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You had your best-laid plans and then COVID-19 came along and hammered the entire economy. But you’ve got this – if you have the right information. Join Rob Carrick and Roma Luciw on Stress Test, a podcast guiding you through one of the biggest challenges your finances will ever face.

ROB :  Le placement a été l’un des dossiers chauds de la pandémie. Il y a eu le krach boursier en mars 2020. Puis un formidable rebond. Nous avons tous entendu parler des actions hyper-spéculatrices et des cryptomonnaies. Mais que cela signifie-t-il pour la génération Z et les milléniaux? Dans l’épisode d’aujourd’hui, nous étudions ce que cela a été d’investir en temps de pandémie. èu

[THÈME MUSICAL]

Bienvenue à Test de résistance, série de balados du Globe and Mail dans laquelle nous nous penchons sur la façon dont la pandémie a transformé les règles des finances personnelles pour les membres de la génération Z et pour les milléniaux.

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Je m’appelle Roma Luciw, je suis rédactrice en chef de la rubrique des finances personnelles du Globe and Mail.

ROMA : Et je m’appelle Rob Carrick, je suis chroniqueur en finances personnelles au Globe and Mail. C’est le dernier épisode de notre troisième saison, Rob.

ROB : Oui. Qui aurait pu imaginer, quand nous avons entamé cette série, que nous aurions le temps de faire trois saisons pendant la pandémie. Nous ne nous sommes pas vus en personne de toute la pandémie. Uniquement par Zoom, Squadcast ou les autres applications de baladodiffusion que nous avons utilisées. Que pensez-vous de la façon dont les choses se sont passées au cours des trois dernières saisons?

ROMA : Je pense que cela a vraiment été une balado de la pandémie. Je ne vois pas comment j’aurais pu prévoir tout cela. Évidemment, dire que j’aurais pu prévoir une pandémie serait un peu exagéré, mais dire que j’aurais pu prévoir une baladodiffusion pendant une pandémie l’est encore plus. Pourtant, je pense que nous avons fait un travail incroyable. C’est bien sûr une période très excitante pour parler d’argent, car il y a eu de réels changements que nous, journalistes financiers, pouvons exposer et tenter d’expliquer.

ROB : Je couvre les finances personnelles depuis plus de 20 ans. Et cette dernière année a été de loin la période la plus spectaculaire, la plus incroyable et la plus surprenante. Même en comptant la crise financière de 2008-2009, dont je pensais jusque là que c’était le plus grand spectacle auquel j’avais assisté. Je me trompais. La pandémie et ce qu’elle a fait à l’argent ont été quelque chose de tout simplement époustouflant.

ROMA : Tout à fait. Je dois dire que le plus intéressant pour moi, et pour vous aussi, je le sais, est d’écouter nos auditeurs. Avoir des commentaires, que nos auditeurs nous disent de quoi ils veulent entendre parler ou qu’ils aiment un sujet que nous avons abordé. C’est l’un des aspects les plus gratifiants de nos balados. Je veux vraiment remercier tous ceux qui nous ont contactés. C’est très important pour nous, et nous ne pourrions pas faire ces balados sans vous.

Mais donc, parlons un peu de ce qui a été sans aucun doute, comme vous l’avez dit, l’un des dossiers les plus chauds de la pandémie : cet afflux de jeunes adultes qui ont trouvé leur chemin vers le marché boursier. Vous et moi savons depuis des années que, lorsque nous faisons des présentations sur l’éducation financière dans les collèges et les universités, le domaine du placement suscite un vif intérêt. Mais ce qui a changé, avec la pandémie, c’est que ces jeunes s’y sont mis, ils ont commencé à faire des transactions. Cela a vraiment décollé. Vous qui écrivez sur ce sujet depuis de nombreuses années, pouvez-vous mettre cela en perspective pour nous?

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ROB : J’ai toujours considéré que le placement était principalement pratiqué par les baby-boomers et les retraités. Beaucoup de jeunes s’y intéressaient et y pensaient, mais ils ne passaient pas à l’action, si je puis dire. Après la crise financière de 2008-2009, on disait des investisseurs de la génération du millénaire qu’ils avaient été effrayés par l’effondrement du marché, qu’ils étaient devenus très prudents et qu’ils avaient en quelque sorte abandonné les actions. Du coup, j’ai été vraiment étonné, en mars, en avril, en mai 2020, de voir tous ces jeunes faire le saut. C’est vraiment génial. Je pense que cela a vraiment élargi et démocratisé le placement d’une manière que, à mon avis, nous n’aurions pas pu imaginer il y a 24 mois.

ROMA : Rob, qu’est-ce qui, dans cette pandémie, a poussé tant de gens à se lancer dans le placement?

ROB : C’était en partie une question d’instinct. C’est quand le marché est en baisse que l’on est censé y entrer, et les experts en placement ont toujours dit qu’il fallait acheter à bas prix, quand les choses vont mal. C’est ce que les gens ont fait, et c’est exactement ce qu’il fallait faire. Mais il y a un autre aspect : les nouvelles technologies. Aujourd’hui, vous pouvez faire des transactions depuis votre téléphone, avec des applications gratuites. Il existe également des services de courtage en ligne accessibles sur votre ordinateur, portable ou de bureau, ou sur votre téléphone. La technologie permet de faire des transactions n’importe où. Et aussi, les gens étaient chez eux, pendant la pandémie. Ils s’ennuyaient, ils voulaient de l’action. Exactement ce que la bourse peut offrir. On peut dire que c’est une combinaison de forces qui a engendré ce phénomène. Je ne pense pas que nous le reverrons un jour. Mais j’espère vraiment que les jeunes garderont cette habitude d’investir.

ROMA : Je suis frappée par le fait que les gens qui étaient propriétaires de leur maison disposaient de beaucoup d’argent supplémentaire et faisaient beaucoup de travaux autour de leur maison. Les jeunes qui n’allaient pas au concert, dans les bars ou au restaurant, qui ne faisaient rien de tout ça, ont pris l’argent qu’ils ne dépensaient pas et l’ont investi. Et c’était un moment très intéressant pour commencer à investir. Alors, je leur dis bravo, ils ont vraiment fait ce qu’il fallait. Je suis curieuse de voir ce qui va se passer dans les mois et les années à venir.

ROB : C’est pour toutes ces raisons que nous avons lancé notre appel habituel à nos auditeurs pour qu’ils nous racontent leurs histoires de placement, et comment ils ont réagi aux hauts et aux bas de la pandémie.

ROMA : Nous avons reçu de nombreuses réponses, faisant état d’expériences très diverses... dont certaines auxquelles nous ne nous attendions vraiment pas.

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ROB : L’une d’entre elles a retenu mon attention : un investisseur de 15 ans nous a écrit pour nous raconter son histoire.

ROMA : Ce n’est pas tous les jours que nous recevons une réponse d’un jeune homme de 15 ans. Nous l’avons donc contacté, ainsi que deux autres auditeurs, pour savoir ce qu’ils avaient à dire sur le placement en général, et sur le placement pendant la pandémie en particulier. Vous en saurez plus à ce sujet dans un instant.

PRÉ-LANCEMENT : Cette baladodiffusion vous est présentée par Investissements RPC. Vous pouvez être rassuré, le Régime de pensions du Canada est là pour vous. Nous investissons pour garantir que le RPC demeurera solide, durable et sûr, à long terme, pour des millions de Canadiens. Pour en savoir plus, allez à investissementsrpc.com.

[MUSIQUE]

ROB :  L’un des auditeurs qui nous ont répondu est William. La ligne d’objet faisait nettement ressortir son message de la vague de courriels que nous avons reçus. Elle se lisait comme suit : « Je suis un jeune investisseur et j’ai lu votre article. » Imaginez ma surprise, en ouvrant le courriel, quand j’ai vu qu’il avait 15 ans et qu’il investissait depuis au moins deux ans. Toute l’équipe était d’accord, nous devions le faire participer à cet épisode.

Bon, William, je regarde l’heure. Il est environ 9 heures du matin et la plupart des jeunes de ton âge sont à l’école. Quelle est l’histoire?

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WILLIAM : Eh bien, j’ai envoyé un courriel parce que j’ai vu passer un article sur les jeunes investisseurs, et j’ai décidé que je voulais participer à cette balado, parce que je pensais que ce serait vraiment cool. Donc, j’ai envoyé mon courriel, et ma mère m’a permis de ne pas aller à l’école ce matin.

ROB : Tu dis dans ton courriel que tu as 15 ans et que tu es un investisseur chevronné. Et bien sûr, cela a vraiment attiré mon attention, parce que je connais beaucoup de gens qui ont 25, 35 et 45 ans, et qui n’ont pas compris le message sur l’investissement en actions. Comment as-tu commencé à t’intéresser au marché boursier à un si jeune âge?

WILLIAM : J’étais en voiture avec ma tante Ray et je lui ai demandé ce qu’était une action. Elle me l’a expliqué. Je trouvais ça super cool de pouvoir posséder une petite partie d’une entreprise et de gagner de l’argent grâce à elle.

ROB : Tu ne peux pas vraiment investir par toi-même parce que tu n’as que 15 ans et il faut être majeur pour investir, c’est-à-dire avoir 18 ou 19 ans. Alors comment fais-tu pour contourner cette règle?

WILLIAM : Eh bien, il m’a fallu environ un an de recherche, parce que j’ai commencé quand j’avais 12 ans. J’ai commencé à faire des recherches sur les sociétés de courtage et sur les actions à acheter. Dès que j’ai convaincu ma mère que je n’allais pas perdre tout mon argent, elle m’a ouvert un compte et, pendant six mois, je lui ai tout dit sur chaque transaction que j’allais faire. J’ai fini par gagner sa confiance, et elle m’a permis de commencer à faire des transactions par moi-même.

ROB : Quel est l’endroit le plus bizarre où tu as fait une transaction boursière avec ton téléphone?

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WILLIAM : Sans doute les toilettes de l’école!

ROB : En fait, j’ai entendu dire que c’est une tendance de faire ses transactions depuis les toilettes, donc tu n’es pas seul! Cela fait maintenant deux ans que tu investis, cela signifie que tu as vu beaucoup d’action sur le marché boursier. Je pense à mars 2020, alors que le marché boursier est passé brutalement d’un sommet à un creux, moins 33 %. Vraiment effrayant. J’ai vu des investisseurs expérimentés m’envoyer des courriels dans lesquels je pouvais devenir leur panique. Comment as-tu vécu cette période?

WILLIAM : J’ai eu de la chance, car avant le krach de la COVID, j’avais encaissé la plupart de mes placements. J’avais un peu peur parce que le marché était devenu très spéculatif à ce moment. Parce que j’avais entendu parler de la COVID, je me suis dit que cela allait être énorme. J’avais raison, non? Et en fin de compte, mes pertes ont été minimes.

ROB : Tu es en train de me dire que tu as vu le krach arriver et que tu es sorti du marché? Pourtant, la plupart des gens ne l’ont pas fait!

WILLIAM : Hum. Ouais. J’ai eu beaucoup de chance, et c’est tout. Je ne savais pas quand le krach allait se produire, bien sûr. J’ai juste eu une sorte de pressentiment.

ROB : Donc, le krach arrive, le marché baisse rapidement. C’est la chute libre. Qu’as-tu fait ensuite?

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WILLIAM : J’ai commencé à injecter des liquidités dans mon compte, et j’ai commencé à essayer d’acheter la baisse avec des entreprises qui, selon moi, allaient survivre.

ROB : Quel est ton objectif de placement?

WILLIAM : Mon objectif ultime, c’est la retraite. Je fais beaucoup de feuilles de calcul sur la retraite. Mais mon objectif ici, pour le moment, c’est juste d’avoir une sorte de fonds d’urgence, un peu d’argent de côté pour faire ce que je veux.

ROB : Donc, tu as 15 ans et tu parles de retraite. Voyons un peu. À quel âge penses-tu pouvoir prendre ta retraite?

WILLIAM : À 65 ans.

ROB : Je pensais que tu allais me dire 35 ans, ou quelque chose comme ça.

WILLIAM : Oui, je dois dire que je ne suis pas trop intéressé par ces trucs de retraite anticipée. Je veux investir à long terme, et prendre ma retraite avec un tas d’argent.

ROB : William, l’une des tendances auxquelles j’ai beaucoup réfléchi l’année dernière, en tant que chroniqueur financier personnel et auteur d’articles sur le placement, c’est la façon dont le marché boursier s’est ouvert à toutes sortes de nouvelles personnes qui n’avaient jamais vraiment été des investisseurs. Et grâce aux nouvelles technologies, à Internet et à toutes sortes d’appareils, nous avons un jeune de 15 ans qui entre sur le marché. As-tu l’impression que les marchés boursiers vous sont largement ouverts, et qu’ils sont totalement accessibles aux jeunes comme toi?

WILLIAM : Hum, non.... Je n’ai pas vraiment cette impression. Parce que, vous savez, il y a évidemment le facteur âge. Il faut avoir 18 ans pour investir, et je n’ai pas non plus l’impression qu’il y a assez d’éducation sur ce sujet.

ROB : Qu’aimerais-tu voir arriver?

WILLIAM : J’aimerais que l’on enseigne la finance dès la maternelle. Je pense que ce serait très important car, dans le système dans lequel nous vivons, l’éducation financière est vitale pour l’avenir des individus. Vous ne trouvez pas?

ROB :  Quelle serait la leçon numéro un que vous aimeriez enseigner à ces enfants de maternelle au sujet de l’argent?

WILLIAM : Les bases de l’épargne, disons. Vous savez, ne pas dépenser tout son argent, L’épargne, c’est quelque chose de très important.

ROB : Et les jeunes de ton âge? Si tu pouvais leur donner une leçon, les jeunes de 15 ans s’approchent du collège et de l’université, dans quelques années, quelle est la meilleure leçon que tu pourrais leur donner sur le placement?

WILLIAM :  Le plus important, pour moi, c’est de commencer jeune. Commencer à 18 ans ou à 30 ans, ce n’est vraiment pas la même chose à long terme en raison des intérêts composés. Si vous commencez à 18 ans et prenez votre retraite à 65 ans, si vous placez 200 dollars par mois dans un fonds d’investissement avec un rendement d’environ 9 %, je crois qu’avec le temps, vous prendrez votre retraite avec six fois plus d’argent que si vous commencez à 35 ans. Donc, commencer jeune. Voilà la première chose que je leur apprendrais.

ROB : Voilà. C’était donc William, 15 ans, qui nous a expliqué comment gagner de l’argent en bourse.

[MUSIQUE]

ROMA :  Rob, qu’avez-vous à ajouter à propos de William?

ROB : William va conquérir le monde. Ce garçon a tout compris et c’est déjà un investisseur intelligent et avisé. À 15 ans, il a le même niveau de compétences que beaucoup de lecteurs du Globe Mail de 55 ans que j’ai rencontrés! Alors, vas-y, William! Et vous, Roma, que pensez-vous de lui?

ROMA : Mon fils de 13 ans s’intéresse très peu à l’épargne, aux hypothèques et aux cartes de crédit, mais il est très intéressé par le placement. Je pense que c’est un domaine qui va devenir de plus en plus intéressant pour les jeunes adultes, et William ouvre la voie.

Nous avons beaucoup parlé, pour préparer cet épisode, du fait que le placement a longtemps été dominé par les hommes et par les gens fortunés. Mais c’est en train de changer. On estime que d’ici 2026, les femmes contrôleront la moitié de la richesse personnelle au Canada. J’ai parlé à une jeune femme qui investit depuis un certain temps, pour connaître son point de vue sur la question. Nous y venons tout de suite après.

PUBLICITÉ : Cette baladodiffusion vous est présentée par Investissements RPC. Chez Investissements RPC, nous ne perdons jamais le long terme de vue. Nous investissons pour assurer la sécurité financière de toutes les générations de Canadiens. Nous diversifions nos investissements entre les régions et les catégories d’actifs, de façon à tirer parti des meilleures occasions et à générer des rendements durables à long terme. Le fonds dépasse aujourd’hui les 400 milliards de dollars. Pour en savoir plus sur le rendement de nos investissements pour les Canadiens, consultez le site Investissementsrpc.com.

[MUSIQUE]

ROMA : Eva a 29 ans. Elle vit à Toronto et travaille dans le secteur des technologies. Elle nous a écrit pour nous parler de son expérience de placement pendant la pandémie. Je lui ai demandé comment elle avait commencé à investir.

Parlons un peu de la façon dont vous avez commencé à investir. Comment vous êtes-vous retrouvée sur cette voie?

EVA : Dans la famille monoparentale issue de l’immigration dans laquelle j’ai grandi, nous n’avons jamais eu d’argent. L’argent était toujours considéré comme un bien précieux que l’on tente de conserver, au mieux. Et mon père, notre seul parent donc, avait perdu de l’argent qu’il avait investi dans Nortel, et il qualifiait la bourse de « la pire chose qui existe sur terre, ne vous en approchez pas ». Par exemple! Donc, j’ai acquis une grande partie de ma formation en matière de placement et de finance en général par moi-même, par intérêt, au début de la vingtaine. Et je ne me suis pas vraiment lancée concrètement dans ce type de placements avant l’arrivée de WealthSimple, en 2015. À l’époque, c’était une équipe beaucoup plus réduite, et je travaillais dans le milieu des entreprises de technologie en démarrage. Et il y a eu une séance d’initiation à l’heure du lunch, et la nourriture était gratuite. Nous nous sommes dit, super, nous allons écouter votre présentation d’une demi-heure contre de la pizza gratuite.

ROMA : Bon, parlez-moi de votre approche, vous deviez évidemment avoir un peu d’argent pour commencer à investir. Comment avez-vous fait? Aviez-vous mis de côté un petit pécule? Ou avez-vous commencé en faisant des dépôts automatiques? Et comment avez-vous décidé de la façon de procéder?

EVA : Au début, j’ai commencé avec 500 dollars, un petit montant, mis de côté mois après mois. Et je voulais faire des paiements automatiques de 500 dollars chaque mois. À l’époque, cela représentait 15 à 20 % de mon revenu mensuel, probablement plus près de 20 % d’ailleurs.

ROMA : Oui, 500 dollars par mois pour une jeune de 22 ans, c’est vraiment impressionnant.

EVA : Oui, merci.

ROMA : Je veux insister là-dessus. Ce n’est vraiment pas rien. Je suppose que vous aviez probablement des finances en assez bon état pour pouvoir vous permettre de faire ça, par exemple vous n’étiez pas en train de rembourser d’énormes prêts d’études. Quoiqu’il en soit, si jeune, c’est une sacrée somme à éviter de dépenser.

EVA : Merci. Oui, j’avais un prêt d’études, mais il n’était pas énorme. Je remboursais environ 400 dollars par mois.

ROMA : Donc, vous avez décidé de mettre de côté les 500 dollars par mois au début. Comment avez-vous pris vos décisions en ce qui concerne le placement?

EVA : Il fallait juste mettre cet argent de côté et l’oublier. Et à chaque point d’inflexion auquel mes revenus augmentaient, j’ai essayé de faire en sorte qu’un plus grand pourcentage de mes revenus soit consacré à l’épargne et au placement.

ROMA : Utilisez-vous un robot-conseiller pour tout cet argent?

EVA : Oui. Je dirais que je suis une approche 90/10. Autrement dit, 90 % de mon épargne et de mes investissements sont consacrés à des placements qui s’appuient sur des recherches, c’est une approche qui a fait ses preuves dans le milieu universitaire. C’est donc un portefeuille diversifié, automatisé et dont le coût est faible grâce à un robot-conseiller. Et ce qui reste, 10 %, me permet de m’amuser un peu.

ROMA : D’accord. Et dans quoi ces 10 % sont-ils investis?

EVA :  C’est assez diversifié. Je veux dire, j’ai par exemple acheté des actions d’Air Canada lors du creux de 2020. C’est un exemple.

ROMA : À quelle fréquence vérifiez-vous vos investissements?

EVA : C’est une bonne question. Disons, une fois par semaine?

ROMA : D’accord. Et quel est le mécanisme? Le faites-vous sur votre téléphone? De quelle manière regardez-vous?

EVA : Juste sur mon téléphone. Toutes les applications sont chargées dans mon téléphone. C’est mon principal outil.

ROMA : Je suis curieux de savoir où une personne qui commence à investir, ou même qui fait du placement depuis un certain temps, trouve l’information dont elle a besoin? Est-ce en ligne que ça se passe?

EVA : Quand j’ai commencé, je ne pense pas qu’il y avait une tonne de ressources faciles à consulter, et rédigées ou créées spécialement pour le marché canadien. Je pense que cela a changé au cours des dernières années. Vous savez, j’adore Rational Reminder, la balado, et ce que Ben Felix et Cameron y ont pour produire un contenu spécifique au Canada que d’autres personnes dans le monde entier écoutent et doivent ensuite interpréter, en fonction de leurs propres objectifs. Je trouve ça extraordinaire.

ROMA : Faites-vous partie d’un groupe de discussion en ligne? Vous savez, il y a eu un vrai raz-de-marée de jeunes investisseurs qui se sont lancés sur Reddit, WhatsApp ou autre... Est-ce que vous obtenez des informations de cette façon?

EVA : Oui, je reçois des informations par la communauté Rational Reminder, c’est plus un discord qu’un forum Reddit. Il y a aussi un petit groupe d’investisseurs de Toronto que quelqu’un que je connais a mis en place. Je suis surtout une consommatrice d’information.

ROMA : Vous êtes dans le placement depuis 2015, donc vous avez vu à quoi ressemble un repli brutal, comme lorsque les actions se sont effondrées en mars 2020. On dirait que vous étiez préparée. Avez-vous eu un moment de panique lorsque vous avez compris la situation, avez-vous ressenti cette boule au ventre? Ou étiez-vous bien préparée?

EVA : En matière de placement, et aussi dans la vie, je prends beaucoup de risques. Entre autres, je fais de la plongée sous-marine et du saut en parachute. Donc, en matière de placement, je prends également des risques. Cela correspond bien à ma personnalité et à mon âge. Ce qui est important, c’est de connaître sa tolérance au risque. Mais évidemment, un événement comme celui de mars 2020 est quelque chose de très particulier. Vous savez, beaucoup de personnes de mon groupe d’âge affirmaient ou croyaient que, si la valeur de leur portefeuille baissait de 30 %, il n’y aurait rien de dramatique. Mais quand cela arrive vraiment, et la valeur de votre portefeuille baisse de 30 %, comme en mars 2020, que faites-vous? Rétrospectivement, c’était le creux du marché. Mais je ne le savais pas, évidemment, à l’époque. Mais j’avais quelques milliers de dollars de côté, j’ai doublé mon versement ce mois-là, et cela m’a rapporté gros par la suite. Car oui, la valeur de mon portefeuille a bien baissé de 30 %, environ à ce moment.

ROMA : À quoi cet argent doit-il servir? Pour combien de temps l’avez-vous investi et quel est votre objectif pour cet argent?

EVA : C’est une très bonne question. Mes placements représentent mon pécule pour la retraite, en majorité du moins. Je suis locataire, je suis même fière d’être locataire. En théorie, je pourrais faire un petit effort financier, et par exemple acheter un condo. Mais il faut aussi tenir compte des chiffres, de ma capacité de payer, de mon désir de mettre de l’argent de côté, et de mon mode de vie. Avant, je voyageais six mois par an. Je travaille à distance depuis six ans. Ce n’est donc pas aussi important pour moi que pour la plupart des gens. La meilleure version du travail à distance, pour moi, c’est la possibilité de travailler depuis l’Afrique du Sud ou la Nouvelle-Zélande, ou de travailler dans un van, ou depuis chez moi, à Toronto. La version où chacun est enfermé chez soi, c’est malheureusement la version que tout le monde a connue, mais il y en a beaucoup d’autres. Donc, ça n’a jamais eu de sens pour moi de posséder ma maison et de devoir payer tous les coûts qui vont forcément avec.

ROMA : Et d’être attachée par une hypothèque. Mais je suis curieuse de savoir ce que votre père ou votre famille pense de ce choix de placement que vous avez fait.

EVA : Mon père est un immigrant d’origine asiatique. Il y a deux questions qu’il me pose immédiatement, chaque fois qu’il me voit : Vas-tu te marier? Quand vas-tu acheter une maison? Je pense qu’il ne comprend pas bien les raisons pour lesquelles je ne fais pas certains choix. Par exemple, pourquoi je choisis de louer alors que je pourrais utiliser mes placements comme mise de fonds. En revanche, je crois qu’il a un certain respect pour mes décisions et pour moi. Il ne comprend pas bien, mais il voit que je suis capable de m’occuper de mes affaires.

ROMA : D’accord. Depuis que la pandémie a commencé, il y a eu une vague de nouveaux investisseurs. En tant que femme de couleur, en tant que femme immigrante, tous ces aspects qui font que quelqu’un comme vous ne correspond pas à l’image que l’on se fait habituellement d’un investisseur, vous n’êtes peut-être pas l’investisseur type que l’on imagine parfois, mais vous êtes peut-être représentative des gens qui arrivent de plus en plus pour investir sur les marchés. Avez-vous le sentiment que certaines des barrières au placement sont tombées? Voyez-vous plus de gens se lancer?

EVA : Oui, dans mon propre groupe d’amies et d’amis, disons dans mon noyau dur de six amis, nous avons tous des degrés variables de maîtrise dans le domaine du placement. Et la plupart d’entre nous sont des personnes de couleur. En particulier, les femmes ont tendance à penser que la finance n’est pas leur truc. Parmi les participants des forums et des groupes WhatsApp, par exemple, environ 90 % sont des hommes. Je crois que, quelle que soit la raison de cette situation, par exemple les normes de la société, il est essentiel que les femmes comprennent que le placement n’est pas une chasse gardée des hommes. Il est ouvert à toutes et à tous. En fait, chacun devrait consacrer suffisamment de temps à ses finances pour les comprendre et se sentir à l’aise. Parce que c’est important. C’est même essentiel, par exemple pour la façon dont vous choisissez d’investir votre capital et votre temps, entre autres. Et aussi pour les résultats que vous pouvez obtenir pour votre avenir.

ROMA : Merci beaucoup de vous être jointe à nous, Eva. Je pense que vos commentaires sont très précieux et qu’ils vont donner à beaucoup de jeunes femmes l’envie de se lancer dans le monde du placement.

EVA : Le plaisir était pour moi, Roma, merci.

[MUSIQUE]

ROMA : Rob, Eva a suivi une voie différente et fait appel à un robot-conseiller comme principal outil. En plus, elle choisit elle-même une petite partie de ses placements. Que pensez-vous de cette approche?

ROB : Bravo! Je suis un grand fan des robots-conseillers. Je pense qu’ils résolvent de gros problèmes pour les investisseurs qui veulent une approche de placement peu coûteuse, solide, bien exécutée, et qui compte sur l’aide d’experts. Vous donnez de l’argent à un robot-conseiller, il le place dans un portefeuille bien diversifié. Je pense qu’ils sont une très bonne solution à beaucoup de problèmes. J’aimerais qu’ils soient plus populaires car je pense qu’ils sont bons pour les investisseurs, jeunes et vieux.

ROMA : Eva se décrit comme une personne qui est à l’aise avec le risque. Mais dans mon esprit, elle a fait tout ce qu’il fallait avant de commencer à investir.

ROB : Vous savez, je pense qu’on n’insistera jamais assez sur l’importance d’avoir un fonds d’urgence avant de se lancer sur le marché boursier. Vous devez, nous en avons parlé dans plusieurs épisodes de notre balado, avoir de l’argent sur lequel compter en cas d’urgence soudaine, la pandémie n’étant qu’un exemple. Donc, ayez au moins quelques milliers de dollars de côté, vous savez, 3, 6 ou 9 mois de dépenses, en sécurité dans un compte d’épargne. Ce n’est qu’ensuite que vous pouvez songer à investir. Car vos placements ne sont pas un fonds d’urgence. Un krach boursier peut attaquer vos gains de placement en un clin d’œil. Vous avez besoin d’argent en sécurité. Une fois que c’est fait, vous pouvez passer au placement.

[MUSIQUE]

Il nous reste une personne à écouter. Stephen a 29 ans. Et il vit à Toronto. Ce musicien indépendant investit son argent depuis qu’il a 17 ans. J’ai commencé par lui demander comment il a réagi au krach boursier de mars 2020.

Comment était-ce d’investir pendant la pandémie? Je voudrais que vous commenciez par le grand krach de mars 2020.

STEPHEN : Oui, ça a été une sacrée aventure. J’ai compris la gravité de la pandémie en mars, et j’ai vu mes propres placements commencer à dégringoler. Et j’ai vu un peu plus d’une décennie d’économies passer de gains plutôt modestes à des chiffres négatifs. Même si on sait que la situation semble toujours se rétablir, personne n’avait la moindre idée de ce qui allait se passer. Donc, au début, j’étais vraiment découragé de voir commencer à disparaître l’épargne que j’avais accumulée petit à petit pendant une décennie.

ROB : Donc, vous êtes là, en train de regarder ces placements de longue date commencer à fondre sous vos yeux. Mais ensuite vous agissez. Dites-nous ce que vous avez fait.

STEPHEN : J’ai pris le maximum d’argent liquide que j’avais sous la main et, alors que je voyais le marché chuter sans interruption, j’ai continué à agir comme s’il s’agissait d’une occasion d’achat unique, et j’ai mis tout ce que je pouvais dans les placements les plus sûrs que je pensais avoir dans mon portefeuille.

ROB : L’une de mes théories est que la pandémie a en quelque sorte démocratisé le placement et l’a ouvert à des gens qui n’avaient jamais investi auparavant, et qui ont eu beaucoup de succès. Vous investissez depuis longtemps, mais est-ce que vos amis et vous-même vous intéressez de plus en plus au placement, en voyant ses bons côtés grâce à la pandémie, aux gains boursiers, au fait que vous êtes chez vous et qu’il est facile de faire des transactions grâce aux nouvelles technologies et aux nouvelles applications, entre autres? Est-ce que cela a été une sorte d’âge d’or des transactions boursières pour vous?

STEPHEN : Pour moi, personnellement, au cours des 18 derniers mois, je n’ai jamais fait autant de transactions boursières. Avant la pandémie, je faisais peut-être quatre à huit transactions par an. Et l’an dernier, oui, j’en ai fait beaucoup plus, et j’ai aussi beaucoup plus surveillé mes placements. Et j’ai aussi remarqué que, dans mon entourage, certaines personnes de mon âge s’y mettaient, en employant des outils que je n’avais jamais imaginés, qui avaient l’air presque trop brillants, trop chromés. Moi, je préfère que ma banque soit plutôt ennuyeuse et fiable.

ROB : Donnez-nous une idée du type de gains que vous avez réalisés dans votre portefeuille pendant la pandémie, par rapport à ce qu’ils étaient avant la pandémie. Donnez-nous quelques détails juteux.

STEPHEN : En pourcentage, nous parlons d’une augmentation de 15 à 20 %, puis d’une baisse de 15 à 20 %, et maintenant d’un gain d’environ 35 %.

ROB : Stephen, croyez-vous à l’inévitable baisse du marché boursier? Vous savez, l’une des critiques que l’on fait aux jeunes investisseurs d’aujourd’hui, c’est qu’ils se comportent comme des génies de la bourse, parce que tous leurs placements sont en hausse perpétuelle. Normal, tout est à la hausse! En ce moment, le marché est vraiment haussier. Vous-même avez une perspective à plus long terme : comment voyez-vous la prochaine récession, quand se produira-t-elle et que faites-vous pour vous y préparer?

STEPHEN : Vous avez raison, tout est en hausse et je ne pense pas que ma situation soit vraiment unique. Ce que j’entends de plus en plus, et je pense que ce qui nous préoccupe tous, c’est ce qui va se passer lorsque nous sortirons de la pandémie. Et évidemment, il y a des inquiétudes concernant l’inflation. Je me prépare donc à ces éventualités, notamment en faisant des recherches sur les fonds négociés en bourse d’obligations ou sur d’autres placements aussi sûrs que possible.

ROB : Quels sont vos objectifs de placement? Beaucoup de gens disent qu’ils investissent pour leur retraite, pour les études de leurs enfants, pour un autre grand objectif de vie. Vous êtes jeune, vous avez une longue, longue vie devant vous. Est-ce pour la retraite que vous investissez cet argent, ou est-ce à plus court terme?

STEPHEN : L’une des principales raisons pour lesquelles j’ai commencé à investir si tôt, c’est que je savais que je voulais être musicien indépendant. Et sachant cela, je savais aussi que je n’aurais pas de régime de retraite d’employeur. Donc, qui va épargner pour ma retraite? Eh bien, forcément, ce sera moi. Mon but a toujours été d’avoir un régime de retraite autofinancé, et aussi d’avoir une sorte de fonds d’urgence. Autrement dit, le long terme a toujours été la retraite. Ce serait merveilleux si j’avais assez d’économies pour avoir une mise de fonds pour acheter une maison. Mais cela fait quelque temps que je me suis fait à l’idée que je pourrais être locataire pour toujours.

ROB : Merci beaucoup, Stephen.

STEPHEN :  Merci de m’avoir invité!

ROMA : Alors, Rob, quels sont les éléments que vous retenez de cet épisode?

  • ROB : Premièrement, commencez à investir dès que vous le pouvez. Mettez en place un programme périodique où vous ajoutez de l’argent à vos placements chaque fois que vous êtes payé. Faites-le pendant des décennies.
  • Deuxièmement, commencez petit avec un robot-conseiller si vous craignez de perdre de l’argent. Les robots-conseillers, pour un coût très raisonnable, fournissent une aide très solide aux investisseurs, nouveaux ou de longue date.
  • Troisièmement, utilisez des sources d’information fiables si vous comptez choisir vous-même vos placements. Les forums Internet sont une chose, mais il faut vérifier deux, trois ou quatre fois auprès d’autres sources d’information.

ROMA : Merci d’avoir écouté Test de résistance.

Cette émission a été produite par Latifa Abdin et Hannah Sung.

Kyle Fulton et Carlay Ream-Neal se sont chargés de la postproduction audio.

Notre productrice exécutive est Kiran Rana. Merci à William, Eva et Stephen de nous avoir raconté leurs histoires.

ROB : Si vous avez aimé ce que vous avez entendu, parlez-en à tout le monde. Laissez-nous une évaluation et un commentaire sur Apple Podcasts.

ROMA : Vous trouverez Test de résistance (Stress Test en anglais) sur Apple Podcasts, Google Play, Spotify ou votre application de baladodiffusion préférée. Vous pouvez nous trouver sur theglobeandmail.com, où nous abordons toutes les facettes des finances personnelles. Si vous voulez une quatrième saison, dites-le nous. Qui sait, peut-être Rob et moi pourrons-nous nous rencontrer en personne! Merci de nous avoir écoutés.

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