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You had your best-laid plans and then COVID-19 came along and hammered the entire economy. But you’ve got this – if you have the right information. Join Rob Carrick and Roma Luciw on Stress Test, a podcast guiding you through one of the biggest challenges your finances will ever face.

ROB : Les rencontres font partie des choses que la pandémie a compliquées. C’est pourquoi nous nous demandons, aujourd’hui, combien il en coûte d’être célibataire. Et comment organiser ses finances pour réussir.

THÈME MUSICAL

Bienvenue à Test de résistance, série de balados du Globe and Mail dans laquelle nous nous penchons sur la façon dont la pandémie a transformé les règles des finances personnelles pour les membres de la génération Z et pour les milléniaux.

Je m’appelle Rob Carrick. Je suis chroniqueur financier au Globe and Mail.

ROMA :  Et je suis Roma Luciw, rédactrice en chef de la rubrique des finances personnelles du Globe and Mail.

Donc Rob, aujourd’hui nous parlons des célibataires. Vous souvenez-vous de votre vie quand vous étiez célibataire? Parmi vos souvenirs, quels sont les aspects qui vous ont le plus marqué, d’un point de vue financier?

ROB : Eh bien, cela fait évidemment bien longtemps. Cela fait près de 30 ans que je suis marié. Mais j’ai été célibataire pendant quelques années, Comme je travaillais, j’ai connu cette période formidable du premier emploi, du revenu correct et stable et de la vie seul en appartement. Toutes les possibilités s’offrent à vous, même si vous faites attention et pensez à l’avenir. Je n’ai quand même pas fait n’importe quoi. Je n’ai pas eu de problèmes de dettes, mais je ne mettais pas beaucoup d’argent de côté. J’aimais m’amuser, ce qui veut dire que je dépensais à peu près tout ce que j’avais. Cela a duré un bon moment. Et vous?

ROMA : Je pense que la chose qui m’est restée en tête, depuis l’époque où j’étais célibataire, c’est que cela coûtait plus cher de voyager et de vivre. Car si vous partez en voyage, vous devez payer la chambre d’hôtel seul, vous devez payer le dîner seul. Sans rien partager. N’est-ce pas? Toutes les factures, toutes les dépenses courantes, Internet, les applications, les abonnements, je ne le savais pas à l’époque. Il me semblait qu’il fallait payer, point final.

ROB : Pour moi, il y a un avantage à être célibataire, pour les finances personnelles. Il n’y a aucun compromis à faire. Vous voulez acheter quelque chose, vous le faites. Vous savez, je me suis payé quelques voitures de sport, par exemple. Pendant un moment, j’en changeais tous les ans, tous les deux ans, tous les trois ans. En fait, je me demandais : est-ce que je veux ça? Je me répondais : Oui! Et je l’achetais! Par contre, en couple, vous bénéficiez du potentiel de gain combiné et du soutien financier combiné. C’est énorme. Et je pense que c’est un très gros avantage. Mais il y a une légèreté, une liberté à savoir que votre comité des finances ne compte qu’un seul membre qui peut décider de faire une dépense. Quand vous voulez faire une dépense, vous la faites. C’est tout.

ROMA : Vous voulez dire que votre femme ne vous laisse pas acheter la voiture qui vous fait rêver?

ROB : En fait, grâce à moi, elle a appris à connaître et à apprécier les voitures. Mais vous voyez ce que je veux dire, c’était tout simplement différent avant. Tout était plus spontané.

ROMA : Bien sûr. J’ai vu une statistique quelque part qui dit que les célibataires paient 75 à 80 % des coûts que les couples peuvent se partager. Il ne fait bien sûr aucun doute que les dépenses les plus importantes, comme le logement, le transport, les services publics, ces dépenses reviennent plus cher s’il n’y a qu’une seule personne pour payer. Que le fait d’être célibataire veut-il dire pour la planification de ses finances?

ROB : Par exemple, il est beaucoup plus difficile d’entrer sur le marché immobilier. En effet, au lieu d’avoir deux personnes qui épargnent et mettent en commun leurs économies pour verser une mise de fonds, vous êtes tout seul. Et payer l’hypothèque devient un peu plus difficile. Je pense que l’une des principales conséquences du fait d’être célibataire, c’est l’importance d’avoir un fonds d’urgence solide. Car en cas de besoin, vous n’aurez pas de partenaire ou de conjoint pour vous soutenir. Si je suis provisoirement sans emploi, mais que mon partenaire travaille encore, qu’il a un revenu, cela permet de payer l’hypothèque. Il est beaucoup plus difficile pour une personne seule de continuer à payer les dépenses lorsqu’elle ne peut pas travailler. Donc, il faut vraiment se protéger. En ce qui concerne la retraite, il est évident que deux personnes qui épargnent pour la retraite doublent en quelque sorte leur pouvoir d’épargne-retraite. Une personne seule doit vraiment travailler deux fois plus pour mettre de l’argent de côté pour sa retraite.

ROMA : La question est donc la suivante : comment réussir financièrement quand on est célibataire?

ROB : Nous avons parlé à quelqu’un qui a réussi à le faire, et qui a même réussi à acheter une maison au début de la pandémie. Nous allons à London, en Ontario, pour écouter son histoire.

PRÉ-LANCEMENT : Cette baladodiffusion vous est présentée par Investissements RPC. Vous pouvez être rassuré, le Régime de pensions du Canada est là pour vous. Nous investissons pour garantir que le RPC demeurera solide, durable et sûr, à long terme, pour des millions de Canadiens. Pour en savoir plus, consultez le site investissementsrpc.com.

ROMA :  Pour cet épisode, nous avons lancé un appel aux célibataires pour qu’ils nous expliquent comment ils font pour organiser leurs finances.

Nous avons reçu de nombreuses réponses, dont celle de Maya. Elle a 34 ans, travaille dans les ressources humaines et vit à London, en Ontario.

Elle n’est pas originaire du Canada. Mais écoutons-la raconter son histoire.

MAYA : Je suis originaire des Pays-Bas, en Europe. Je suis arrivée ici au début de la vingtaine. Il y a donc un peu plus de dix ans.

ROMA : Maya est venue au Canada par amour.

MAYA : Je suis venue au Canada pour retrouver mon ancien petit ami, un Canadien. J’étais jeune et naïve. J’ai donc décidé de partir pour le Canada et de vivre avec lui pour toujours. Évidemment, ça n’a pas marché. Mais je suis encore ici et j’aime toujours autant ce pays.

ROMA : Ce n’est pas facile de s’installer dans un nouveau pays. Quand Maya est arrivée à Calgary pour commencer une nouvelle vie avec son compagnon de l’époque, elle s’est habituée à vivre avec lui ET à sa situation financière.

MAYA : Quand je suis arrivée à Calgary, ça n’a pas été très compliqué financièrement : tout était au nom de mon ex. Il avait son appartement, toutes les factures étaient à son nom. Il a fait faire une carte de crédit pour moi, mais sous son nom et avec son compte. Il m’a ajoutée à son assurance auto comme conductrice occasionnelle. D’une certaine manière, la transition financière vers mon nouveau pays a donc été très facile.

ROMA : Même si cela l’a aidée à s’installer rapidement dans son nouveau pays, cela voulait dire qu’elle n’avait que peu ou pas d’actifs financiers à son nom, ni de véritables antécédents financiers. En cas de séparation, elle devrait rebâtir ses finances à partir de rien. Et c’est exactement ce qui s’est passé.

MAYA : Rétrospectivement, ce n’était pas intelligent que tout soit à son nom. Car quand nous nous sommes séparés, six ans plus tard, il n’y avait rien à mon nom. Je n’avais pas d’antécédents, pas de crédit, rien. J’ai donc dû repartir de zéro, alors que j’étais au Canada depuis plus de cinq ans.

ROMA : Heureusement, Maya avait un peu d’économies. Quand elle avait déménagé à Calgary, elle s’était inscrite à des cours du soir pour obtenir son diplôme en ressources humaines, et consacré ses matinées à un emploi en alternance pour gagner un peu d’argent.

Très vite, Maya a évidemment eu besoin d’une carte de crédit.

Comme elle n’avait pas d’antécédents de crédit, la banque n’a pas pu faire mieux que de lui émettre une carte de crédit garantie, avec une limite de 1 000 dollars. Avec une carte garantie, le titulaire doit fournir un dépôt en argent comptant.

Mais après tout ça, la chance n’était toujours pas de son côté.

Car Maya travaillait pour une entreprise dans le secteur pétrolier et gazier.

À Calgary, en 2015.

MAYA : Tous ceux qui connaissent Calgary savent que 2015 n’a pas été une bonne année pour le secteur du pétrole et du gaz à Calgary. Alors, quand j’ai décroché mon diplôme, mon employeur m’a dit : « On peut te donner un contrat jusqu’en décembre. Mais après, on ne pourra pas te garder. Donc, tu auras entre mai et décembre pour te trouver un autre emploi. »

ROMA : Il fallait absolument que Maya trouve un emploi. Elle a donc fait ce qu’il y a de plus évident : elle est allée sur Internet pour voir ce qu’elle pouvait trouver.

MAYA : Je suis allée sur LinkedIn, j’ai fait une recherche avec les mots-clés RH et Néerlandais, parce que c’est la seule chose qui me différencie des milliers d’autres nouveaux diplômés dans le domaine des RH, et une offre d’emploi s’est affichée, ici, à London, en Ontario. C’est une entreprise qui a un bureau à Amsterdam, et qui a besoin de quelqu’un qui parle le néerlandais. C’était écrit!

ROMA : Quelle décision intelligente! Elle a misé sur la compétence qui la distinguait vraiment : sa connaissance du néerlandais. Maya a accepté le poste et a déménagé à London dès le mois d’octobre. Mais le nouvel emploi s’accompagnait d’une baisse de salaire de 30 000 $.

MAYA : La transition de Calgary à London a été extrême. Le loyer me coûtait quelques centaines de dollars de moins par mois. Génial! Et en plus, le logement était plus grand. Par contre, mon salaire est passé de 72 000 à 46 000 $. Donc, j’ai donc perdu près de 30 000 $ de revenu par an. La vie coûte un peu moins cher à London, cela a un peu compensé, mais j’ai tout de même vraiment dû revoir mon mode de vie.

ROMA : Même si elle a subi une baisse de revenu considérable, Maya était en bonne santé financière. Elle n’avait pas de dettes, elle avait ces économies dont nous avons parlé plus tôt et elle a enfin pu obtenir une carte de crédit normale. Elle a également découvert que la nouvelle entreprise pour laquelle elle travaille offre un excellent régime d’épargne-retraite, dont elle a décidé de profiter, en plus de mettre de l’argent de côté pour avoir un solide filet de sécurité.

MAYA : Mon employeur offre un programme de REER collectif très généreux. Je verse 5 %, il verse 7 %. Cela fait donc 12 % en tout. Les régimes aussi généreux sont devenus rares. Voilà donc ce que je mets de côté pour ma retraite. Ensuite, j’ai un CELI pour mes projets à moyen terme. Et j’ai aussi ce que j’appelle mon filet de sécurité. J’ai calculé le strict minimum mensuel dont j’ai besoin et j’ai déduit les prestations d’assurance-emploi pour savoir combien il me fallait pour subvenir à mes besoins pendant environ huit mois. Cet argent est également dans le CELI. Mais je n’y touche pas. J’ai aussi mon fonds de roulement, quelques milliers de dollars dans mon compte d’épargne courant. Juste au cas où quelque chose arriverait si ma voiture tombait encore en panne, comme la dernière fois où il a fallu remplacer l’alternateur. Ça m’a coûté plus de mille dollars, que j’ai dû payer sur-le-champ, car je ne voulais pas les mettre sur ma carte de crédit. C’est donc à cela que sert le fonds de roulement. Pour tout ce qui est imprévu et que je ne peux pas payer avec mon salaire. Donc, dans l’ensemble, je pense que tout va bien, je dirais que je suis une célibataire autonome actuellement.

ROMA : Maya a même pu utiliser l’argent de son REER pour acheter une maison, en mars 2020, juste au début du confinement.

MAYA : La mise de fonds de 35 000 $ provenait de mon REER collectif. Lorsque j’ai dit à ma mère que j’achetais une maison, elle a été très vraiment contente pour moi et elle m’a proposé d’ajouter 5 000 euros, soit environ 7 500 dollars, à ma mise de fonds. Donc, ma mise de fonds totale était de 42 000 $, et la maison s’est vendue 271 100 dollars. Le prix demandé était de 230 000 $.

ROMA : Tout cela est vraiment impressionnant et je dirais que Maya est en excellente santé financière. À 34 ans, elle a acheté sa maison et est financièrement autonome. Et à part un petit cadeau de sa mère, elle a fait tout cela toute seule. Comment vous êtes-vous sentie?

MAYA : C’était absolument terrifiant. Il n’y avait pas autant d’information que je l’espérais. L’information est souvent destinée aux couples. Tout le monde parle de REER de conjoint, de planification du partage des revenus et de l’importance d’acheter en grande quantité chez Costco pour économiser. J’ai essayé d’acheter en grande quantité, mais j’ai gaspillé beaucoup de nourriture dont la date de péremption a été dépassée avant que j’aie le temps de la consommer. Tout ce qui existe ne s’applique pas forcément aux célibataires, et surtout aux femmes célibataires : nous gagnons moins d’argent, nous faisons des pauses pour nous occuper de personnes à charge, nous ne progressons pas, en moyenne, aussi loin dans la vie active que les hommes. Et nous avons tendance à vivre plus longtemps. Nous avons donc une retraite plus longue à financer, même si nous avons moins de revenus à y consacrer. J’ai donc fait ce que j’estimais devoir faire. J’ai quand même eu beaucoup de chance avec mon employeur. Si je travaillais dans une entreprise qui n’offre pas de REER collectif, je ne pense pas que je serais dans la situation dans laquelle je me trouve actuellement. Parce que j’ai utilisé le REER collectif pour ma mise de fonds dans le cadre du Régime d’accession à la propriété. Donc, oui, j’ai eu de la chance, et j’ai fait ce qui semblait fonctionner pour moi. J’espère bien qu’un jour, il y aura davantage d’information correspondant à ma situation particulière.

ROMA : C’était donc l’histoire de la situation financière de Maya, de son arrivée au Canada à aujourd’hui. Elle a de nouveau quelqu’un dans sa vie, mais c’est encore récent.

MAYA : Je sors avec quelqu’un en ce moment, mais je fonctionne encore comme si j’étais célibataire. Chez moi, il n’y a encore que moi et mon chien. Mon compagnon a sa propre maison, son chien, sa voiture. Nous avons des vies entièrement séparées. Et pour être honnête, je ne pense pas que cela change de sitôt.

ROMA : Merci beaucoup, Maya, d’avoir partagé votre histoire avec nous. Maya est un excellent exemple de quelqu’un de jeune qui s’est bien remise d’une situation qui aurait pu être problématique. Ne l’oublions pas, cela arrive à beaucoup de gens. Ils laissent leur partenaire prendre le contrôle de leurs finances, alors que cela devrait être une tâche partagée. La leçon importante, ici, c’est qu’elle s’en est sortie. Et elle fait exactement ce qu’il faut faire, non? Elle est propriétaire, elle se constitue une épargne pour sa retraite, elle a un bon score de crédit, elle a un fonds d’urgence, aucun doute. Qu’en pensez-vous, Rob?

ROB : Pour moi, Maya représente bien ce qui est possible. Nous avons déjà un peu parlé des défis auxquels les célibataires sont confrontés, et nous allons en parler plus en détail. Maya montre ce que l’on peut faire si l’on se prend en main. Par exemple, acheter une maison. Je suis assez impressionné.

ROMA : En effet! Surtout quand on sait combien cela peut être difficile. Voilà quelqu’un qui a fait tout ce qu’il fallait. Je trouve son histoire vraiment inspirante.

ROB : Tout à fait. Je crois que ce que nous voulons faire ici, c’est proposer une sorte de feuille de route pour aider d’autres personnes à gérer leurs finances aussi bien que Maya. Je pense que notre prochaine invitée, Bridget Casey, aura des choses intéressantes à nous dire à ce sujet.

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ROB : Aujourd’hui, je parle à quelqu’un dont vous vous souvenez peut-être de la première saison. Bridget Casey est la fondatrice du site de finances personnelles Money After Graduation. Elle vit à Calgary.

Vous savez, Bridget, lorsque nous avons parlé à Maya, elle nous a dit qu’elle voulait savoir si elle était sur la bonne voie et si sa situation était normale. Je voudrais donc commencer par examiner son histoire. Sa situation est-elle typique? Quelles leçons pouvez-vous en tirer?

BRIDGET : En fait, j’ai l’impression qu’elle est plus avancée que la moyenne. Beaucoup de milléniaux, beaucoup de jeunes, désirent que leurs finances restent séparées. C’est très important pour eux. Je pense que nous sommes encore habitués aux partenariats, mais une personne pourrait être meilleure que l’autre pour gérer l’argent, auquel cas il faut lui laisser plus de contrôle dans ce domaine. Et cela pose deux problèmes. Premièrement, on voit encore assez souvent que tout est au nom de la même personne. Et je ne parle pas que des comptes d’épargne. Cela peut parfois avoir une incidence sur votre cote de crédit, si vous quittez une relation et n’avez aucun antécédent de crédit, parce que tout était aussi au nom de votre partenaire. Et il y a aussi parfois des gens qui ne sont plus du tout à jour en matière d’éducation financière, parce que ce ne sont pas eux qui ont géré les finances pendant tout ce temps. Donc, la situation de Maya, qui était dépendante d’un partenaire qui gérait la plus grande partie des finances, n’est pas inhabituelle. Je vois cela souvent. Je vois aussi des gens qui veulent prendre davantage le contrôle de leurs finances au moment où ils quittent ces relations.

ROB : Pouvez-vous nous donner une image, de votre point de vue? Quelle est la situation financière générale des milléniaux célibataires? Comment se débrouillent-ils en matière d’épargne et de placement?

BRIDGET : Je crois qu’ils s’en sortent bien, ils commencent à avoir un peu de succès maintenant, ou du moins c’était le cas avant la pandémie. Mais par rapport aux couples, ils sont loin derrière, ils n’arrivent pas à rattraper leur retard. Parce que, fondamentalement, c’est plus facile quand on partage les coûts avec un partenaire, surtout dans le cas des dépenses importantes comme le logement ou la voiture. Par exemple, partager un véhicule avec son partenaire peut permettre d’économiser plusieurs centaines de dollars de dépenses. Même l’épicerie est moins chère quand on la partage avec quelqu’un. En gros, tout est plus abordable. Et il est plus facile d’épargner et d’investir quand on a un partenaire. Donc, les célibataires ont du retard sur les couples, bien sûr.

ROB : D’après vous, quelles erreurs les milléniaux célibataires commettent-ils dans leurs décisions financières?

BRIDGET : Eh bien, la première erreur, c’est de planifier comme s’ils pourraient avoir un partenaire un jour. Beaucoup de gens négligent leurs dettes, ou négligent d’épargner et d’investir, car ils espèrent rencontrer quelqu’un et avoir un partenaire. C’est d’ailleurs souvent le cas. La plupart des gens finissent par trouver un partenaire. Mais il faut aussi planifier au cas où vous resteriez célibataire toute votre vie. Je pense que les femmes, en particulier, ne réalisent pas à quel point elles doivent économiser et investir pour l’avenir. Les femmes vivent en général beaucoup plus longtemps que les hommes, huit à dix ans de plus je crois, et elles ont besoin de soins plus coûteux et plus longtemps. Or, entre-temps, elles gagnent aussi généralement moins que les hommes. Donc, elles doivent épargner davantage pour une retraite plus longue, alors qu’elles gagnent moins. C’est tout un défi, surtout pour les jeunes femmes de la génération du millénaire et de la génération Z.

ROB : En quoi la pandémie a-t-elle changé la façon dont les milléniaux célibataires doivent considérer leurs finances?

BRIDGET : Je pense qu’elle a montré l’importance des fonds d’urgence et de l’investissement. Et je pense que nous n’avions jamais représenté un scénario dans lequel quelqu’un subit une perte de revenu. C’était important pour moi. Il y a aussi eu le krach boursier. Tout est arrivé d’un coup. Et cela a mis en lumière la vulnérabilité de la situation financière et du budget. J’espère donc que cela a incité les gens à épargner et à investir davantage. On ne sait jamais ce que l’avenir nous réserve.

ROB : Parlons un peu du fonds d’urgence. A quel point devrait-il être plus important? Nous avons dit que les célibataires doivent supporter un fardeau financier plus lourd que les couples. À quel point le fonds d’urgence d’un célibataire doit-il être plus important que celui d’un couple?

BRIDGET : Avant, il fallait selon moi viser un fonds de trois à six mois. Mais maintenant, depuis la pandémie, je dis aux gens qu’ils doivent pouvoir compter sur six à douze mois de dépenses essentielles. Même si le chiffre est le même, 12 mois de dépenses pour un couple représentent une somme moins élevée par personne que pour un ou une célibataire. Évidemment, c’est un idéal, mais c’est le cap à tenir. Je sais que ceux qui nous écoutent sont probablement horrifiés à l’idée de devoir mettre de côté 12 mois de dépenses essentielles, car cela représente une charge financière importante. Mais on n’accumule pas un tel fonds d’urgence en quelques mois ou en un an. Cela doit être un effort ciblé auquel vous contribuerez aussi longtemps que nécessaire. Je dis même aux gens qu’ils peuvent commencer avec 25 ou 50 dollars par semaine dans un compte d’épargne à taux d’intérêt élevé. C’est plus facile et, à la fin de l’année, ils peuvent se retrouver avec plus de 1 000 ou 2 000 dollars. Même avec de petites sommes.

ROB : En règle générale, combien les célibataires devraient-ils économiser, sur une base régulière, par rapport aux couples?

BRIDGET : Je dis aux gens que, en règle générale, ils devraient verser 10 % de leur revenu net dans un compte de retraite. CELI ou REER, ou les deux. Quand on est plus jeune, on peut s’en tirer avec un pourcentage légèrement moins élevé, simplement parce qu’on a plus de temps devant soi. Mais vous devriez vraiment viser un pourcentage de 6 à 10 %. Plus vous économisez, mieux c’est. Vous devriez viser 12 ou 15 %, si vous en avez les moyens.

ROB : Beaucoup de milléniaux célibataires veulent avoir une maison. Comme ceux qui sont en couple. Mais ils ont la moitié de la capacité de rémunération et la moitié de la capacité d’épargne pour la mise de fonds. Quand on est célibataire, comment jongler entre le « Je veux une maison » et « Je sais que je dois épargner pour ma retraite »?

BRIDGET : Le prix de l’immobilier dans la plupart des villes canadiennes est devenu complètement fou. Si l’accession à la propriété est vraiment un objectif pour vous, vous devez sérieusement envisager de déménager. Sinon, votre meilleure tactique est d’épargner et d’investir à la bourse. Néanmoins, le fait d’être propriétaire est un incontournable du plan de retraite de beaucoup de gens. Dans ce cas, je comprends pourquoi vous y tenez et pourquoi vous êtes prêts à étirer votre budget pour pouvoir vous acheter une maison. Mais vous me connaissez, ce n’est pas vraiment mon truc. Je préfère que les gens cherchent à accumuler des actifs liquides, au lieu de reporter leur épargne-retraite pendant des années parce qu’ils ont mis tout ce qu’ils avaient pour acheter une maison qui dépassait leurs moyens.

ROB : Vous savez, Bridget, j’essaie vraiment de sensibiliser les Canadiens à l’idée de ne pas être propriétaire de leur maison. Malheureusement, ça ne marche pas fort! Je ne sais pas comment se déroule votre campagne, mais la mienne est très laborieuse.

BRIDGET : La mienne ne va pas très vite non plus [rires].

ROB : Nous avons abordé ce sujet il y a quelques minutes, mais je veux y revenir parce que je pense que c’est super important. Il s’agit des femmes de la génération du millénaire et de l’attention particulière qu’elles doivent porter à leurs finances, peut-être un peu plus que les hommes. Pouvez-vous aider les femmes célibataires de la génération du millénaire à comprendre ce à quoi elles sont confrontées et ce que cela signifie pour leur épargne et leurs investissements?

BRIDGET : Je pense qu’elles doivent d’abord accepter le fait qu’elles ont besoin de plus d’épargne et de placements, et qu’il leur sera plus difficile de les accumuler. En outre, les femmes ont tendance à avoir plus de dettes d’études que les hommes. Et puis, pour beaucoup d’entre elles, les années de maternité coïncident avec le début de la carrière et elles se retrouvent, entre 28 et 35 ans, à devoir rembourser des prêts d’études tout en s’absentant du marché du travail pour élever leurs enfants. Il faut bien comprendre, tout d’abord, tous les avantages fiscaux qui sont offerts, par exemple comment le CELI et le RER permettent de réduire votre revenu imposable et de mettre vos placements à l’abri de l’impôt à long terme. Cela vous aidera à tirer le meilleur parti de l’argent que vous mettez de côté. Comprenez, par exemple, combien il est important de négocier votre salaire, essayez autant que possible de combler l’écart salarial entre hommes et femmes, et essayez d’épargner et d’investir tout l’argent supplémentaire que vous avez. Mettez tout ce que vous pouvez dans vos comptes d’investissement.

ROB : Alors que la pandémie se poursuit, que les célibataires doivent-ils faire pour se protéger des changements incessants? Les pertes d’emploi, le marché immobilier toujours plus cher. Je sais que la situation économique va s’améliorer quand un nombre suffisant de Canadiens seront vaccinés. Mais je ne suis pas sûr que tout va se passer en douceur. Certaines personnes ont perdu leur emploi, ou pourraient ne pas être rappelées au travail si des entreprises profitent de la situation pour se restructurer. L’avenir est vraiment incertain. Comment les milléniaux célibataires peuvent-ils s’y préparer au mieux?

BRIDGET : L’une des choses les plus importantes, et j’encourage les jeunes à le faire, c’est de commencer à investir. L’un des aspects positifs de toute cette situation, et grâce aux progrès récents de la technologie, c’est que le marché boursier est plus facile d’accès que jamais. Vous pouvez ouvrir un compte avec 100 dollars sur votre téléphone intelligent et commencer à investir. Alors, profitez des robots-conseillers et des nouveaux comptes, et jetez-vous à l’eau. Même avec 50 $ si c’est tout ce que vous avez.

ROB : Bridget, quels sont les points positifs sur le plan financier? Je veux dire, d’être célibataire? Y en a-t-il?

BRIDGET : Oh, oui, il y en a beaucoup. Et je suis moi-même célibataire. L’une des choses les plus intéressantes, c’est que c’est vous qui contrôlez votre argent. Vous épargnez et vous investissez exactement comme vous le voulez. Quand vous êtes en couple, il y a toujours beaucoup de négociations au sujet des investissements, des choix pour les dépenses, du budget, de la façon de gérer les dettes. J’ai constaté que, chez beaucoup de mes amis, les questions sur le remboursement des prêts d’études ou les investissements peuvent être problématiques dans la relation. Des discussions, par exemple pour savoir s’il faut acheter des actions d’entreprises de cannabis ou des FNB. Être célibataire, c’est donc avoir le contrôle total de ses finances. C’est très valorisant, très satisfaisant, parce que personne ne vient s’immiscer dans vos décisions.

ROB : Quel est le conseil numéro un que vous donneriez aux millénaires célibataires comme vous? Une phrase clé qui leur indique quoi faire pour faire la différence? Quel serait ce conseil?

BRIDGET : Maximisez votre CELI sur le marché boursier. C’est ce qui vous assurera la plus grande sécurité financière. Je sais que vous avez fait ce calcul. Je l’ai démontré moi aussi. Mais si vous maximisez votre CELI, dès la vingtaine ou la trentaine, il se transformera en un actif de plus d’un million de dollars et générera un revenu non imposable à la retraite. C’est loin d’être négligeable! Donc si vous ne pouvez faire qu’une chose, maximisez votre CELI sur le marché boursier.

ROB : Formidable. Quelle excellente façon de conclure! Merci, Bridget.

BRIDGET : Avec plaisir.

ROB : Voilà, c’était Bridget Casey, la fondatrice du site de finances personnelles Money After Graduation. Elle vit à Calgary. Vous pouvez consulter son site Web à l’adresse www.moneyaftergraduation.com.

Pour terminer, voilà ce que je retiens de cet épisode. Un : Commencez à investir tôt, même un petit montant. Vous vous remercierez plus tard. Autant que possible, mettez de l’argent dans votre CELI et votre REER. Deux : Tirez parti de toutes les possibilités d’épargne-retraite que votre entreprise peut offrir, qu’il s’agisse d’un régime de retraite ou d’un REER collectif. Trois : Les fonds d’urgence sont obligatoires pour les célibataires. Commencez à garnir le vôtre dès que possible. Quatre : Enfin, même si vous vous retrouvez en couple un jour, gardez un certain contrôle sur votre propre argent.

ROMA : Merci d’avoir écouté cet épisode de Test de résistance.

Cette émission a été produite par Latifa Abdin et Hannah Sung.

La postproduction audio a été confiée à Kyle Fulton et Carlay Reem-Neal.

Notre productrice exécutive est Kiran Rana.

Merci à Maya à London, en Ontario, de nous avoir raconté son histoire.

ROB : Si vous avez aimé ce que vous avez entendu, parlez-en au monde entier! Laissez-nous une évaluation et un commentaire sur Apple Podcasts.

Et si vous connaissez quelqu’un qui veut savoir comment bien gérer ses finances, envoyez-lui cette émission.

Notre prochain épisode sera consacré à la négociation de votre salaire. Il est facile d’économiser de l’argent quand on en a. Mais comment en recevoir davantage?

ROMA : Vous trouverez Test de résistance (Stress Test en anglais) sur Apple Podcasts, Google Play, Spotify ou votre application de baladodiffusion préférée.

Vous nous trouverez à l’adresse globeandmail.com, où nous abordons toutes les facettes des finances personnelles. Que vous soyez célibataire ou en couple, nous vous aimons tous!

Merci à tous de nous avoir accordé votre attention.

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