto? Idéalement, j’aimerais être dans une situation dans laquelle nous pourrions acheter un terrain quelque part et construire une cabane dans les bois. Et n’avoir aucune dépense, en allant même jusqu’à cultiver notre propre nourriture. Avec un peu de chance, nous y arriverons un jour. Ce serait plutôt cool. En tout cas, pour l’instant, nous essayons de maintenir nos dépenses au minimum.

ROB : Pour qui un tel changement marcherait-il? Quel genre de personne? Et pour quel genre de personne ne marcherait-il pas?

JORDAN : Ce qui est sûr, c’est que ce n’est pas pour les timorés. Plutôt pour les aventuriers, ceux qui en ont assez de la routine. Et c’est un peu là que notre vision du monde entre en jeu. La vie est courte. Ma plus grande peur, c’est de me retrouver coincé dans un travail que je déteste, pendant 30 ou 40 ans, uniquement pour la retraite, pour les avantages sociaux. L’idée de me retrouver sur mon lit de mort et de penser que je ne suis jamais allé voir les pyramides d’Égypte ou que je n’ai jamais réussi à faire ce long voyage en voiture. Ce ne sont que des exemples! Ça me terrifie. Alors laisser les amis et la famille, faire le grand saut et traverser le pays, ce n’est vraiment rien. Quand on pense à ce qui pourrait vraiment arriver si on ne le fait pas... Toute votre vie pourrait vous passer sous le nez.

ROB : Il y a un aspect de vos commentaires que je trouve particulièrement intéressant : il ne s’agit pas seulement de partir à Saint-Jean ou vers une autre ville pour avoir une maison moins chère. Il s’agit d’une expérience de vie beaucoup plus large, de la liberté de se trouver soi-même, de construire votre vie et de ne pas subir la pression de tous ces coûts. Et ce stress quotidien de l’obligation de générer assez de revenus ne serait-ce que pour pouvoir garder la tête hors de l’eau et payer toutes ses dépenses. À Saint-Jean, vous avez beaucoup plus de liberté pour commencer votre nouvelle carrière et vivre la vie à laquelle vous aspirez.

JORDAN : Oui, oui, c’est pour ça que nous sommes ici. Je n’ai jamais gagné des millions en jouant au hockey professionnel. Beaucoup de gens croient que les athlètes professionnels sont multimillionnaires, mais moi, on peut dire que j’étais un col bleu parmi les joueurs. Mon salaire n’a jamais dépassé 100 000 dollars. Pour moi, c’est déjà une somme énorme. Un contrat de 100 000 dollars, ce n’est peut-être rien pour certains, mais pour d’autres, c’est tout. J’ai essayé de mettre suffisamment d’argent de côté pour pouvoir prendre une année sabbatique et faire des études. J’ai fait un stage intensif de codage à Toronto. C’est une façon rapide de devenir développeur de logiciels. Ce programme de trois mois m’a coûté environ 10 000 dollars. J’ai pu subvenir à nos besoins pendant ma recherche d’emploi, puis j’ai travaillé, mais nous arrivions à peine à joindre les deux bouts. Déménager ici nous a permis de prolonger cette période de grâce. Je sais que c’est un mot à la mode, mais c’est comme si nous avions trouvé notre voie. Nous avons de la chance, nous nous contentons de peu. Je pense que c’est vraiment important. Une fois que vous pouvez vous libérer du besoin ou de l’envie d’avoir toujours plus, vous pouvez vraiment être heureux avec ce que vous avez. Et vous pouvez vous concentrer sur les choses que vous tenez vraiment à faire.

ROB : Je voudrais vous poser une dernière question. Est-ce que ce déménagement en valait la peine, pour vous et votre famille?

JORDAN : Aucun doute! Je me demande souvent où nous en serions si nous étions restés à Toronto. Je suis heureux que nous ayons eu le courage de faire ce grand saut et de venir ici. Nous n’avons aucun regret et, d’une certaine manière, j’aurais aimé le faire plus tôt. Parce que oui, comme nous l’avons dit et répété, l’immobilier augmente de jour en jour ici.

[MUSIQUE]

ROB : Jordan a fait quelque chose de vraiment intelligent. Une belle réponse au problème de l’accessibilité du logement à Toronto. Il a ouvert un tout nouveau chapitre de la vie de sa famille dans un nouvel endroit formidable. Il semble très bien placé pour que sa famille s’épanouisse dans son nouveau milieu. Je ne peux que le féliciter pour sa décision.

ROMA : Je veux dire, acheter une maison pour moins de 100 000 dollars et vivre sans hypothèque. C’est un rêve.

ROB : Je parie que beaucoup d’amis et de parents de Jordan à Toronto vont aller à Saint-Jean pour voir comment il se débrouille, et peut-être seront-ils convaincus de s’y installer eux-mêmes! Qui sait?

ROMA : Je ne détesterais pas moi-même faire un voyage à Saint-Jean. Rob, êtes-vous prêt à nous présenter vos trois points à retenir?

ROB : Bien sûr.

1) Si le logement est hors de prix dans la grande ville où vous habitez, commencez à chercher ailleurs. Mais préparez-vous à une hausse des prix même dans les petites villes.

2) Préparez-vous à déménager en aménageant votre emploi de façon à travailler à distance et soyez prêt à vivre les avantages et les inconvénients de cette façon de travailler et de vivre.

3) Si vous déménagez dans le seul but d’acheter une maison ou un appartement, n’oubliez pas ce que signifie le fait d’être propriétaire. Les responsabilités financières ne disparaissent pas simplement parce que vous avez payé votre maison moins cher.

ROMA : Merci d’avoir écouté cet épisode de Test de résistance. Cette émission a été produite par Hannah Sung et Latifa Abdin. La postproduction audio a été confiée à Kyle Fulton et Carly Reem-Neal. Notre productrice exécutive est Kiran Rana. Merci à Jordan Owens. Vous pouvez suivre sa chaîne YouTube, A Tribe Called Owens.

ROB : Avez-vous déjà remarqué que de nombreux conseils en matière de finances personnelles s’adressent aux gens qui vivent en couple? Et si vous avez un objectif différent? Que devez-vous savoir si vous souhaitez gérer votre argent en solo, à long terme? C’est notre prochain épisode. À suivre.

ROMA :

Vous trouverez Test de résistance (Stress Test en anglais) sur Apple Podcasts, Google Play, Spotify ou votre application de baladodiffusion préférée.

Vous nous trouverez à l’adresse globeandmail.com, où nous abordons toutes les facettes des finances personnelles.

Merci à tous de nous avoir accordé votre attention.

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