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You had your best-laid plans and then COVID-19 came along and hammered the entire economy. But you’ve got this – if you have the right information. Join Rob Carrick and Roma Luciw on Stress Test, a podcast guiding you through one of the biggest challenges your finances will ever face.

Rob : La pandémie a bien sûr bouleversé nos habitudes de dépenses en alimentation. Mais les jeunes Canadiens dépensent-ils davantage à l’épicerie? Les dépenses à l’épicerie ont-elles remplacé les dépenses au restaurant et dans les bars? Les tendances comme les boîtes repas et les achats en ligne sont-elles là pour longtemps? Dans l’épisode d’aujourd’hui, nous nous penchons sur les dépenses en alimentation.

Roma : Bienvenue à Test de résistance, une série de baladodiffusions du Globe and Mail qui se penche sur la façon dont la pandémie a transformé les règles des finances personnelles pour les membres de la génération Z et les milléniaux.

Rob : Je m’appelle Rob Carrick, je suis chroniqueur financier au Globe and Mail.

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Roma : Et je suis Roma Luciw, rédactrice en chef de la rubrique des finances personnelles du Globe and Mail.

Alors, Rob, nous allons parler alimentation aujourd’hui. Je suis vraiment contente, c’est l’un de mes sujets préférés.

Et d’après les photos que vous avez insérées, de repas que votre famille prend chez vous, je suppose que c’est aussi important chez vous?

Rob : Et comment! Mais en fait, qui ne pense pas son temps à penser à manger ces jours-ci? Nous sommes coincés chez nous comme jamais. Et manger est l’un des rares plaisirs qui nous restent en pleine pandémie. Donc, oui, chez nous, nous pensons davantage à la nourriture et nous en préparons plus. Et chez vous?

Roma : J’ai eu une mission de rêve, avec cet épisode : goûter de la nourriture pour mon travail de journaliste. Nous avons donc testé des boîtes repas pendant quelques semaines. Je peux vous dire que la nourriture était vraiment savoureuse. Nous avons notamment goûté des tacos à la morue, et nous nous y connaissons pas mal en tacos chez nous. J’ai trouvé les ingrédients frais, de saison. Une belle recette inventive. Ce n’est vraiment pas quelque chose que j’aurais pensé faire. J’ai aimé le fait qu’ils n’aient pas eu peur de mettre certains légumes plus controversés, ne serait-ce que pour les enfants. Les miens ne se seraient pas tournés spontanément vers les radis et les betteraves marinées. Et tous les ingrédients étaient fournis. C’était assez facile à faire. Un repas pour la famille, livré à notre porte. Très pratique.

Rob : Qu’est-ce que vous avez moins aimé?

Roma : Je crois que le principal point négatif pour nous était que les portions n’étaient pas très généreuses.

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Il y avait assez à manger pour moi, mais mon mari mange évidemment plus et il a dû se servir du fromage ce soir-là, pour compléter. Et il n’y avait pas de restes après le dîner, ce qui est un problème pour moi qui déteste préparer les lunchs pour l’école. Ça, c’était un gros point négatif pour moi. Et il y a aussi l’emballage. Je me suis sentie très coupable quand j’ai compris qu’il fallait que je jette tout ou que je me batte pour réutiliser le petit récipient en plastique qui contenait du vinaigre dans lequel je devais faire mariner les betteraves.

Et j’ai aussi trouvé que c’était un peu cher pour quatre personnes. Cela revenait à environ onze dollars par personne. Je sais que je peux faire des tacos au poisson pour moins de 44 $ pour nous tous, et il y a des restes. N’oubliez pas non plus que vous devez préparer toute la nourriture vous-même. Elle ne vous arrive pas toute prête.

Rob : Ma question a un rapport avec les épiceries. Nous sommes plus ou moins confinés dans nos maisons. Nous avons le temps de faire des repas. Nous faisons tous une grosse épicerie complète, chaque semaine. Pourquoi ne pas simplement acheter les produits et préparer les repas nous-mêmes?

Roma : Je suis contente que vous me le demandiez. C’est un peu ma conclusion à la fin de notre expérience. J’ai donc lancé un appel sur les réseaux sociaux, curieuse de savoir pourquoi les gens utilisaient ce système. J’ai été inondée de commentaires de personnes véritablement obsédés par ces boîtes repas. La plupart apprécient le côté pratique. Ils aiment ne pas avoir à réfléchir à ce qu’ils doivent cuisiner. J’ai eu des messages de gens qui ont des bébés, de parents débordés qui travaillent, de parents célibataires ou de professionnels qui travaillent et n’ont pas d’enfants. Mais une autre grande tendance en alimentation a, je pense, en quelque sorte émergé ou pris de l’ampleur pendant la pandémie. C’est l’épicerie en ligne. Faites-vous cela chez vous?

Rob : Non, cela ne m’intéresse pas. Quand je vais à l’épicerie, c’est moi qui décide ce que j’achète. Je ne veux pas que quelqu’un prenne à ma place la décision de remplacer un produit par un autre. Nous avons fait une fois une commande d’épicerie à ramasser à l’extérieur du magasin. Et plusieurs produits avaient été remplacés. Et je ne voulais pas de ces autres produits. Je ne les aurais pas achetés si j’étais entré moi-même dans le supermarché. Alors non, je suis peut-être un peu obsessif, mais je fais mon épicerie moi-même! Et chez vous?

Roma : Je n’ai pas essayé moi non plus et j’ai aussi lancé un appel à ce sujet. Les réactions ont été plus tièdes. Un peu comme chez nous, en fait. L’autre grand changement a été que nous, comme beaucoup de gens j’en suis sûre, avons dépensé un peu plus à l’épicerie et, évidemment, moins au restaurant. Cela a-t-il été le cas chez vous aussi?

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Rob : Oui. Mais nous commandons régulièrement au restaurant, au moins une fois par semaine. Mais on dépense beaucoup moins quand on commande, car on n’achète pas l’alcool au restaurant. Bien sûr, certains restaurants qui vendent des plats à emporter permettent d’acheter du vin, ou des cocktails par exemple. C’est le cas dans notre quartier. Mais si vous buvez votre propre bière et avez votre propre vin, cela revient beaucoup moins cher. Donc, acheter des plats à emporter revient moins cher qu’aller au restaurant. Oui, nous dépensons plus en alimentation. Il y a une boucherie près de chez nous, et je me suis surpris moi-même à faire certaines dépenses que je ne faisais pas avant. Vous savez, un beau morceau de viande, un bon steak grillé, c’est bon pour le moral en ces temps de pandémie. Je vous le dis. Oui, nous nous sommes fait plaisir à quelques reprises, mais pas tout le temps. À l’épicerie? Oui. Je pense que nous dépensons plus. C’est sûr, on a tendance à s’offrir des choses qu’on n’achèterait pas normalement, parce qu’on dépense moins ailleurs.

J’ai un fils de vingt-six ans qui s’intéresse beaucoup à la cuisine et à la nourriture et il nous a créé de véritables chefs-d’œuvre. J’ai partagé avec les lecteurs de ma chronique la photo d’une pizza de style Detroit qu’il a faite. C’est l’une des meilleures pizzas que j’aie mangées depuis des années. Et croyez-moi, j’en ai mangé beaucoup. C’est toujours agréable de parler de nourriture. Dans l’épisode d’aujourd’hui, nous allons parler à un chercheur en alimentation de l’Université de Dalhousie.

Roma : Mais d’abord, nous allons parler à un membre de la génération du millénaire d’Ottawa, qui a sauté sur la tendance des boîtes repas. Nous l’écouterons parler de ce que cela lui coûte et de la façon dont son budget alimentation a changé. Tout de suite après la pause.

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Roma : Carys, développeuse Web de 31 ans vivait à Ottawa avec son fiancé avant la pandémie. Ils dépensaient environ cent dollars par semaine en épicerie et soixante dollars par semaine en plats à emporter. Son employeur lui fournissait son lunch au travail chaque jour.

Carys : Depuis la pandémie, depuis le mois de mars, je ne vais plus à mon bureau, je travaille tous les jours à la maison. J’ai commencé à m’inquiéter de devoir aller à l’épicerie pour faire les courses et à me demander comment il serait possible de nous procurer la nourriture dont nous avions besoin. Nous avons donc décidé de nous abonner à un service de livraison de repas et, même si la pandémie a connu des hauts et des bas et qu’aller à l’épicerie n’est plus aussi stressant qu’au début, nous avons décidé de continuer.

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Roma : Elle dit que les boîtes repas lui coûtent environ soixante-cinq dollars par semaine.

Carys : Nous recevons chaque semaine une boîte qui contient trois repas pour deux. Avec la recette. De temps en temps, j’ajoute aussi des produits d’épicerie supplémentaires. Par exemple, de la vinaigrette, du tofu et du café glacé. Je trouve le prix des articles supplémentaires assez raisonnable.

Roma : Pour compléter la boîte, Carys dit qu’elle fait encore à l’occasion une épicerie en personne ou une commande en ligne qu’elle se fait livrer.

Carys : Nous allons sans doute continuer, tant que la pandémie durera. Cela rend la vie un peu moins stressante puisqu’il est plus facile d’avoir toujours à la maison de quoi préparer chaque repas. Cela rend aussi les choses un peu plus intéressantes, car vous recevez des repas et des ingrédients auxquels vous ne penseriez probablement pas si vous faisiez vous-même la planification de vos repas pour la semaine. Dans la dernière boîte, il y avait un repas vraiment délicieux, un curry de tomates et de pois chiches à la noix de coco, accompagné d’une salade et d’un pain naan à l’ail. Pour l’instant, le plan consiste donc à maintenir cette routine jusqu’à la fin de la pandémie.

Roma : Carys ne mange pas de viande et dit que la boîte repas l’a encouragée à sortir de ses habitudes et de ses recettes végétariennes habituelles. Elle aime cette habitude qu’ils ont prise et qu’elle a hâte de préparer les repas chaque semaine. Et elle affirme qu’elle dépense moins qu’avant en alimentation.

Carys : Tout simplement parce que nous sortons moins. Et quand nous le faisons, nous y réfléchissons davantage. Nous sommes sortis à l’occasion pendant que la situation était plus calme et que les terrasses étaient ouvertes. Aller au restaurant était une façon de socialiser, avec un membre de votre famille, un ami, une connaissance ou un collègue. Ce n’est plus le cas maintenant. Je prenais beaucoup de repas à l’extérieur uniquement par commodité, pour rencontrer quelqu’un autour d’un verre ou pour un dîner ou un souper, par exemple. Je ne le fais évidemment plus.

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Roma : Et par rapport à l’ensemble des dépenses?

Carys : Je ne me préoccupe pas de ce que je dépense en nourriture, mais de toute manière je dépense moins pour le reste, puisqu’il n’y a pas grand-chose à faire à cause de la pandémie. Cela représente donc sans doute une part importante de mon budget, comme quand j’étais plus jeune et que je commençais à peine ma carrière. Il y avait des moments où j’avais l’impression de trop dépenser pour la nourriture et où j’ai dû réduire mes dépenses.

Mais récemment, avant la pandémie, c’est plus pour des raisons de santé que pour des raisons financières que j’ai essayé de réduire mes dépenses en nourriture.

Rob : Vous savez, je pense que les jeunes adultes dépensaient beaucoup d’argent au restaurant et dans les bars avant la pandémie, et que ces dépenses ont fortement diminué. Ils réaffectent donc cet argent à des boîtes repas et à des plats à emporter, ou peut-être en dépenses d’épicerie supplémentaires. Et c’est bien ainsi. Selon moi, il s’agit d’une réaffectation logique et sensée de l’argent qui apporte plus de plaisir au quotidien. Je pense cependant que lorsque la pandémie sera terminée, il faudra trouver un moyen de concilier tous ces coûts, car si vous commencez à retourner au restaurant comme avant, tout en continuant à acheter des boîtes-repas et à vous faire plaisir à l’épicerie, vous risquez de voir votre budget alimentation exploser.

Roma : C’est sûr, mais pour l’instant, je dis que la nourriture fait évidemment partie de ce dont on a besoin pour survivre à cette pandémie, et de ce qui apporte un peu de joie au quotidien. Je suis tout à fait d’accord.

Rob : Attention, il ne faut pas non plus exagérer la joie! J’ai lu aujourd’hui que les gens prennent du poids parce qu’ils mangent trop et ne font pas assez d’exercice, à cause de la pandémie.

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Roma : Rob, avez-vous fait partie au printemps de la masse de gens qui se sont mis à faire leur pain eux-mêmes?

Rob : Non, non, ça n’a pas été mon cas. Je ne fais pas de pain, mais j’encourage les gens que je connais à en faire pour moi.

Roma : Moi non plus. J’ai toujours cru que c’était pour ça que nous avions des boulangeries, et je suis heureuse de les soutenir.

Rob : Alors, allez-vous à acheter des boîtes repas après la pandémie?

Roma : Je ne sais pas, je pense que si je continue, je vais devoir les utiliser de façon différente. Je sais que je devrai probablement commander des ingrédients supplémentaires, et plus de nourriture. Rob, vous savez ce que c’est d’avoir deux adolescents à la maison. Je ne pense pas qu’ils se mettent à moins manger dans les mois et les années à venir. Si je continue les boîtes repas, ce serait surtout pour les amener à cuisiner plus régulièrement, et aussi pour essayer de nouvelles recettes. Mais j’aurais certainement besoin d’un complément. Donc, j’y réfléchirais, c’est certain.

Rob : Je suis sûr que les boîtes repas ne sont pas la seule tendance qui prend de l’ampleur. Pour savoir ce qui se passe d’autre dans le domaine de l’alimentation, nous allons parler à un analyste qui nous donnera l’heure juste, après la pause.

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Rob : Voilà, nous pouvons entamer notre conversation avec Sylvain Charlebois. Il dirige le laboratoire d’analyse agroalimentaire de l’Université de Dalhousie.

Les économistes, les analystes et les journalistes spécialisés en finances personnelles, comme moi, suivent les habitudes de dépenses. Dans quoi les gens dépensent-ils le plus? Dans quoi dépensent-ils le moins? Évidemment, nous savons qu’ils ne voyagent pas. Ils ne vont pas au concert, mais les dépenses de consommation sont assez vigoureuses. Dans certains cas, elles ont même augmenté par rapport à l’année dernière. Nous nous interrogeons sur la nourriture. Dans quelle mesure les dépenses alimentaires ont-elles augmenté pendant la pandémie et comment expliquez-vous cette tendance?

Sylvain : C’est une question délicate à cause de la restauration. C’est l’énigme à laquelle nous sommes confrontés. Avant la COVID, la famille moyenne consacrait, en gros, 38 % de son budget alimentation à la nourriture consommée en dehors du foyer. Nous savons évidemment très bien ce qui s’est passé en mars et avril. Personne n’est sorti pendant un bon moment. Et nous pensons qu’en 2020, les prix des denrées alimentaires vont augmenter de 3,5 à 4 %. Nous pensons que les ménages dépensent peut-être moins d’argent pour la nourriture en général, et non pas plus, même si le taux d’inflation dans ce secteur est beaucoup plus élevé que le taux d’inflation général.

Rob : Cela signifie-t-il qu’ils dépensent plus à l’épicerie, mais moins au restaurant?

Sylvain : C’est exact. Donc, pour revenir au ratio avant la COVID-19, nous l’estimions à environ 38/62. Autrement dit, 38 pour la restauration et 62 pour la vente au détail. Ce ratio a changé radicalement au début de la pandémie. Et le volume des ventes au détail a augmenté de manière significative. Il y a eu des rayons vides, parce que les gens ont paniqué et ont fait des provisions. Ainsi, un tsunami a déplacé les ventes d’un secteur à l’autre presque du jour au lendemain. Et maintenant, huit ou neuf mois après le début de la pandémie, nous estimons que nous en sommes à peu près à 25 et 75. Nous n’allons pas revenir à 38. Mais si le pourcentage du service de restauration est inférieur, il est probable que vous économisiez davantage, en tant que consommateur, car pour chaque dollar dépensé à l’épicerie pour le même volume de nourriture, il y a une prime d’environ 40 à 45 pour cent et vous devez dépenser un dollar pour 1,45 dollar au restaurant. Donc, vous économisez.

Roma : Sylvain, l’une des caractéristiques de la pandémie est qu’elle a vraiment bouleversé bien des choses dans nos vies. Nous sommes à la maison et certains d’entre nous ont plus de temps libre. Nous ne pouvons pas voyager. Pensez-vous que les dépenses en nourriture sont devenues un moyen de se réconforter? Je pense en particulier à la pénurie de farine due au fait que tout le monde s’était mis à faire son pain.

Sylvain : Je pensais que vous faisiez allusion à la pandémie et aux kilos en trop que nous avons tous pris. Mais c’est un autre problème que nous étudierons une autre fois. En tout cas, vous avez raison.

Quand on est moins nomade, que l’on ne voyage pas, que l’on sort très peu, on passe beaucoup de temps à la maison à préparer ses repas. Nous avons fait une autre découverte intéressante, ces derniers mois : les gens ont aussi beaucoup plus jardiné. Cette année, une personne sur cinq a décidé de faire un jardin pour la première fois. Cela fait beaucoup de monde. Dans de nombreuses régions du pays, près de 50 % des gens ont jardiné! C’est un pourcentage incroyable. Et la motivation première, d’après les 10 000 Canadiens qui ont été interrogés, était d’économiser de l’argent. Économiser de l’argent et se sentir plus en sécurité sur le plan alimentaire, voilà les éléments déclencheurs de cette vague de jardinage.

Alors, quelles sont nos principales dépenses alimentaires, depuis le début de la pandémie? Les gens se laissent-ils plus aller pour certaines choses, par exemple s’ils mangent de la viande, achètent-ils de la viande de meilleure qualité? Dépensent-ils plus pour du pain de meilleure qualité? Quelles sont les tendances en matière de dépenses?

Sylvain : Je crois que c’est un peu une évolution. Au tout début de la pandémie, il y avait un peu d’ignorance en ce qui concerne la cuisine. Nous ne nous y connaissions pas beaucoup en cuisine. Les deux produits les plus vendus au Canada étaient le « Kraft Dinner » et le beurre d’arachides. Mais cela a vraiment changé. Au bout d’un certain temps, les gens ont commencé à ouvrir leurs livres de recettes et à passer plus de temps dans les rayons de l’épicerie des fruits et légumes et de la viande, et même des produits surgelés. Et donc, depuis quelque temps, nous voyons beaucoup plus de circulation dans les rayons de ces produits, qui doivent être préparés, cuisinés et cuits à la maison. Ces produits deviennent donc de plus en plus populaires. Le milieu du magasin est en train de redevenir un désert. Avant la COVID, les ventes étaient difficiles au milieu du magasin. Nous sommes donc revenus à ce point. Encore une fois, je dirais qu’en ce moment, ce qui est le plus populaire se trouve en périphérie du magasin. Le frais est très à la mode.

Roma : Je veux juste préciser que mon fils de dix ans est encore très intéressé par le « Kraft Dinner » et le beurre d’arachides.

Sylvain : Eh bien, Kraft sera ravi de l’entendre!

Rob : Les milléniaux et les membres de la génération Z sont connus pour dépenser une grande partie de leur revenu disponible dans les bars et au restaurant. Cela leur a d’ailleurs valu des critiques. Vont-ils aussi à l’épicerie pour acheter du « Kraft Dinner » et du beurre d’arachides?

Sylvain : Ce qui est amusant, avec les jeunes générations, c’est que, effectivement, ils achètent beaucoup de produits alimentaires actuellement. Ils ne passent bien sûr plus autant de temps au restaurant. Ce qui les distingue, c’est l’importance qu’ils accordent aux produits locaux. La provenance des aliments semble plus importante pour eux que pour les autres générations. C’est vraiment déterminant pour eux. Le défi, au Canada, surtout en hiver, c’est qu’il n’y a pas tellement de produits locaux frais, sauf peut-être au rayon boucherie. Cela peut évidemment être un défi. C’est pourquoi beaucoup de gouvernements parlent d’alimentation, d’autonomie, de la façon de produire de la nourriture toute l’année au Canada.

Roma : Les boîtes repas existent depuis un certain temps. Elles ne sont pas nouvelles, mais ont-elles décollé parce que les gens étaient bloqués chez eux et n’allaient pas au restaurant?

Sylvain : Oui, c’est un phénomène intéressant. Nous sommes en train de faire une étude sur le commerce électronique. Et une partie de cette étude porte sur les boîtes repas. Les fournisseurs de boîtes repas font de très bonnes affaires. Le défi, c’est le prix. Je veux dire que l’économie ne va pas s’améliorer. Il y a moins de gens qui travaillent, et les prix sont très élevés. Le prix moyen généralement supérieur à dix dollars par repas et par personne. Cela finit par revenir cher, et même si votre nourriture vous est livrée à domicile, il vous reste du travail. Vous avez des choses à préparer. Cela peut donc sembler une solution géniale pour économiser. Pas si formidable que ça, finalement. Et bien sûr, l’autre problème des boîtes-repas, c’est l’emballage. Cet emballage dérange vraiment beaucoup de gens. Pour que ces ingrédients restent frais, il faut beaucoup d’emballage. Et cela décourage beaucoup de gens.

Roma : Hum. Donc, Carys achète sa boîte-repas parce qu’elle est végétarienne et qu’elle aime la variété et les suggestions de recettes. Elle est également bien consciente du fait que c’est une solution coûteuse, mais elle a fait le calcul et pense qu’elle va en réalité faire des économies en n’allant pas au restaurant. Elle se paie donc ce petit plaisir. Cela fait-il partie de la réflexion qui entoure la popularité grandissante des boîtes repas?

Sylvain : Les boîtes repas font gagner du temps. Et franchement, avec la lassitude d’avoir à faire la cuisine tous les jours, le temps gagné est précieux. La tentation de gagner du temps est forte, et en plus vous ne payez ni pourboire ni bouteille de vin hors de prix. Vous évitez tout cela si vous restez à la maison. Et en plus, vous ne payez pas de taxes. C’est important. Il faut tenir compte de tout ce que vous devez payer lorsque vous allez manger au restaurant.

Roma : Il me semble aussi qu’une boîte repas serait plus logique s’il n’y a qu’une ou deux personnes. Mais quand vous commencez à faire le calcul pour une famille de quatre ou cinq personnes, le total augmente rapidement.

Sylain : C’est pour cela que les boîtes-repas ont tendance à être populaires chez les personnes seules et chez les couples, ainsi que chez les couples de professionnels et les parents célibataires qui manquent de temps, et qui ne peuvent pas vraiment se permettre de consacrer trop de temps à la gestion des menus. Les parents célibataires, bien sûr, pensent à leurs enfants et veulent qu’ils mangent bien. C’est le fournisseur de boîtes repas qui réfléchit à votre place. Il se charge de la planification et pour beaucoup de gens, cela vaut quelque chose.

Roma : L’hiver s’annonce difficile. La conjoncture économique n’est pas facile. Il va y avoir des chômeurs, chez les jeunes en particulier, chez les gens qui travaillent dans la restauration, des familles vont être touchées. Des gens vont vivre de l’insécurité alimentaire. Dans cette période difficile, quels sont les moyens d’en faire plus avec son budget d’épicerie, tout en continuant à manger sainement?

Sylvain : D’abord, il ne faut pas acheter n’importe où. En fait, je m’attends à ce que des chaînes convertissent plusieurs épiceries en magasins en magasins à rabais. C’est déjà en train de se produire dans certaines régions. Donc, la première chose, c’est qu’il faut tirer parti des magasins à bas prix. Et il y a des affaires à faire. Essayez de planifier à l’avance et à long terme. L’aspect « jardinage » est également important. Si vous avez du temps et si vous avez un terrain, profitez-en. Vous pouvez même cultiver vos légumes à l’intérieur maintenant. Il existe des technologies livrées à domicile qui permettent de cultiver sa nourriture à la maison. Il y a donc de nombreuses façons d’économiser sur la nourriture. Vous pouvez même faire partie d’une coopérative. De nombreux services existent. Ce qui est intéressant, c’est que la COVID-19 a complètement démocratisé la chaîne d’approvisionnement. En ligne, par exemple, les possibilités sont très nombreuses. Au lieu d’être à la merci de l’oligopole qui sévit dans le secteur de l’alimentation. Il n’y a pas que Loblaw, IGA, Métro, Wal-Mart et Costco. Cela s’est beaucoup diversifié. Il y a des agriculteurs qui vendent directement leur production. Kraft Heinz s’est même lancé dans la restauration dans la région de Toronto. Il se passe beaucoup de choses et il y a énormément de possibilités. Donc si vous êtes un consommateur soucieux de son budget, assurez-vous de connaître les possibilités qui s’offrent à vous, parce qu’en réalité, il y en a beaucoup plus qu’avant la COVID.

Rob : Sylvain, quelles données avez-vous pour nous montrer à quel point l’épicerie en ligne a pris de l’ampleur dans la pandémie?

Sylvain : La seule chose que nous avons remarquée, du côté du commerce électronique, c’est qu’il y a moins d’aubaines en ligne. Je ne sais pas si vous en avez fait l’expérience vous-même, mais c’est vraiment difficile. En fait, nous pensons que la prime à payer pour se faire livrer l’épicerie à la maison se situe entre 5 et 7 %. Autrement dit, si vous vous faites livrer votre épicerie, vous devrez probablement payer cinq à sept pour cent de plus que si vous alliez faire vos courses vous-même.

Rob : Qu’est-ce qui intéresse le plus les clients en ce moment? Le ramassage en bordure de trottoir : vous commandez votre épicerie en ligne, et vous passez la ramasser, ou vous la faites livrer chez vous.

Sylvain : C’est le service de livraison complet qui semble se développer le plus. Le ramassage en bordure de trottoir est un bon compromis, selon moi. C’était déjà une solution intéressante depuis un certain temps. Pratique pour les consommateurs, et évidemment pour les épiceries qui n’avaient pas vraiment à penser aux infrastructures ni au déploiement d’une stratégie complète de commerce électronique. Vous avez peut-être vu la publicité de Wal-Mart, de Loblaws et d’IGA. Ces chaînes dépensent des sommes astronomiques pour s’assurer qu’elles peuvent mieux servir le marché canadien en ligne et offrir le service de livraison dans tout le pays. Nous nous attendons à ce que la concurrence soit de plus en plus vive. Toutes les chaînes dépensent beaucoup d’argent pour s’assurer que nous pouvons rester à la maison et nous faire livrer notre nourriture.

Rob : Vous disiez qu’il y a un léger supplément, de cinq ou sept pour cent, pour se faire livrer l’épicerie en ligne parce qu’il y a moins d’aubaines. Je suis allé dans quelques épiceries et quelques pharmacies ces derniers mois, et je me demande si je ne vois pas moins d’aubaines dans les magasins aussi. Ce n’est peut-être qu’une impression, et je me suis dit qu’il valait mieux vérifier auprès d’un expert comme vous.

Sylvain : Non, ce n’est pas un mirage. Il y a moins d’aubaines. Toute la notion de produit d’appel a disparu ou presque. Avant la COVID-19, les produits d’appel vendus à perte étaient très courants. Les épiceries avaient tendance à vendre certains produits à perte, une boîte de soupe à 99 cents par exemple, pour vous attirer dans le centre du magasin et vous inciter à acheter d’autres produits à marge plus élevée. C’est ça, l’astuce. Nous en voyons de moins en moins. Vous avez sans doute aussi remarqué que votre circulaire hebdomadaire est beaucoup plus mince qu’avant la COVID.

Rob : Sylvain, l’un des thèmes qui reviennent dans notre conversation, c’est que cela va nous coûter plus cher de nous nourrir et que nous faisons plus d’achats en ligne, ce qui est plus cher. Il y a moins d’aubaines. Croyez-vous que, si nous regardons au-delà de la pandémie, dans les années à venir, l’alimentation va continuer à accaparer une part de plus en plus grande de notre budget?

Sylvain : C’est exactement ce qui se passe. Cela dure depuis une décennie. Si vous examinez les données de Statistique Canada, le taux d’inflation dans le secteur de l’alimentation a dépassé l’inflation générale d’au moins 23 points. C’est même pire dans l’est du pays, dans l’Atlantique où nous nous nous trouvons. C’est incroyable. Donc, pour répondre à votre question, oui, absolument. Depuis dix ans, les ménages dépensent plus pour l’alimentation, par rapport à l’ensemble de leur budget. Cela va probablement continuer à s’intensifier.

Rob : J’entends des familles se plaindre du coût des aliments. Elles savent bien que le taux d’inflation dans ce secteur a été beaucoup plus élevé que le taux d’inflation global. Pensez-vous que la vie des gens va être encore plus perturbée à cet égard, et que le rythme de l’augmentation va s’accélérer?

Sylvain : C’est ce que je pense. Je crois en fait que nous sortons petit à petit d’une époque où l’alimentation est bon marché. Et les gens attendent beaucoup de ce secteur, par exemple en ce qui concerne l’emballage durable. Ils veulent plus d’innovation. Ils veulent que les entreprises se conforment aux nouvelles réglementations. Cela a tendance à faire augmenter les coûts. Depuis de nombreuses années, je dirais même depuis une génération, l’industrie est de plus en plus efficace. Cela a permis aux Canadiens de bénéficier du cinquième panier alimentaire le moins cher au monde, par rapport à leur revenu. Cela signifie que les consommateurs sont très bien servis. Je crois par contre que nous sommes en train de rattraper l’Europe, où les gens dépensent plus en nourriture par rapport à leur revenu, et que nous nous éloignons lentement du modèle américain. Aux États-Unis, la nourriture est incroyablement bon marché. Pour le moment, le Canada se situe en quelque sorte à mi-chemin entre l’Europe et l’Amérique, et je pense que cela va continuer.

Rob : Merci à Sylvain de s’être joint à nous. Il est très intéressant à suivre sur Twitter, sous le nom d’utilisateur The Food Professor.

Roma : Pour conclure, j’ai quelques points à retenir, qui sont valables pour tout le monde. Après tout, nous mangeons tous.

Un : La pandémie est dure pour tout le monde. Si vous voulez vous faire plaisir et vous régaler, faites-le. Vous réaffectez une partie de votre budget de divertissement à votre budget alimentaire. Et en cette période d’anxiété et de stress accrus, nous avons tous besoin de nous offrir des petits plaisirs.

Deux : Soyez prêt à revoir vos dépenses alimentaires lorsque la pandémie prendra fin. Une fois que vous recommencerez à manger au restaurant et à fréquenter les bars, vous devrez peut-être réduire vos dépenses ailleurs.

Trois : Le coût des aliments au Canada va continuer à augmenter. Donc, prenez l’habitude de prendre des repas sains et savoureux à la maison. Réservez les repas coûteux pour la maison aussi. Votre estomac et votre portefeuille vous en remercieront.

Rob : Merci d’avoir écouté cet épisode de Test de résistance. Je m’appelle Rob Carrick.

Roma : Et je suis Roma Luciw. Cette émission est produite et montée par Amanda Cupido, le mixage et le montage sont assurés par TK Matunda. Notre productrice exécutive est Kiran Rana.

Rob : Si vous avez aimé ce que vous avez entendu, n’oubliez pas de vous abonner. Partagez ou laissez un commentaire sur Apple Podcasts. À la prochaine!

Roma : Oh, Rob, vous pourriez peut-être demander à votre fils de me donner sa recette de pizza?

Rob : Bien sûr!

Cette baladodiffusion vous est présentée par Investissements RPC, spécialiste de la gestion de placements. Nous avons pris l’engagement de contribuer à l’éducation financière des jeunes Canadiens, notamment en diffusant de l’information sur notre rôle pour assurer la pérennité du RPC. Pour en savoir plus, consultez le site investissementsrpc.com. point com.

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