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You had your best-laid plans and then COVID-19 came along and hammered the entire economy. But you’ve got this – if you have the right information. Join Rob Carrick and Roma Luciw on Stress Test, a podcast guiding you through one of the biggest challenges your finances will ever face.

ROMA : Lorsque vous envisagez d’avoir un enfant, le paiement des frais de garderie ne fait pas partie des premières choses qui vous viennent immédiatement à l’esprit. Mais cela vient très vite.

ROB : Aujourd’hui, nous allons examiner les conséquences sur les finances personnelles du coût énorme lié à la naissance d’un enfant : la garderie.

[THÈME MUSICAL]

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ROMA : Bienvenue à Test de résistance, une série de balados du Globe and Mail qui étudie la façon dont la pandémie a transformé les règles des finances personnelles pour les membres de la génération Z et les milléniaux. Je m’appelle Roma Luciw, je suis rédactrice en chef de la rubrique des finances personnelles du Globe and Mail.

ROB : Et je m’appelle Rob Carrick, je suis chroniqueur en finances personnelles au Globe and Mail.

ROMA : Plongeons tout de suite dans le vif du sujet, Rob, et examinons quelques statistiques. Combien coûte exactement la garde d’un enfant?

ROB : J’ai un tableau ici devant moi, qui a été produit par le Centre canadien de politiques alternatives. Il examine chaque année les frais de garde d’enfants et je peux vous donner les frais médians pour l’année dernière. Cela va d’un minimum de 181 $ par mois au Québec à un maximum de 1 866 $ à Toronto. C’est énorme.

ROMA : Ça alors.

ROB : Pas étonnant que l’on parle des frais de garde comme de la « deuxième hypothèque ».

ROMA : Il est vraiment difficile de décrire à quel point il est douloureux de voir de telles sommes sortir de votre compte bancaire mois après mois. Je m’en souviens très bien. Tout d’abord, la difficulté d’obtenir une place. Je me souviens d’avoir inscrit mon nom sur ces listes lorsque mes enfants étaient petits. En fait, même dès que j’ai su que j’étais enceinte. Nos deux fils sont nés à des dates rapprochées, et à la naissance du deuxième, nous avons fait des calculs et avons décidé que la meilleure solution pour nous était d’engager une gardienne à domicile. Mais je me rappelle vraiment que ça a été quelque chose. Nous courions partout, nous voulions trouver une solution. C’était incroyablement stressant. Et vous, Rob?

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ROB : Et comment! Quelle période! Nous avons eu plusieurs organisations différentes, nous avons eu un peu de garde à domicile. Et à un moment donné, nous avons pu inscrire les garçons à un programme parascolaire à l’école publique qu’ils fréquentaient. Mais je me souviens d’avoir fait des pieds et des mains pour trouver une bonne garderie, et ensuite pour arriver à la garderie à l’heure le matin et les chercher en fin de journée, avant la fermeture. Quand on a de jeunes enfants, on perd un peu le contrôle de sa vie. Mais vous savez, je veux ajouter un mot encourageant à propos des garderies : bien sûr, c’est un casse-tête pour tout le monde, mais on finit par trouver une solution. Tout le monde s’en sort en fin de compte. Par contre, les coûts sont devenus tellement élevés, maintenant, qu’il faut un peu mieux se préparer. Votre maison vous coûte plus cher qu’avant. Les frais de garde d’enfants augmentent rapidement eux aussi. J’espère donc que nous pourrons, dans cet épisode, vous aider à déterminer comment vous allez pouvoir payer la garde de vos enfants. Pour que vous ne soyez pas pris au dépourvu lorsque le grand jour arrivera.

ROMA : Oui, le facteur le plus important doit être le coût du logement. Le prix de l’immobilier a explosé. Et il y a donc une chose à faire obligatoire, et qui fera la différence : assurez-vous, avant d’acheter quelque chose, que vous pouvez vous permettre de faire les paiements hypothécaires, et que vous pourrez aussi payer les frais de garde du ou des enfants que vous prévoyez avoir. Quelles sont les solutions qui s’offrent à vous si vous êtes déjà propriétaire d’une maison et que vous envisagez une telle décision?

ROB : Si vous envisagez d’avoir des enfants et êtes déjà propriétaire d’une maison, je pense que ce que vous devez faire, c’est déterminer combien vous allez payer pour le type de service de garde que vous voulez, et trouver un moyen de l’intégrer à votre budget. À quoi vais-je devoir renoncer? Que vais-je devoir modifier? Vous allez devoir changer certaines choses. Et le message que j’aimerais faire passer aux gens est le suivant : si vous devez économiser moins, c’est normal. C’est un fait que les parents de jeunes enfants ne sont pas en mesure d’être des épargnants aussi performants. Vous êtes pardonné. Personne ne vous en veut. Ne vous en faites pas.

ROMA : L’une des choses qui me frappent, c’est que depuis que la pandémie a commencé, les frais de garde ont augmenté. J’ai lu, dans un rapport récent, qu’ils ont augmenté de 15 à 21 % entre 2019 et 2020, par exemple à Brampton et à Mississauga. Nous savons déjà que c’est à Toronto que les coûts sont parmi les plus élevés, et c’est en corrélation directe avec la baisse des inscriptions dans les garderies. Cela se vérifie depuis le début de la pandémie, et cela montre bien les difficultés. Certains parents ont perdu leur travail. Ils sont à la maison, et ils ne peuvent plus payer la garderie. Tout cela est lié à un événement inédit qui s’est déroulé récemment : le fait que des femmes quittent le marché du travail ou qu’elles sont contraintes de le faire, et qu’elles restent à la maison pour s’occuper des enfants. Quelles sont les répercussions?

ROB : Nous avons besoin que les gens travaillent, pour l’économie. Le Canada a un problème de productivité. L’un des moyens qui peuvent nous aider à cet égard est de faire travailler et produire un plus grand nombre de personnes. Les garderies sont l’un des outils pour y parvenir. Les garderies abordables sont un impératif économique. La garde des enfants est presque un droit humain. Le gouvernement fédéral semble l’avoir compris et a promis, dans son dernier budget, de fournir des services de garde à 10 $ par jour. Nous verrons s’il y parviendra. C’est en cours. Mais l’importance de cet outil a été reconnue : nous devons alléger le fardeau des parents.

ROMA : Vous savez, une garderie à 10 $ par jour changerait complètement la donne pour tellement de familles. Cela ramènerait le coût de la garde d’un enfant à moins de 250 $ par mois. La création d’un tel réseau bénéficierait directement aux enfants, aux mamans, aux parents, aux familles et, en fait, au bien-être économique du Canada.

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Les frais de garde ne sont pas votre réalité, jusqu’à ce que, soudain, ils le soient. Nous voulions trouver quelqu’un qui vit cette étape de la vie actuellement. Et nous l’avons fait. Nous y venons tout de suite après la pause.

PRÉ-LANCEMENT : Cette baladodiffusion vous est présentée par Investissements RPC. Vous pouvez être rassuré, le Régime de pensions du Canada est là pour vous. Nous investissons pour garantir que le RPC demeurera solide, durable et sûr, à long terme, pour des millions de Canadiens. Pour en savoir plus, allez à l’adresse investissementsrpc.com.

[MUSIQUE]

ROB : Maintenant, je vais vous emmener sur la côte ouest et vous présenter une nouvelle maman.

KRISTI : Je m’appelle Kristi. Je vis à Victoria, en Colombie-Britannique, et j’ai 34 ans. Mon mari et moi sommes tous deux originaires de la Saskatchewan. Nous avons déménagé ici en mars 2020, parce que nous avions tous les deux perdu notre emploi à Saskatoon et avons pensé que c’était peut-être le bon moment pour changer de vie.

ROB : Ils rêvaient de déménager ensemble à Victoria. Et ils sont arrivés juste au moment où la pandémie a frappé.

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KRISTI : Deux semaines avant, tout a implosé. Et environ trois semaines après notre déménagement, nous avons appris que j’étais enceinte. Mon fils est né en novembre 2020. Il a environ sept mois et demi, il s’appelle Elliot.

[bruits de bébé]

En ce moment, il apprend à ramper. Dès qu’on le pose par terre, il se promène partout. [RIRE] Il faut vraiment le surveiller. Toute la vie doit donc changer. On ne pense pas vraiment à toutes ces petites choses… jusqu’à ce qu’on n’ait plus le choix.

ROB : Lorsque Kristi et son conjoint ont appris qu’ils allaient avoir un enfant, ils avaient tous les deux un nouvel emploi, à Victoria.

KRISTI : Je gagnais environ 55 000 $ par an.

ROB : Ils devaient compter chaque dollar, car ils venaient de quitter la Saskatchewan pour s’installer à Victoria, où leurs dépenses de loyer et de services publics avaient grimpé en flèche.

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KRISTI : Le loyer est de 1 765 $, y compris le stationnement. En gros, 1 765 $ contre 1 100 $.

ROB : À Saskatoon, ils payaient presque 700 $ de moins par mois.

KRISTI : Et les services publics coûtaient peut-être deux fois moins en Saskatchewan.

ROB : Et c’est à ce moment que Kristi, enceinte, a été congédiée à cause de la pandémie.

KRISTI : J’ai perdu mon emploi à cause de la COVID. Donc, l’été dernier, j’étais enceinte et sans emploi. Un gros stress. Et j’ai dû demander l’assurance-emploi.

ROB : L’assurance-emploi ne mène pas très loin.

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KRISTI : Je touchais environ 2 000 $ par mois. Avec le revenu de mon conjoint, nous nous en sortions à peine, avec notre loyer et nos dettes, comme les cartes de crédit, notre prêt-auto et nos prêts d’études, entre autres.

ROB : Quel était le montant total des dettes de Kristi?

KRISTI : Environ 60 000 dollars.

ROB : Cela faisait 60 000 dollars de dettes au total, en majorité liées à des cartes de crédit... Mais il y avait aussi...

KRISTI : 17 000 dollars restants sur ma marge de crédit d’étudiante.

ROB : Financièrement, la situation était tendue, car ils jonglaient avec les dettes, la grossesse, un nouvel emploi, une nouvelle ville, et le chômage soudain de Kristi. Heureusement, Kristi a trouvé un nouvel emploi alors qu’elle était enceinte de sept mois. Maintenant que le bébé a six mois, elle est retournée au travail et son conjoint prend un congé parental.

KRISTI : Mais avoir un bébé pendant une pandémie a été une sacrée expérience. Vous savez, on dit qu’il faut un village pour élever un enfant, et ne pas avoir ce village a été très difficile pour moi. J’ai vraiment lutté contre la dépression post-partum, et aussi contre une légère anxiété. Finalement, j’ai craqué et j’ai demandé de l’aide. Je vois une conseillère quand j’en ai la possibilité. Il n’y a aucune honte à ça.

ROB : C’est vrai. Il est arrivé beaucoup de choses en même temps à Kristi.

KRISTI : Il faut aussi dire qu’avec la pandémie, les papas et les mamans ne peuvent pas profiter du soutien qu’ils reçoivent habituellement. Il est tellement important de prendre soin de soi. Parce que pour être un bon parent, il faut être en bonne santé.

ROB : Kristi a commencé à se préparer pour la garderie avant même la naissance d’Elliott. Parce que comme les parents le savent...

KRISTI : C’est vraiment très compétitif. Très très dur d’avoir une place. J’ai dû envoyer un courriel à 50 ou 60 garderies, en novembre 2021. Et 10 à 15 d’entre elles m’ont répondu qu’elles pouvaient me mettre sur leur liste d’attente.

Donc, oui, à ce stade, il ne me reste qu’à espérer. Un miracle, ou n’importe quoi d’autre!

ROB : Les frais de garde sont vraiment très variés.

KRISTI : Oui, je pense que je n’ai rien vu à moins de 900 dollars par mois. Et cela n’inclut sans doute pas les déjeuners ou les collations. Et le montant le plus élevé que j’ai vu, je crois que c’est 1 300 $.

ROB : C’est une énorme facture à payer quand, comme l’a dit Kristi , les fins de mois sont déjà difficiles. Mais Kristi n’a pas lâché. Depuis qu’elle a appris qu’elle était enceinte, malgré la perte de son emploi et les difficultés, Kristi a remboursé neuf mille dollars de dettes de carte de crédit. C’est un très grand pas en avant.

KRISTI : Nous avons eu beaucoup de chance, il y a peu de temps, car mes parents sont intervenus pour nous aider à rembourser une partie de notre dette de carte de crédit. Je ne veux pas dire que c’est de l’argent supplémentaire, dont nous disposons, car ce n’est pas ça. Je mets cet argent de côté pour la garderie. J’ai appelé tous mes créanciers, j’ai calculé les soldes à rembourser et j’ai fait toutes mes opérations bancaires hier. J’ai senti un immense poids disparaître de mes épaules presque instantanément.

Nous allons tout de même rester serrés.

Nous n’avons pas beaucoup de marge de manœuvre.

ROB : Le problème de la dette de carte de crédit a été réglé, mais la facture de la garderie se profile à l’horizon. Comment vous sentez-vous en ce moment?

KRISTI : Je me sens toujours un peu mal à l’aise, simplement parce que je ne sais pas ce que seront les frais de garde. Parce que nous n’avons pas encore de place. Ne pas savoir combien ça va coûter, c’est une inconnue vraiment irritante pour moi.

ROB : Pour ce qui est de l’avenir à long terme, Kristi et son conjoint ne savent pas encore s’ils auront un autre enfant. L’argent est un facteur dans la décision.

KRISTI : Oui, le coût entre évidemment en ligne de compte. Si jamais nous décidons d’avoir un autre enfant, nous devrons trancher. L’idée de retourner en Saskatchewan serait plus présente dans notre esprit, à la fois pour avoir plus d’aide de nos familles, puisque c’est là que vivent nos deux familles, mais aussi parce que tout y coûte moins cher.

ROB : Bien que les frais de garde d’enfants varient d’une région à l’autre, la pandémie a fait passer un message particulier à toutes les familles canadiennes, et c’est ce que Kristi veut que les gens retiennent. Cela concerne la garde d’enfants.

KRISTI : C’est un service essentiel. Tout le monde a besoin de travailler.

[MUSIQUE]

ROB : Roma, que pensez-vous de ce qu’a fait Kristi pour reprendre le contrôle de ses finances? Je suis vraiment impressionné. Je pense qu’elle était vraiment en difficulté. Elle est en train de s’en sortir. Et elle commence à regarder vers l’avant et à anticiper les dépenses comme la garderie. Elle est devenue une pro des finances personnelles. Qu’en pensez-vous?

ROMA : Je pense que chaque fois que vous pouvez vous débarrasser d’un montant important de dettes, vous avez l’impression de vous sentir plus léger. Je pense qu’elle est dans une bien meilleure position. Ce qui me frappe dans l’histoire de Kristi, c’est qu’elle est dans la même situation que de nombreux jeunes parents. Et à mon humble avis, ils devraient s’accorder une pause. Respirez profondément, faites de votre mieux, essayez d’éviter les dépenses inutiles.

ROB : Une chose que je dirai aux parents, c’est que, quand vos enfants quittent la garderie ou quand vous passez d’une garderie complète à un service de garde après l’école, c’est un grand moment. C’est presque comme gagner à la loterie.

ROMA : C’est certainement mon impression.

Pour analyser tous les aspects liés aux finances personnelles de la préparation au coût de la garde d’enfants, nous avons fait appel à une experte, experte qui a elle aussi eu un bébé pendant la pandémie. Nous y venons tout de suite après la pause.

[MUSIQUE] PUBLICITÉ : Cette baladodiffusion vous est présentée par Investissements RPC. Chez Investissements RPC, nous ne perdons jamais le long terme de vue. Nous investissons pour assurer la sécurité financière de toutes les générations de Canadiens. Nous diversifions nos investissements entre les régions et les catégories d’actifs, de façon à tirer parti des meilleures occasions et à générer des rendements durables à long terme. Le fonds dépasse aujourd’hui les 400 milliards de dollars. Pour en savoir plus sur le rendement de nos investissements pour les Canadiens, consultez le site Investissementsrpc.com.

JANINE : Bonjour, je m’appelle Janine Rogan. Je suis comptable agréée ici, à Calgary, en Alberta. Je suis également la fondatrice de la Wealth Building Academy, une entreprise d’éducation financière qui vise à enseigner le placement aux femmes.

ROMA : Janine Rogan est comptable agréée. Et elle a un bébé de six mois à la maison. Elle est donc très bien placée pour nous parler aujourd’hui d’un point de vue tant professionnel que personnel. Voici la conversation que nous avons eue.

ROMA : Parlons de la garde des enfants. Pouvez-vous nous donner une idée de ce que coûte la garde d’un enfant? Je sais que c’est très variable d’une province, d’une région ou d’une ville à l’autre au Canada. Cela dépend vraiment de l’endroit où l’on se trouve. Mais pouvez-vous nous donner une idée de ce que représentent les frais de garderie?

JANINE : D’accord. Lorsque nous avons commencé à chercher une garderie, on nous a cité des prix allant de 1 300 dollars par mois à 1 900 à 2 000 dollars par mois pour un enfant de 12 mois . Cela dépend de différents facteurs, dont évidemment le nombre de jours pendant lesquels vous cherchez à faire garder votre enfant, l’âge de l’enfant et, bien sûr, l’endroit où vous vivez. Par exemple, au Québec, il y a des garderies à 7 dollars par jour, ce qui est vraiment incroyable, dans toute la province. Et puis, si nous parcourons le pays, nous voyons que Toronto est évidemment très, très chère. Même chose pour Vancouver, plus de 1 900 à 2 400 dollars. Et puis, dans certaines provinces, le Manitoba et la Saskatchewan par exemple, le prix est un peu moins élevé. La moyenne pour le Manitoba est d’environ 650 dollars par mois pour quelqu’un qui cherche à faire garder un enfant de 12 mois à temps plein.

ROMA : Et il y a une différence entre les enfants plus jeunes et les enfants un peu plus grands. Pouvez-vous nous en parler?

JANINE : Bien sûr. Dans notre cas, à Calgary, cela coûte environ 1 600 dollars pour un enfant de 12 mois, mais à mesure qu’il grandit, le prix baisse à environ 1 300 dollars pour les tout-petits, et ensuite, pour les enfants d’âge préscolaire, il est d’environ 900 à 1 000 dollars. Et lorsque l’enfant va à l’école, il faut encore payer le service de garde après l’école. Parce que malheureusement, nous ne travaillons pas seulement de 8 heures à 15 heures. Il faut donc trouver une garderie pour les heures qui restent. Et cela représente quelques centaines de dollars par mois. Ici à Calgary, environ 400 ou 500.

ROMA : Alors, combien une famille moyenne avec un petit enfant paie-t-elle en garderie, par an?

JANINE : C’est une somme importante. Dans notre cas, cela représente entre 19 000 et 20 000 dollars par an. Donc, 80 000 dollars en frais de garde jusqu’à ce que notre fils aille à l’école. C’est incroyablement cher. C’est un peu fou de penser que le prix de la garde d’un enfant se calcule presque avec six chiffres.

ROMA : C’est vrai. C’est une somme énorme.

JANINE : Oui.

ROMA : Janine, pouvez-vous fournir un peu de contexte financier à ceux qui envisagent de fonder une famille, et leur expliquer comment le coût de la garde d’enfants se situe par rapport aux autres dépenses d’un ménage?

JANINE : Dans les villes où cela coûte le plus cher, je dirais qu’il se situe au même niveau que les versements hypothécaires. À titre d’exemple, notre versement hypothécaire est d’environ 2 000 $ par mois. Si nous disons que la garde d’un enfant coûte entre 1 600 et 1 800 dollars, c’est assez proche du coût de l’hypothèque. Je sais que le prix du logement est un tout autre sujet. Mais quoiqu’il en soit, pour un ménage, c’est soit la dépense numéro un, selon le nombre d’enfants que vous avez, soit la dépense numéro deux. C’est vraiment dramatique si vous essayez en même temps de rembourser votre hypothèque, ou d’épargner pour votre retraite ou pour le REEE de vos enfants, ou tout simplement de vous en sortir indemne à la fin du mois. C’est un coût supplémentaire énorme pour les nouveaux parents.

ROMA : Il y aurait donc un véritable gouffre financier entre les gens qui choisissent d’avoir des enfants et ceux qui décident de ne pas en avoir.

JANINE : Oui, je pense que, pour les gens qui n’ont pas d’enfants, je ne dirai pas qu’ils ont beaucoup d’argent en trop dans leur budget, mais ils ont plus de marge de manœuvre, car ils n’ont pas à assumer ces frais en plus, mois après mois. Dans de nombreux cas, les familles doivent se démener pour essayer de tout faire fonctionner. Où pouvons-nous faire des économies? Est-ce que je peux gagner plus d’argent? Évidemment, ce serait génial si nous avions des garderies plus abordables et accessibles comme dans certaines provinces, au Québec par exemple.

ROMA : Oui, c’est vraiment dur de devoir acquitter cette facture de frais de garde d’enfants chaque mois, et pendant des années en plus, sans avoir aucun contrôle à cet égard. Il faut payer, c’est tout. J’ai vraiment eu l’impression que, pendant ces années difficiles, ces obligations nous ont obligés à mettre beaucoup de choses de côté. Nous faisions du sur-place, en quelque sorte.

JANINE : Oui, cela peut vraiment ressembler à ça. Vous savez, je regarde notre budget, et je me demande comment nous allons pouvoir continuer à cotiser à notre fonds de retraite, ou au REEE de notre fils. Comment réussir à faire cela quand on paie 20 000 dollars par an en frais de garde d’enfants?

ROMA : Bon, mais alors quel est le compromis? À quoi les gens renoncent-ils par obligation?

JANINE : Je crois que l’épargne-retraite est l’un des grands sacrifiés, car la retraite semble encore loin. Je vois beaucoup de gens qui la remettent à plus tard. Il y a aussi les vacances, auxquelles on renonce parfois quand on a de jeunes enfants. Évidemment, nous sommes toujours en période de pandémie, donc personne ne prend l’avion. Mais avec un peu de chance, quand nous reviendrons à la normale, nous pourrons de nouveau partir. Il y a donc des gens qui choisissent de rester plus près de chez eux, ou qui renoncent purement et simplement à voyager, parce que les frais de garde leur coûtent trop cher.

ROMA : Bon, disons que vous faites une pause, par exemple, dans votre épargne pour la retraite, ou que vous vous contentez de payer le strict minimum pour votre hypothèque pendant les années de frais de garde. Mais une fois ces années terminées, quel est le plan?

JANINE : Je pense que tous les gens devraient prendre des vacances, surtout quand il y a autant de stress dans leur vie. Même s’ils paient 20 000 dollars par an, ou près de 100 000 dollars en tout, pour la garderie. Même s’il est important de se détendre et de se faire plaisir, il ne faut pas oublier ses objectifs, notamment pour la retraite. Il faut donc commencer à se concentrer sur ces objectifs. Si vous devez pour cela rembourser votre prêt hypothécaire, alors vous pouvez en faire une priorité. C’est la même chose si vous devez compenser pour les années où vous n’avez pas pu contribuer à votre épargne-retraite, ou contribuer autant que vous l’auriez souhaité.

ROMA : Lorsque vous décidez d’avoir un bébé, surtout le premier, les embûches sont nombreuses. Vous devez penser à tout ce dont vous avez besoin, vous devez acheter la poussette et le berceau, et vous devez vous préparer à arrêter de travailler pendant un moment. Et pendant ce temps, vous devez aussi continuer à faire vos versements hypothécaires et à payer vos services publics, entre autres, ou payer votre loyer. Est-ce qu’il peut être utile d’épargner à l’avance pour la garde des enfants? Est-ce qu’il y a des gens qui réussissent à le faire?

JANINE : Je suppose que cela dépend de la durée pour laquelle vous planifiez dans le futur. Évidemment, quand il s’agit d’un enfant, on ne peut pas toujours contrôler le moment où on tombe enceinte. Cela peut d’ailleurs prendre plusieurs années. Et dans ce cas, il peut être intéressant de commencer à mettre de l’argent de côté à l’avance. Si vous savez que vous voulez avoir des enfants, vous pourriez par exemple mettre en place un transfert automatique mensuel de 100 dollars par mois vers un compte d’épargne. Sur plusieurs années, cela peut s’accumuler et représenter une belle somme. C’est évidemment différent pour les couples qui se retrouvent dans une situation de grossesse par surprise ou dont la femme tombe enceinte très rapidement. Je pense que c’est un défi d’économiser à l’avance pour les frais de garde, parce qu’il y a tellement de dépenses en plus, comme les poussettes qui coûtent maintenant au moins 900 dollars, semble-t-il, ce que je ne savais pas avant d’être enceinte. En fait, il y a vraiment beaucoup de choses à payer pendant la grossesse. Et quand le bébé arrive, il y a de nouveau beaucoup de choses à payer, alors que votre revenu est réduit. Je ne vois donc que rarement des gens prévoyants qui ont planifié plusieurs années à l’avance.

ROMA : Bon, alors disons que vous êtes vraiment très organisée. Et que vous recevez une importante somme d’argent, ou que vous parvenez à mettre de l’ordre dans vos finances à l’avance. Quel est le meilleur système pour économiser, ou le meilleur moyen de le faire? Vous avez parlé de l’automatisation des finances, j’en suis une grande fan. Comment mettez-vous cela en place? Et quels types de véhicules d’épargne envisagez-vous?

JANINE : Oui, je suis moi aussi une grande fan de l’automatisation des plans d’épargne. Je les trouve fantastiques. Grâce à eux, vous n’avez pas à y penser chaque mois, ou chaque semaine. Je pense que quand vous mettez en place une telle épargne automatique, cette épargne doit aller sur un compte bancaire, évidemment, afin que vous n’ayez pas à payer de frais. Le mieux est de trouver un placement qui rapporte un taux d’intérêt plus élevé, même si bien sûr les taux d’intérêt sont vraiment très bas en ce moment. Par contre, même si le rendement potentiel est élevé, je vous déconseille le marché boursier ou un placement à long terme, puisque vous allez avoir besoin de l’argent relativement rapidement.

J’encourage en tout le monde à se tourner vers certaines des banques en ligne, car elles vous donnent la liberté de retirer votre argent quand vous le désirez, en plus d’offrir un taux un peu plus élevé.

ROMA : Existe-t-il des moyens d’atténuer l’impact des frais de garde? Par exemple, des subventions, des crédits d’impôt? Pouvez-vous nous expliquer?

JANINE : Oui, je crois qu’il existe certaines subventions pour les personnes à faible revenu, selon la province de résidence. Je crois aussi que vous pouvez demander la déduction de vos frais de garde d’enfants sur votre déclaration de revenus et que vous pouvez obtenir un crédit d’impôt de 8 000 dollars au maximum. Mais le problème avec les crédits d’impôt, c’est qu’il faut payer les impôts avant de recevoir l’argent. Autrement dit, vous ne récupérez rien avant le mois d’avril suivant, au moment de faire votre déclaration de revenus. Cela n’aide dont pas les familles sur le moment.

ROMA : Bien sûr, mais vous pouvez récupérer cet argent et le mettre sur un compte pour l’année suivante, pour les factures de garderie par exemple.

JANINE : Bien sûr. Si vous savez que tous les autres facteurs concordent dans votre déclaration de revenus et que vous allez recevoir un remboursement.

ROMA : Voyez-vous des gens qui se disent qu’en fait, ils ne vont pas avoir de deuxième enfant, ou qui avaient toujours pensé en avoir trois, mais qui finalement n’en auront que deux? Est-ce fréquent?

JANINE : Oui, j’ai même eu cette conversation avec deux de mes amies, qui ont des enfants encore assez jeunes et se demandent, avec leur conjoint, s’ils veulent ou non avoir un autre enfant ou s’ils peuvent se le permettre. Et c’est vraiment malheureux de devoir le considérer sous cet angle. Vous savez, j’ai toujours dit que notre famille aura des enfants jusqu’à ce qu’elle se sente bien remplie. Mais quand vous devez ajouter 1 500 $ par mois, ou prendre un congé de maternité en ayant encore besoin de faire garder votre premier enfant, comment pouvez-vous y arriver avec un salaire réduit?

ROMA : Pendant la pandémie, on a beaucoup parlé des parents qui doivent faire leur travail et s’occuper de leurs enfants. Ce sont des sacrifices énormes, c’est vraiment difficile et la garde des enfants est un élément essentiel de cette équation. Comment les familles s’en sortent-elles?

JANINE : Je dirai : pas très bien. Je sais qu’il est très, très difficile d’avoir ses enfants à la maison tout en essayant de travailler. D’après moi, c’est ce qui a conduit tant de femmes à quitter le marché du travail, et cela a accru l’écart salarial. Quand un couple doit abandonner l’un des deux salaires, c’est généralement la femme qui doit quitter son emploi lorsque les enfants sont à la maison toute la journée parce que les écoles et les garderies sont fermées. Cela change beaucoup de choses pour les familles.

ROMA : Et quelles sont les répercussions pour la famille, sur le plan financier, sur le parcours professionnel et sur la rémunération des femmes, mais aussi sur l’atteinte des objectifs financiers?

JANINE : Renoncer à un deuxième revenu a forcément un impact sur les objectifs financiers. Et lorsque les femmes quittent le marché du travail, ce n’est pas seulement à leur salaire qu’elles renoncent. Pour chaque année qu’une femme passe hors du marché du travail, on calcule qu’elle renonce en moyenne à 200 000 dollars en salaire et en croissance salariale future. Il s’agit ici d’augmentations et de promotions potentielles, d’avantages sociaux, ainsi que de la contribution de l’employeur à la retraite. Donc, quand une femme se retire du marché du travail pendant cinq ans, jusqu’à ce que son enfant entre en première année, cela représente près d’un million de dollars si l’on compte le salaire, la croissance salariale et tous les éléments que nous venons de mentionner et auxquels elle renonce.

ROMA : C’est une période vraiment difficile. Je vois tout autour de moi des parents qui se débattent avec toutes sortes de décisions comme celle-ci. Si la pandémie nous a montré quelque chose, c’est à quel point les garderies et les services de garde d’enfants sont indispensables pour permettre aux familles de continuer à travailler. Sans parler des facteurs émotionnels, de l’excellence à l’école, de la capacité à fonctionner correctement sur le plan financier. En revanche, nos choix sont vraiment limités.

JANINE : Tout à fait. Je crois que c’est la raison pour laquelle nous devons continuer à plaider pour un programme de garderie accessible et abordable dans tout le pays, car, sans garderies, il nous est impossible de travailler correctement ou à notre pleine capacité.

ROMA : Merci beaucoup à Janine de nous avoir fait part de ses réflexions aujourd’hui. Celles-ci sont d’autant plus précieuses qu’elle est maman depuis peu et qu’elle vit elle-même cette situation.

Et maintenant, voici mes trois éléments à retenir :

  • Si vous envisagez d’acheter une maison et que vous voulez avoir des enfants, n’oubliez pas de prévoir les frais de garde. Faites vos calculs et assurez-vous que vous parvenez à tout payer chaque mois.
  • Assurez-vous d’obtenir un reçu pour la garde de vos enfants. Si vous y êtes admissible, vous pourriez déclarer ces dépenses et obtenir un remboursement d’impôt.
  • Si vous ne réussissez pas à vous acquitter de toutes vos obligations financières pendant les années de garde d’enfants, ce n’est pas grave. Essayez d’éviter de vous endetter et, une fois que votre enfant aura quitté la garderie, réaffectez cet argent à vos autres objectifs d’épargne. Et ensuite, commencez à économiser au maximum.

ROB : Merci d’avoir écouté cet épisode de Test de résistance. Cette émission a été produite par Hannah Sung et Latifa Abdin.

La postproduction audio a été confiée à Kyle Fulton et Carlay Ream-Neal.

Notre productrice exécutive est Kiran Rana.

ROMA : Merci à Kristi, de Victoria en Colombie-Britannique, et à Janine Rogan, fondatrice de la Wealth Building Academy.

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